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champs catalauniques hunsLa bataille des champs catalauniques fut la rencontre entre deux mondes, celui d’Attila roi des Huns conduisant ses redoutables hordes à travers l’Europe Occidentale et celui de la Gaule gallo-romaine, ancien territoire de l’Empire romain. Ce combat décisif n’a pas eu lieu près de Châlons-en-Champagne comme la tradition le rapporte, mais près de Troyes, au campus Mauriacus. Les champs Catalauniques relèvent plus du mythe fondateur que de la réalité ; selon toute vraisemblance, l’armée hunnique a été moins importante et beaucoup plus composite que ne l’a longtemps affirmé l’historiographie médiévale.

 

Que s’est-il passé et dans quel contexte ?

En l’an 451 de notre ère, suite à la dévastation de la Gaule orientale, Attila se dirige sur Orléans. Rien ni personne ne semble pouvoir stopper ses redoutables hordes. Pourtant, l’aventure hunnique devait s’arrêter là, à Cénabum. L’Empire romain vit ses dernières heures et les rares légions romaines disponibles sont pour la plupart stationnées en Italie du nord rattachées à la protection de Ravenne et de l’Empereur du moment,  Valentinien III.

En Gaule, seul le Magister Flavius Aetius, maitre de la milice à la tête d’une petite cavalerie et de quelques cohortes, prend la décision d’endiguer l’avance d’Attila. La disproportion d’effectif entre son armée de campagne et la gigantesque armée d’Attila, l’oblige à nouer des alliances avec les royaumes barbares cernant le territoire gallo-romain, dont il est l’ultime représentant de l’Empire, le «  dernier Romain ». Diplomate hors pair, Flavius Aetius réussira l’impossible, l’adhésion de la plus part des chefs barbares à son ambition d’arrêter Attila dans sa dévastation de la Gaule gallo-romaine.

Nous sommes à l’été 451, à présent une force armée va pouvoir contraindre les prétentions du roi hunnique. Renforcé par des milliers de guerriers, Francs, Sarmates, Alains, Burgondes, Wisigoths et autres, l’armée du généralissime s’avance sur Orléans, au moment même où Attila met à sac la cité, après une résistance de plusieurs semaines. Surprit d’une telle contrattaque et suite à des combats dans les rues de la ville, Attila est contraint de rebrousser chemin, vers l’est. Ralentit par le convoi de ses chariots rempli du butin orléanais, l’armée d’Attila ne pouvait distancer l’armée alliée. Au bout de quelques jours et de plusieurs milles, se suivant à quelques distance, les deux armées allaient devoir à nouveau se rencontrer.

L’immense armée d’Attila s’engageait dans une vaste plaine de Champagne, avec la coalition d’Aetius sur ses arrières. Cette fois-ci, les « Dieux »avaient choisi le lieu de la bataille décisive, de l’affrontement final. Peu avant le début de la bataille, les Gépides, peuple allié d’Attila, s’étaient heurtés aux Francs, peuple fédéré allié d’Aetius, non loin de là, en un lieu nommé Campus Mauriacus. Un très grand nombre des leurs furent exterminés par les guerriers saliens durant des combats d’une redoutable violence. Les rescapés Gépides à cet enfer, ainsi que les Francs rejoignirent les leurs dans la vaste plaine.

La plaine de la grande bataille

Les troupes de chaque armées avaient pris le temps de se positionner car aucune d’entre elles ne souhaitaient se dérober au combat, à cet affrontement tant attendu. L’armée du général romain Aetius occupait une position légèrement surélevée, tout comme les hordes d’Attila, toutes proches !

carte champs catalauniquesDispositions des troupes chez les Huns ; Théodomir, Walamir et Widémir, rois et princes Ostrogoths, commandent l’aile gauche de l’armée hunnique. Les hordes hunniques d’Attila occupent le centre, ainsi que les guerriers Gépides du roi Ardaric, amputés d'un grand nombre des leurs après le combat du Campus Mauriacus. Quant à l’aile droite, les guerriers vandales d’Andagèse en forment ses rangs. D’autres peuplades avaient rejoint l’aventure hunnique ; les Marcomans, les Hérules, mais aussi des Alamans, des Thuringiens. Quant aux Francs ripuaires, ils s’étaient eux aussi rangés du côté d’Attila.

