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joe_gromelski_reenactorsToute guerre a besoin d’armes pour être livrée. La guerre de Sécession n’en manqua pas : en autorisant tout un chacun à posséder une arme à feu, le deuxième amendement à la constitution des États-Unis assurait l’existence d’un vaste marché que de nombreux fabricants d’armes, de taille variable, se partageaient. Malgré cela, et en dépit des immenses stocks accumulés dans les arsenaux fédéraux et ceux des États, il fallut en importer massivement d’Europe. Si l’Union n’eut aucune peine à le faire grâce à sa supériorité navale, la Confédération dut quant à elle recourir à des forceurs de blocus. En dépit de cela, elle ne manqua jamais d’armes pour se battre.

 

Dans l'infanterie

La guerre de sécession se déroule à un moment où l’évolution technique des armes à feu, longtemps demeurée lente, s’est considérablement accélérée. Alors qu’au début du XIXème siècle, le fusil standard de toutes les armées du monde est un mousquet à silex, à canon lisse et tirant des balles sphériques, il en va tout autrement en 1861. Juste avant la guerre, le fusil réglementaire de l’infanterie fédérale est le Springfield modèle 1855. Comme son nom l’indique, il a été conçu à l’arsenal fédéral de Springfield, dans le Massachusetts.

Du mousquet au fusil

Sur le plan technique, c’est une arme moderne, typique des fusils apparus dans les années 1850. L’antique platine à silex, qui mettait le feu à la poudre grâce à l’étincelle produite par le frottement d’une pierre, à été remplacée par une platine à percussion. Dans celle-ci, le chien va heurter une petite capsule contenant un composé chimique, le fulminate de mercure, dont la réaction au contact de la poudre va provoquer la détonation. Cette innovation présente l’avantage de supprimer les longs feux : alors que les fusils à silex connaissaient une moyenne d’un raté sur dix ou douze coups avec de bonnes pierres neuves, les capsules à percussion n’ont pas ce problème. 

De surcroît, la platine à percussion permet d’augmenter la cadence de tir de façon significative. Là où il fallait, avec un fusil un silex, ouvrir le bassinet qui faisait la liaison entre le chien de fusil et la chambre de tir, le remplir de poudre et le refermer, il suffit désormais de placer une nouvelle capsule à l’endroit prévu à cet effet. Alors qu’on mettait aisément une minute pleine pour recharger un fusil à silex, le fusil à percussion permet une cadence de tir pouvant aller jusqu’à deux coups par minute, voire même trois avec des soldats très bien entraînés. 

Ce n’est toutefois pas la seule innovation de ces armes. Le Springfield modèle 1855 se caractérise par un canon rayé : l’intérieur de l’arme est creusé de fines rayures suivant un trajet hélicoïdal. Cette caractéristique va de pair avec l’emploi d’une nouvelle munition, la balle Minié, du nom du Français qui en a, le premier, déposé le brevet. Cette balle n’est plus sphérique comme l’étaient ses devancières, mais cylindro-conique. L’arrière du projectile est coupé de stries transversales, et une chambre creuse y est ménagée. 

Rifled_musket_actionsLe principe de fonctionnement du binôme fusil rayé – balle Minié est en fait relativement simple. Lorsque la charge de poudre explose, sa combustion produit une quantité de gaz très chauds : c’est leur expansion brutale qui propulse le projectile, comme dans toute arme à feu. Mais avec la balle Minié, ces gaz pénètrent aussi dans la chambre creuse à l’arrière de celle-ci. La surpression ainsi engendrée va dilater l’arrière de la balle, lequel va, avec l’aide des stries situées sur sa face extérieure, être forcé à suivre les rayures du canon. Ces dernières vont alors imprimer à la balle un mouvement de rotation : tout en étant propulsée vers l’avant, elle va se mettre à tournoyer sur son axe. 

