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McCarthyLe 9 février 1950 dans un discours à Wheeling en Virginie Occidentale, le sénateur républicain Joseph McCcarthy brandissant une liste déclare:« Je tiens là une liste de 205 personnes dont le Secrétaire d'État sait qu'ils sont affiliés au Parti Communiste et qui sont néanmoins en poste et façonnent la politique du Département d'État. » C'est le début de ce que l'on a appelé le Maccarthisme, chasse aux sorcières (Witch Hunts), ou peur rouge (Red Scare), vaste mouvement de répression anti-communiste qui va s'abattre sur la société américaine.

 

Le Mccarthisme, avatar de la guerre froide

En 1949, l'arrivée de Mao Zedong au pouvoir en Chine puis l'essai d'une bombe atomique en URSS entraînent un regain d'anticommunisme aux Etats-Unis ; les républicains essaient d'imputer à l'administration de Truman, et à ses fonctionnaires, la responsabilité de ces événements, avançant l'idée que des traîtres ont travaillé pour la cause communiste à l'intérieur de la fonction publique. La découverte d'« espions atomiques » communistes dans la communauté nucléaire scientifique britannique et canadienne conduit la situation à son paroxysme.

joseph mccarthySymbole, en politique intérieure, des excès entraînés par la Guerre Froide, le sénateur Joseph McCarthy accuse, en février 1950, le département d’État de s’être fait infiltrer par 205 communistes. Dans un climat national marqué depuis plusieurs années par la peur de la pénétration du communisme dans tous les aspects de la vie et de la société américaines, les allégations de McCarthy débouchent sur les séances publiques de la Commission des activités anti-américaines et sur quelques grands procès (tels que l’affaire Hiss ou le procès des époux Rosenberg). Dans ce contexte, les accusations du sénateur McCarthy contre les activités subversives de plusieurs hauts responsables politiques sont prises au sérieux, en dépit de l’absence de la moindre preuve.

Des méthodes d'investigation controversées

Réélu sénateur en 1952, McCarthy est nommé président du sous-comité permanent d’enquête dans le comité sénatorial des opérations gouvernementales. À ce poste, il se lance dans une véritable « chasse aux sorcières » visant la fonction publique ainsi que les milieux artistiques et intellectuels. Débute alors une campagne inquisitoriale qui mettra sur le gril plus de 12 millions d’Américains, anonymes ou célèbres (à Hollywood, la délation fera grand bruit) . Mouvement multiforme (entre institutions officielles comme des commissions d'enquête parlementaires et des mouvements partisans) il va entretenir une atmosphère de paranoïa généralisée dans le pays, dont les victimes seront nombreuses et variées (du général Marshall à Marlène Dietrich et Charlie Chaplin). 

En 1954, il accuse certains membres de l’armée américaine de protéger des activités d’espionnage. Il sort absous du procès qui l’oppose à l’armée — très largement médiatisé —, mais, totalement discrédité, il est censuré par le Sénat en raison notamment de ses méthodes d’investigation. Il reste cependant sénateur jusqu’à sa mort, en 1957. Le climat de crainte et de suspicion qu’il a contribué à créer mettra longtemps à se dissiper.

Bibliographie

Chasse aux sorcières, le Maccarthysme, de Marie France Toinet. Editions Complexe, 1999.

Pour en finir avec le maccarthysme, de Jean-Paul Torok. Editions L'Harmattan, 2000.