Côté allié ;  Les Wisigoths du roi Théodoric Ier et de ses fils, les princes Thorismond et Théodoric II, occupent l’aile droite. Au centre de la coalition, Aetius place les Alains de Sangiban. Les Burgondes du roi Gondioc, et les Gallo-romains côtoyaient les Alains. Ensuite, viennent les Sarmates, lourds cavaliers à l’armure d’écailles, combattant à la lance, puis la fameuse armée de campagne du Soissonnais. Des éléments Lètes, et des guerriers armoricains, complètent ce dispositif armé. Enfin, l’extrémité de l’aile gauche, bénéficie de la rassurante présence des Francs de Mérovée.

Des milliers de guerriers recouvrent la plaine

Nous étions en début d’après-midi, lorsque les Huns lancèrent la première attaque. Les redoutables cavaliers de la steppe voulurent s’emparer d’une colline. Le choc fut effroyable pour les Romains, et les Wisigoths. Mais, au bout de quelques temps, les Huns furent repoussés par Thorismond et Aétius. Puis, les combats se généralisèrent entre tous les peuples guerriers : les Wisigoths s’opposèrent aux Ostrogoths tandis que la cavalerie lourde des Alains combattait les Huns. Les Romains, quant à eux combattaient les autres alliés germaniques d’Attila. Les combats faisaient rages, sabres contre glaive, lassos et lances contre épées…
Equipés à la romaine, les alliés d’Aetius réussirent à donner le change face à la multitude germano-hunnique.

Depuis quelques temps, les combats se poursuivaient dans les ténèbres. Galvanisés par leur roi Théodoric, les Wisigoths commençaient à repousser les guerriers ostrogoths. C’est alors que transpercé par une lance ennemie, Théodoric s’en était allé rejoindre le Walhalla. S’ensuivit le déchainement de son peuple, obligeant l’adversaire ostrogoth à céder sous sa pression. Son flanc gauche, dès lors dégarnis des appuis ostrogothiques, Attila donna ordre à ses guerriers de dresser une enceinte circulaire avec ses chariots et ses selles. Puis, constatant que le sort de la bataille était joué, il se retrancha derrière cet amoncellement. Prêt, à y mettre le feu, à se jeter dans le brasier, il comprit alors, que les Wisigoths étaient en train de quitter le champ de bataille. Pour Attila, le départ du principal peuple allié d’Aetius est un soulagement. Certes, la bataille était perdue, mais ses hordes pourront se retirer de ce champ de bataille ensanglanté.

Des dizaines de milliers de cadavres jonchaient la plaine. Les Romains étaient victorieux, grâce au précieux concours des Wisigoths. Ayant rendu hommage à leur roi défunt, les Wisigoths, sous la conduite de Thorismond fils de Théodoric, reprirent la route de leur royaume d’Aquitaine.

A présent, il restait pour principale mission à Aetius de surveiller la retraite d’Attila vers le Rhin, car son armée était encore très importante et restait une réelle menace, tant qu’elle n’aura pas franchi le grand fleuve. Après quelques jours, ce grand moment arriva enfin, Attila et ses redoutables hordes repassaient le Rhin. La Gaule était enfin, définitivement libérée de la terrible menace hunnique. Aetius, auréolé par sa victoire, obtiendra le titre prestigieux de Patrice des romains, avant d'être assassiné par l'empereur, inquiet de la popularité du dernier des romains.

Pour aller plus loin

Année 451, la victoire de l'Occident, d' Alain Di Rocco. Editions Beaurepaire, 2018. Disponible aussi sur Fnac.com.