Ce mouvement a une conséquence majeure sur le plan balistique. Si la balle tourne sur elle-même, sa trajectoire s’en trouve stabilisée, et sa vitesse initiale (c’est-à-dire sa vitesse à la sortie du canon, qui est toujours, pour une arme à feu, la vitesse maximale que peut atteindre le projectile) est accrue. Concrètement, cela signifie qu’un fusil à canon rayé a un tir plus précis, plus loin. Là où il était déraisonnable, avec un fusil à canon lisse, d’espérer faire mouche à plus de 100 ou 150 mètres, le fusil rayé présente une portée pratique de 500 mètres voire même davantage. 

Des armes meurtrières 

Combinées à des tactiques n’ayant pas évolué aussi vite, ces performances accrues vont faire du fusil rayé d’infanterie une arme particulièrement meurtrière. Plus de 90% des blessés nordistes le seront par balles. Non seulement la balle Minié trouve plus facilement sa cible, mais elle cause également de terribles blessures. Bien que plus petite que la balle sphérique du fusil à canon lisse – 0,58 pouce (14,7 mm) contre 0,69 (17,5 mm), sa vitesse accrue et son mouvement tournoyant la rendent bien plus létale. Une balle Minié réduit les os en miettes, fait éclater les organes, et peut même emporter ou déchiqueter un avant-bras. 

Minie_BallsUne blessure à un membre nécessite souvent une amputation, car les fragments d’os, de balle et d’uniforme disséminés dans la plaie sont autant de risques d’infection à une époque où le concept d’asepsie n’existe pas encore. Ceux atteints à l’abdomen ou au thorax n’ont souvent guère plus de chance. S’ils parviennent à échapper à une péritonite incurable et synonyme de mort lente et douloureuse, leurs organes internes garderont fréquemment des séquelles dont, parfois, les infortunées victimes allaient mourir des années plus tard. La balle Minié laissera ainsi derrière elle des dizaines de milliers d’amputés et d’invalides. 

L’utilisation pratique de ces fusils demande toujours un degré d’entraînement pour parvenir à un certain niveau d’efficacité. Le rechargement d’une arme par la bouche est un processus relativement complexe qui nécessite d’être répété avant d’être maîtrisé. Les cartouches, faites de papier graissé (pour les rendre étanches), contiennent à la fois la charge de poudre et la balle. Le fantassin doit les déchirer avec les dents, opération peu agréable car le papier est relativement épais, gras, et la poudre (mélange de charbon, soufre et salpêtre) très irritante. 

Il faut ensuite verser la poudre dans le canon, introduire la balle, puis tasser le tout avec la baguette. Ensuite, il ne reste plus qu’à retourner l’arme, puis placer une capsule à percussion (elles sont transportées séparément de la cartouche) ; le fusil est alors prêt à faire feu. Le tir d’une telle arme dégage une quantité non négligeable d’une fumée épaisse et âcre, constituée principalement de résidus de poudre incomplètement brûlée, qui noircit le visage et irrite les yeux et les muqueuses. Si l’on ajoute à cela la chaleur produite par le tir, on imagine sans peine qu’un feu prolongé constitue rapidement une opération désagréable et éreintante pour les soldats. 

Img-Sword-ConfederateBayonet-400Au bout du fusil, on trouve, naturellement, la baïonnette. Le vieil adage de Souvorov, « la balle est folle, la baïonnette est sage », avait encore cours dans les armées occidentales, bien qu’il eût été proféré à une époque où les armes à feu étaient bien moins performantes que les fusils à canon rayé. De ce fait, l’importance de la baïonnette est assez largement surestimée, et son utilisation occupe une part sensible de l’entraînement du fantassin, des manuels spécifiques y étant même dédiés. En réalité, les combats au corps à corps allaient être relativement rares, et les baïonnettes allaient beaucoup moins servir durant la guerre de Sécession qu’à l’époque napoléonienne. 

