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Olof_PalmeLe 28 février 1986, Olof Palme premier ministre socialiste de la Suède est assassiné de plusieurs balles en plein Stockholm. Sa femme Lisbet blessée lors du meurtre lui survivra et permettra par la suite d'identifier un suspect potentiel (Christer Peterson) qui sera condamné puis acquitté l'année suivante... Cette affaire et ses suites, ont logiquement suscité un grand émoi en Suède, que l'on pourrait comparer au traumatisme engendré aux Etats-Unis par l'assassinat de Kennedy. Au-delà de l'abondance de théories (plus ou moins conspirationnistes) sur l'identité réelle du(des) tireur(s), les deux affaires concernent deux personnalités phares de la politique de leurs Etats respectifs.

 

Palme, leader social démocrate suédois

Olof Palme était issu d’un milieu fortuné plutôt conservateur. Il adhéra au Parti social-démocrate alors qu'il était étudiant. En 1953, il devint secrétaire du Premier ministre Tage Erlander, auquel il succédera en 1969. Entre-temps, il occupa plusieurs postes ministériels, notamment à l'Éducation, où il entreprit une série de réformes ambitieuses. Les affaires étrangères l'intéressaient prioritairement ; ses déclarations en faveur du Viêt Nam du Nord mécontentèrent les États-Unis, et il s'ensuivit une tension dans les relations entre les deux pays. Palme infléchit la politique étrangère suédoise dans le sens d'une « neutralité active », et se prononça en faveur des mouvements de libération pro-communistes du tiers monde, attitude qui fut considérée comme un manquement à la politique traditionnelle de neutralité de la Suède.

olof palme 01Palme condamna néanmoins les interventions de l'Union soviétique en Tchécoslovaquie, en Pologne et en Afghanistan, et protesta avec force contre les incursions des sous-marins soviétiques dans les eaux territoriales suédoises dans les années 1980. Durant son premier mandat, il se heurta, sur le plan intérieur, à des difficultés économiques, et dut quitter le pouvoir après les élections de 1976. Au début des années quatre-vingt, il fut le représentant personnel du secrétaire général des Nations unies dans la région du Golfe, et rechercha les possibilités de mettre fin pacifiquement à la guerre Irak-Iran. Il participa également à la commission Brandt sur les questions Nord-Sud, et dirigea la commission de l'ONU sur le désarmement et la sécurité (dite « commission Palme »), dont le rapport « Sécurité commune », publié en 1982, recommandait la création d'un couloir central européen sans armes chimiques ni nucléaires. Il redevint Premier ministre en 1982.

L'assassinat d'Olof Palme

De conviction socialiste, proche des syndicats, il fut parfois accusé d’être favorable aux Soviétiques. Figure du fameux modèle d'état-providence suédois, il se révéla souvent en politique intérieure partagé entre ses idéaux et un certain pragmatisme. Personnalité charismatique, il affichait une grande simplicité dans son style de vie, refusant régulièrement par exemple la protection de gardes du corps. Olof Palme fut assassiné à Stockholm alors qu'il revenait du cinéma avec sa femme, le 28 février 1986 ; son assassinat n'a pas été élucidé.

Il eut durant sa carrière l’occasion de se faire de nombreux ennemis, que ce soit en critiquant l’intervention américaine au Vietnam, en dénonçant le régime d’Apartheid en Afrique du Sud et en supportant divers mouvements socialistes et révolutionnaires d’Amérique centrales. Ses prises de position à l’international, parfois très controversées, ont logiquement alimenté les rumeurs sur l’identité de ses assassins, qu’une enquête qui aura coûté plusieurs dizaines de millions d’euros n’aura pas permis de déterminer.

Pour aller plus loin

Olof Palme, biographie de Hans Haste. Descartes, 1994.

La folle enquête de Stieg Larsson : Sur la trace des assassins d'Olof Palme, de Jan Stocklassa. J'ai lu, 2020.