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GorbatchevEn mars 1985, Mikhail Gorbatchev jeune (54 ans) figure montante du Parti Communiste d'Union Soviétique devient secrétaire général du parti et prend donc en main les destinées de la 2ème superpuissance. Gorbatchev tranche fortement avec ses prédécesseurs. Jeune, d'allure moderne, il passe pour un modéré partisan d'une réduction des tensions avec les Etats-Unis. Impuissant devant la montée de la contestation sociale et politique, trop attaché au sauvetage de l'URSS et à la réforme interne du socialisme, Gorbatchev ne survivra pas à l'éclatement de l’URSS.

 

 

Gorbatchev, une carrière d’apparatchik

mikhail .gorbatchev discoursNé à Privolnoïe (région de Stavropol, Russie) dans une famille paysanne, Mikhaïl Sergueïevitch Gorbatchev suit des études d'avocat à Moscou et adhère au Parti communiste de l’Union soviétique (PCUS) en 1952. Il épouse une étudiante en philosophie, Raïssa Titorenko, et gravit les échelons du parti. Élu au Soviet suprême en 1970 et au Comité central du PCUS en 1971, il devient le protégé de Iouri Andropov, dont l'influence lui assure un siège au Politburo en 1980.

Lorsque, en 1982, Andropov succède à Leonid Brejnev à la tête du PCUS, Gorbatchev est son second. En 1984, à la mort d'Andropov, il s'affirme comme le deuxième personnage politique d'Union soviétique, derrière Konstantin Tchernenko. Lorsque ce dernier meurt, en 1985, Gorbatchev devient secrétaire général du parti communiste (11 mars). Il initie aussitôt d’audacieuses réformes pour lesquelles il bénéficie, à partir de 1988, de ses prérogatives de président du Praesidium du Soviet suprême, succédant à Andreï Gromyko.

Un système à bout de souffle

Gorbatchev hérite d’un pays en crise. L’URSS reste une grande puissance, affaiblie cependant par son économie de pénurie et par la guerre d’Afghanistan, gênée par la montée des mouvements de contestation dans le bloc soviétique et par le recul de son influence sur le tiers-monde.

Bien conscient des difficultés de la situation économique de son pays (productivité en berne, déclin agricole, poids exorbitant du complexe militaro-industriel, retard scientifique sur les Etats-Unis, problèmes sanitaire etc...) il se propose de mettre en place un ambitieux plan de réforme, destiné ni plus ou moins à sauver l'Union Soviétique de ses propres démons.

Gorbatchev tente de réformer la société soviétique en lançant un programme connu sous le nom de perestroïka, (« restructuration ») pour les aspects économiques et de glasnost (« transparence ») pour les affaires politiques et culturelles. Ses multiples initiatives rompent avec plus de cinquante années de régime arbitraire et monopolistique. Dès 1987, il permet le retour à la liberté de la presse, un an après avoir entrepris la réhabilitation des dissidents et des victimes des purges staliniennes.

En 1986-1987, il amorce une réforme économique qui passe par la reconnaissance du rôle du marché et de la propriété privée. Sur le plan politique, il met fin au régime du parti unique (1988), ce qui libéralise le jeu politique.

Un dirigeant populaire… à l’Ouest

La popularité de Gorbatchev est toutefois plus internationale que nationale. Il est l’homme qui enterre la guerre froide. Sur le plan extérieur la détente avec les Etats-Unis se concrétise par des gestes spectaculaires: du retrait et de la fin de la guerre en d'Afghanistan à la réduction des armements nucléaires en signant un ensemble d'accords sur le contrôle des armes avec Ronald Reagan et George Bush (1985-1991). Parallèlement, sa gestion politique fait des émules parmi les démocraties populaires. L’action de « Gorby » et son soutien aux mouvements d’opposition jouent un rôle clef dans les révolutions démocratiques de 1989 qui entraînent la fin des régimes communistes de l’Europe de l’Est. Il ne fera rien pour s’opposer à la chute du Mur de Berlin en décembre 1989.

reagan gorbatchev islandeEn 1990, Gorbatchev est récompensé par un prix Nobel de la paix décerné pour l’ensemble de son action internationale.

Vers l'effondrement de l’URSS

La même année, il devient président de l’URSS et transfère le pouvoir du parti communiste aux assemblées législatives élues dans les républiques. Cependant, l'économie soviétique s’affaiblit toujours, et aucun résultat probant ne ressort de la perestroïka. Gorbatchev doit faire face à de fortes pressions politiques. Les communistes intransigeants vivent mal l’idée d’avoir perdu le monopole sur l’Union soviétique. Les champions de l'économie de marché réclament des réformes plus radicales. Les nationalistes exigent l'indépendance de leurs républiques.

La popularité de gorbatchev s’effondre et il doit faire face à la concurrence de Boris Eltsine, élu au suffrage universel le 12 juin 1991 à la présidence de la Russie. Le 19 août 1991, alors qu’il se trouve en vacances dans sa datcha en Crimée, Gorbatchev est victime d’une tentative de coup d’Etat menée par quelques officiers et caciques communistes conservateurs. Eltsine et ses partisans réformateurs s’opposent avec succès au complot qui échoue trois jours plus tard. C’est un Gorbatchev physiquement et politiquement diminué qui est ramené à Moscou grâce à son rival Boris Eltsine. 

Une vaste purge est opérée dans l’appareil du parti communiste et plus rien de peut s’opposer au démantèlement de l’URSS. Fin décembre 1991 l'Union Soviétique, devenue guère plus qu'une fiction juridique s'effondre totalement. Le 25 décembre et dans une ambiance crépusculaire, Mikhaïl Gorbatchev annonce sa démission lors d’une ultime allocution télévisée.

demission gorbatchevGorbatchev qui aura favorisé la liberté d'expression et mis fin au monopole sur le pouvoir du PCUS, aura ainsi permis à une opposition (nationaliste et libérale) de s'exprimer et de remporter le soutien d'une population déboussolée par les réformes. Entre les partisans d'un retour à un socialisme autoritaire et ceux du démantèlement de l'empire rouge, la voie moyenne de Gorbatchev n'aura jamais séduit les masses.

Bibliographie

- Gorbatchev, biographie de Bernard Lecomte. Perrin, 2014.

Mémoires, de Mikhaïl Gorbatchev. Editions du rocher, 1995.

Six années qui ont changé le monde 1985-1991: La chute de l'Empire soviétique, d'Hélène Carrère d'Encausse. Fayard, 2015.