D’un point de vue purement technique, la mode est alors au sabre-baïonnette, et en particulier aux lames courbes du style « yatagan », en usage dans l’armée française – qui fait alors office d’arbitre des élégances en matière militaire. L’intérêt est ainsi d’avoir une arme polyvalente, pouvant servir aussi bien de baïonnette que de poignard. Toutefois, il n’est pas toujours très apprécié, essentiellement à cause de son format assez encombrant : dans les 60 centimètres de long, pour une lame de surcroît assez large, sans compter le manche. De ce fait, la traditionnelle baïonnette à douille et à lame fine sera assez largement employée. 

Un arsenal varié 

Si le Springfield modèle 1855 constitue le fusil réglementaire au début de la guerre, il n’a toutefois pas été produit en quantités suffisamment importantes pour être universel. Les arsenaux renferment de grandes quantités de fusils plus anciens, que les deux belligérants utiliseront abondamment lors des premiers mois du conflit. Il en sera ainsi du Springfield modèle 1816, à canon lisse et à silex, et de ses différentes variantes successives, dont la dernière, le modèle 1842, introduira la platine à percussion – que les versions antérieures utiliseront elles aussi par la suite, après modification. 

Springfield_1861Néanmoins, le contenu des arsenaux ne suffit pas toujours pour armer les volontaires se pressant sous les drapeaux. Beaucoup se contentèrent, au départ, de leurs armes personnelles, souvent de médiocres fusils de chasse à silex. D’autres armes plus ou moins disparates furent employées, en fonction des productions et des disponibilités. On citera notamment le Mississippi modèle 1841, un des tout premiers fusils rayés produits aux États-Unis ; le Hall modèle 1819, une tentative précoce pour fabriquer un fusil à chargement par la culasse – comme le sera plus tard le Joslyn modèle 1855 ; ou encore le Sharps modèle 1859, très apprécié pour sa cadence de tir et davantage encore pour sa précision, qui en fit l’arme de prédilection des tireurs d’élite.

L’amélioration des armes à feu doit beaucoup à l’industrialisation, qui a permis la fabrication de pièces standardisées et interchangeables, produites en grande série avec une précision millimétrique. En 1861, le département de l’armement de l’armée fédérale décida de modifier le Springfield modèle 1855 pour le simplifier et en faciliter la production à grande échelle. Ainsi naîtra le Springfield modèle 1861, encore amendéen 1863, et qui constituera le fusil standard de l’infanterie nordiste durant la guerre. La Confédération en produira des clones, car en s’emparant, en avril 1861, de l’arsenal de Harper’s Ferry, le Sud mit la main sur les précieuses machines-outils servant à le fabriquer. Elles seront installées dans les arsenaux confédérés de Richmond (Virginie) et Fayetteville (Caroline du Nord), chacun produisant sa propre variante.

 

Pattern1853RifleMalgré tout, la production ne put jamais complètement faire face à l’énorme demande induite par le conflit. Au Nord, et plus encore au Sud, il fallut recourir à l’importation. Le fusil Enfield modèle 1853, produit près de Londres, fut ainsi largement utilisé, en particulier par les Confédérés dont il devint l’arme de prédilection. Il présentait notamment le grand avantage d’utiliser le même calibre que les Springfield, ce qui permettait d’employer les mêmes munitions. Bien que d’un calibre plus petit (0,54 pouce, soit 13,7 mm), le fusil autrichien Lorenz fut également importé et employé massivement. Ajoutons à cette liste le fusil Whitworth, d’une grande précision, utilisé par les tireurs d’élite sudistes.

Dans la Cavalerie

civilwarss-comSi, pour les armées européennes, le rôle traditionnel de la cavalerie restait d’effectuer des percées par ses charges décisives, l’armée américaine en avait acquis une vision légèrement différente. Confrontée aux tactiques, plus proches de la guérilla que des batailles rangées, des Amérindiens, la cavalerie états-unienne en est venue à combattre davantage comme une infanterie montée, se déplaçant à cheval mais se battant fréquemment à pied. Cet emploi se retrouvera, également pour d’autres raisons, durant la guerre de sécession, bien qu’il fût, paradoxalement, compris plus tardivement au Nord qu’au Sud.

Mousquetons et carabines 

De ce fait, l’arme de prédilection du cavalier de la guerre de Sécession ne sera pas son sabre, comme le voulait l’usage traditionnel de la cavalerie, mais sa carabine – parfois appelé mousqueton. Succinctement, la carabine est un fusil allégé et raccourci pour en permettre un transport et un emploi plus aisé à cheval. Elle fonctionne donc sur le même principe, la différence majeure étant que le canon plus court réduit les qualités balistiques de l’arme. Puissance et portée sont donc inférieures aux caractéristiques des fusils de l’infanterie. 

Dans les années qui précèdent la guerre de Sécession, la cavalerie fédérale utilise encore assez largement le mousqueton Springfield modèle 1847. Cette arme est essentiellement une version plus petite du fusil d’infanterie modèle 1842. Destinée prioritairement aux deux régiments de dragons, il en existe également des versions spécifiques distribuées aux artilleurs et aux soldats du génie. Considéré comme relativement médiocre, ce mousqueton sera assez peu apprécié de ses utilisateurs. Vers la fin des années 1850, le département de l’armement aura recours à divers expédients pour lui trouver un remplaçant plus moderne. 

Si pour les fusils d’infanterie, les innovations portent surtout sur la portée et la précision, celles introduites pour les carabines de cavalerie vont chercher à compenser leurs qualités balistiques moindres par une plus grande maniabilité et une meilleure cadence de tir. Les recherches vont donc porter dans deux directions différentes : d’une part vers des armes à rechargement par la culasse, et d’autre part vers des carabines à répétition – autrement dit, capables de tirer plusieurs coups de feu avant d’être rechargées. 

Colt_carbineUne tentative précoce de répondre à cette demande avait déjà été faite dans l’armée des États-Unis, avec la carabine-révolver Colt. Produite par la firme qui a commercialisé les premiers révolvers, elle repose sur le même principe : un barillet mobile contenant plusieurs chambres de tir, chacune pouvant être chargée à l’avance. Après un tir, l’action de réarmer le chien fait automatiquement tourner le barillet, présentant une nouvelle chambre prête à l’emploi. Malheureusement, le défaut générique des premiers révolvers était le manque d’étanchéité des chambres : les étincelles issues de la détonation pouvaient mettre le feu aux autres charges, ce qui exposait, dans le cas de la carabine-révolver, le bras gauche du tireur à de graves blessures. 

Divers expédients furent suggérés aux soldats pour éviter les accidents de tir, comme par exemple appuyer le canon sur un support au lieu de le tenir de la main gauche, ou encore de ne charger qu’une seule chambre à la fois – ce qui bien sûr annulait précisément ce pour quoi la carabine-révolver Colt avait été conçue. Ce n’est qu’après l’adoption de cartouches rigides en laiton, qui améliorèrent grandement l’obturation des chambres, que cette arme atypique devint fiable. Elle put alors être utilisée, à petite échelle mais avec beaucoup d’efficacité, durant la guerre de Sécession – y compris, occasionnellement, par des unités d’infanterie. 

Burnside_carbineLes arsenaux fédéraux n’ayant pas l’expérience technique nécessaire pour produire des armes à chargement par la culasse, l’armée fit appel à l’initiative privée et testa, en 1857, plusieurs modèles. L’un se distingua particulièrement. Il avait été conçu par Ambrose Burnside, un ancien officier d’artillerie qui avait quitté l’armée pour se consacrer à l’industrie, et qui allait reprendre du service de manière plus ou moins heureuse durant la guerre de Sécession. Burnside était parvenu à rendre la chambre de tir de sa carabine étanche, ce qui lui donnait un avantage substantiel sur ses concurrents. Le département de l’armement en commanda plusieurs milliers, mais il faudrait attendre le déclenchement des hostilités pour que la carabine Burnside soit produite en grande série. 

Elle allait s’avérer une des armes les plus populaires de la cavalerie nordiste durant les premières années de la guerre. Entre temps, d’autres armes avaient fait leur apparition, comme par exemple la Starr, performante malgré une obturation laissant à désirer. Néanmoins, la plus prisée par les cavaliers des deux camps fut celle fabriquée par la Sharps Rifle Manufacturing Company. Elle était directement dérivée du fusil Sharps modèle 1859, dont elle avait gardé l’excellente précision. Très maniable, elle permettait de soutenir une cadence de tir particulièrement élevée pour une arme à un coup : environ 8 à 10 tirs par minute. 

Armes à répétition 

Toutefois, c’était encore en-dessous de ce dont serait capables les modèles ultérieurs. Non contents d’avoir rendu pratiques et fiables les armes à chargement par la culasse, les fabricants se penchèrent de nouveau sur le concept de carabine à répétition. En 1860, l’armurier Christopher Spencer présenta un modèle intégrant l’essentiel des innovations des années précédentes. Sa carabine était équipée d’un levier rechargeant et réarmant automatiquement, grâce à un magasin tubulaire à 7 coups installé dans la crosse. Ceci lui conférait une cadence de tir théorique de 15-20 coups à la minute. Produite en masse, la carabine Spencer devint l’arme principale de la cavalerie fédérale dans la seconde moitié de la guerre, l’aidant considérablement à prendre l’ascendant sur sa rivale confédérée.

Spencer_rifle_diagram

 

Une autre carabine, apparue peu après, allait utiliser avec bonheur le même principe. Création de Benjamin Henry, elle était encore plus maniable que la Spencer, avec une cadence de tir supérieure. Le magasin n’était pas situé dans la crosse, mais dans un tube sous le canon, ce qui autorisait une capacité bien plus importante : 15 cartouches. Pour cette raison, les Confédérés la surnommèrent rapidement « le fusil que les Yankees chargent le dimanche et qui tire toute la semaine ». La carabine Henry ne fut jamais employée en masse par l’Union, mais sera néanmoins distribuée à certains régiments, y compris d’infanterie, par l’initiative de quelques généraux.

 

En dehors de son prix, son principal défaut était l’absence de cran de sûreté, sachant que la chambre de tir contenait constamment une cartouche prête à l’emploi. Malgré tout, nombre de soldats, impressionnés par cette arme, en firent également l’acquisition sur leurs deniers personnels, et la conservèrent après la guerre. En 1866, la New Haven Arms Company, qui la fabriquait, changea de nom pour devenir la Winchester Repeating Arms Company. Modernisée, la carabine Henry se mua en Winchester modèle 1866, qui allait devenir au cours des années suivantes un objet emblématique de l’Ouest américain.

 

Henry_Rifle-Bill_Dyer_2003Assez ironiquement, les armes à répétition continuèrent longtemps de susciter la méfiance du département de la Guerre. Celui-ci blâmait la consommation excessive de munitions qu’elles pouvaient engendrer, à une époque où son réseau d’infrastructures logistiques, en particulier dans l’Ouest, n’avait encore qu’une capacité limitée. Ainsi, la Springfield modèle 1873, qui équipa la cavalerie, était encore une arme à un coup. Dans le même temps, les Amérindiens s’étaient progressivement équipés en armes issus des surplus de la guerre de Sécession et du marché civil. Si bien qu’en quelques occasions, notamment lors de la bataille de Little Bighorn en 1876, les Indiens s’avérèrent mieux armés que les soldats.

Sabres et révolvers 

Même si elle en captura à l’occasion, la Confédération ne put jamais utiliser à grande échelle ces carabines à répétition. En effet, celles-ci tiraient des cartouches rigides pourvues de douilles en cuivre ou en laiton, pour la fabrication desquelles le Sud n’avait pas les ressources nécessaires en matières premières. Pour l’essentiel, les cavaliers sudistes durent se contenter d’armes issues des stocks d’avant-guerre (plusieurs États avaient ainsi acheté des carabines Sharps), supplémentés ensuite par les armes prises aux Nordistes, ainsi que des modèles d’importation. Le plus utilisé fut le mousqueton Enfield modèle 1861, d’origine anglaise. 

Model_1858_Light_Cavalry_SaberLe Sud était défavorisé en matière d’industrie, et la fabrication des armes de petit calibre n’échappait pas à cette règle. Tandis que les arsenaux de Richmond et Fayetteville se concentraient sur la production de fusils d’infanterie, quelques armuriers privés fabriquèrent des carabines de leur crû, généralement à chargement par la culasse et à petite échelle : Tarpley, Merrill, ou encore Maynard. Cette dernière, très appréciée du cavalier sudiste, fut la plus abondamment produite. Techniquement, ces armes demeurèrent en retrait par rapport aux carabines à répétition nordistes. 

En dehors des carabines, la cavalerie des deux camps utilisera aussi des armes blanches – occasionnellement, car le nouvel emploi tactique des cavaliers entraîna la raréfaction des charges « à l’ancienne ». Le lourd sabre modèle 1840 fut rapidement éclipsé par le modèle 1860, plus léger et jugé suffisant pour l’usage qui en était fait. Quant à la lance, encore très populaire dans les armées européennes, elle ne fut pratiquement pas employée. Une seule unité de lanciers, le 6ème régiment de cavalerie de Pennsylvanie, servit dans l’armée nordiste. Il fut rééquipé de carabines en 1863.

 

Colt-army-1860-RamaSignalons enfin l’usage, largement répandu dans la cavalerie, du révolver. Breveté par Samuel Colt en 1836, il fut produit en série et domina rapidement le marché civil, évinçant le traditionnel pistolet à un coup. Le révolver fut adopté très tôt par l’armée fédérale, au lendemain de la guerre du Mexique, en 1848. Il y devint l’arme privilégiée des officiers de toutes armes, la marine fédérale en commandant également des quantités importantes. De nombreux modèles furent employés durant la guerre de Sécession, le plus populaire étant le Colt Army modèle 1860. Au chapitre des curiosités techniques on signalera le révolver LeMat, importés massivement de France. Sa particularité résidait dans la présence d'un second canon, sous le premier, et chargé de mitraille jusqu'à la gueule.

L'artillerie

L’artillerie joua un rôle important durant la guerre de Sécession, bien qu’il fût moins décisif que dans d’autres conflits – qu’il s’agisse des guerres napoléoniennes ou de la guerre contre le Mexique, dans laquelle l’armée américaine dut aux canons nombre de ses victoires. Tout comme les armes à feu légères, l’artillerie était alors au cœur d’une véritable révolution technique encore inachevée, l’apparition de canons rayés coïncidant avec la substitution du fer au bronze dans leur construction. Durant le conflit seront utilisés des canons de siège et de campagne, mais également d’autres matériels plus atypiques. 

Canons lourds, canons de siège 

Constituant l’essentiel des effectifs de l’armée régulière fédérale avant la guerre (42 batteries sur 48), l’artillerie de siège tirera les premiers coups de feu du conflit avec le bombardement du fort Sumter. De façon générale, les canons de siège sont des pièces d’artillerie plutôt lourdes et encombrantes, dont le transport est malaisé. De ce fait, ils se prêtent davantage à un rôle statique, et leur grande puissance de feu les rend aussi bien aptes à l’attaque des forts en maçonnerie qu’à leur défense. Contrairement aux pièces de campagne faites en bronze, les canons de siège étaient coulés en fer depuis déjà un certain temps. Leur poids était en effet une considération secondaire, et leur emploi tactique rendait moins gênante la qualité souvent aléatoire du fer alors produit. 

De façon générale, il existait deux manières d’indiquer le calibre d’une bouche à feu : ou bien l’on utilisait le diamètre du canon (alors exprimé en pouces dans les armées anglo-saxonnes) ; ou bien, c’était le poids du projectile, en livres (une livre = 454 grammes). En 1861, l’artillerie de siège aux États-Unis est dans l’ensemble plutôt vétuste. Les pièces mobiles sont des canons lisses de cinq calibres différents, allant de 12 à 42 livres – seuls ces derniers, introduits en 1841, étaient encore considérés comme ayant une puissance de feu suffisamment importante pour être utilisés. 

Columbiad_at_Fort_DonelsonLes canons statiques sont principalement du type Columbiad, de calibres 8 et 10 pouces, soit 203 et 254 mm, respectivement. Ce sont des pièces de conception ancienne, puisque le premier modèle remonte à l’année 1811. Conçus surtout pour la défense côtière, les Columbiads forment la majeure partie de la dotation des forts côtiers au début de la guerre. Il en existe également une version plus courte, destinée à tirer des obus à forte charge explosive, et baptisée « obusier côtier de 8 pouces ». 

Les uns comme les autres seront grandement améliorés durant la guerre. Charles James, un ingénieur à succès qui avait servi avant la guerre comme sénateur pour le Rhode Island, avait inventé une méthode permettant de rayer l’intérieur des vieux canons de siège de 24, 32 et 42 livres, ainsi qu’un projectile fonctionnant sur le même principe que la balle Minié des fusils d’infanterie. Cela permettait de doubler le poids des obus, et la puissance de feu des canons James de 48, 64 et 84 livres ainsi créés dépassa toutes les espérances. Lors du bombardement du fort Pulaski en avril 1862, ils ouvrirent des brèches béantes dans des murs pourtant épais de plusieurs mètres. 

JamesRiflesJames fut tué quelques mois plus tard par une explosion accidentelle au cours d’une démonstration d’un de ses canons, mais ses pièces allaient constituer l’épine dorsale du train de siège nordiste durant la guerre. Les Confédérés firent de même en utilisant un système similaire conçu par John Brooke, important également, en petit nombre, des canons d’origine britannique, principalement Armstrong et Whitworth. Ces pièces allaient toutefois montrer leurs limites à mesure que les belligérants apprirent à suppléer aux forts en maçonnerie, devenus obsolètes, par des forts en terre, contre lesquels l’artillerie de l’époque était nettement moins efficace. 

Les Columbiads, quant à eux, allaient se voir substituer d’autres pièces à âme lisse, les canons Rodman. Dans les années qui avaient immédiatement précédé la guerre civile, le capitaine Thomas Rodman, de l’armée fédérale, avait mis au point une nouvelle méthode de production, qui permettait de renforcer considérablement la solidité des canons au niveau de la chambre de tir. Il s’inspirait en cela des canons de marine mis au point par John Dahlgren, dont quelques exemplaires allaient eux aussi être utilisés comme canons de siège durant la guerre. 

L’armée nordiste ne se contenta pas de ces modèles. Elle introduisit également de nouveaux types de canons rayés. Ainsi fut produit un canon de 4,5 pouces (114 mm), qui était essentiellement une version agrandie du canon de campagne de 3 pouces. C’était une pièce puissante et relativement mobile. Furent également utilisés en grand nombre des canons Parrott en fer fretté. Les principaux furent d’un calibre de 30 livres, mais d’autres de 100, 200 et même 300 livres furent employés. Nettement plus puissants, ils étaient également beaucoup moins fiables, avec une tendance à exploser pendant le tir. 

300p-model-1841-coehorn-mortarLes belligérants firent également un usage intensif de mortiers. Ces pièces à canon très court étaient utilisées pour tirer des projectiles à trajectoire courbe atterrissant derrière les remparts ennemis, contrairement aux canons dont les obus avaient une trajectoire tendue et frappaient directement les murs des forts. Les calibres les plus courants avant la guerre étaient de 8 et 10 pouces, mais l’Union introduisit par la suite des pièces de 13 pouces (330 mm), montées à l'occasion sur des voitures de chemin de fer, préfigurant ainsi l’artillerie lourde sur voie ferrée de la Première guerre mondiale. 

Grâce à la trajectoire courbe de leurs obus, les mortiers tendaient à être plus efficaces que les canons contre les forts en terre et les retranchements de campagne. Il existait également des mortiers légers, transportables à bras d’hommes, appelés « mortiers Coehorn » du nom du maréchal hollandais du XVIIème siècle et adversaire de Vauban, Menno van Coehoorn. Les Confédérés en improvisèrent un nombre non négligeable, en faisant un usage défensif important durant le siège de Petersburg, en 1864-65.

Canons de campagne 

12-pounder-napoleonL’artillerie de campagne était soumise à des contraintes très différentes, la principale étant la mobilité. Un canon de campagne devait être suffisamment léger pour pouvoir être tiré sans difficulté par un attelage comprenant en général six chevaux. À cause de cela, c’est le bronze qui avait été longtemps privilégié pour leur fabrication. Cet alliage de cuivre et d’étain présentait l’avantage d’être suffisamment souple pour supporter une utilisation prolongée. Plus rigide, le fer donnait aux canons de meilleures propriétés balistiques, mais il avait tendance à se briser en cas d’utilisation excessive. Pour éviter les accidents, il fallait produire des canons plus épais, donc plus lourds et moins adaptés à l’artillerie de campagne. 

Toutefois, les récents progrès de l’industrie sidérurgique permirent de produire un métal moins coûteux et de qualité plus constante. Il devint possible de fabriquer des canons en fer suffisamment légers pour être utilisés en campagne. L’adoption concomitante de canons à âme rayée rendit l’artillerie de campagne nettement plus précise que précédemment, et accrut notablement sa portée. Toutefois, le caractère souvent très boisé des champs de bataille de la guerre de Sécession, à une époque où l’on ne tirait encore qu’à vue, allait grandement limiter son efficacité. 

L’armement principal de l’artillerie de campagne fédérale est longtemps demeuré le canon lisse de 6 livres en bronze. Cette pièce, légère, était très adaptée au service dans l’Ouest, contrairement aux canons de 9 et 12 livres du même système, tombés en désuétude. Le principal problème du 6 livres était le faible poids de son projectile, qui limitait sérieusement sa capacité destructrice. Quelques 6 livres furent modernisés au début de la guerre grâce au procédé James, mais les rayures se détérioraient assez vite et ces pièces, rebaptisées « canon James de 14 livres », ne restèrent pas longtemps en production. 

3-inch-ordnanceEn 1857, l’artillerie fédérale adopta une nouvelle pièce lisse en bronze, le canon-obusier de 12 livres. Pour l’essentiel, c’était la copie conforme d’un canon en service dans l’armée française depuis 1853, où il avait donné toute satisfaction. Pour cette raison, la nouvelle pièce d’artillerie fut rapidement surnommée « 12 livres Napoléon » aux États-Unis, en référence à Napoléon III alors au pouvoir en France. S’il n’avait pas la portée et la précision des canons rayés en acier, ses projectiles étaient cependant dévastateurs à courte distance. Facile à produire, il fut très largement employé par les deux camps durant toute la guerre. Le 12 livres Napoléon fut également produit en deux versions plus courtes, appelées « obusier » et « obusier de montagne ». La seconde, très légère, fut très prisée par les unités de cavalerie. 

L’armée fédérale avait également mis en service un canon rayé, juste avant la guerre. Baptisé « canon d’ordonnance de 3 pouces », il était en fer forgé plutôt qu’en fonte. Très solide, il était plus petit et plus léger que le 12 livres Napoléon. Essentiellement produit par la Phoenix Iron Company, une société pennsylvanienne, le 3 pouces (76 mm) portait loin et se caractérisait par sa très grande précision ainsi que sa fiabilité. Son seul véritable défaut était le poids relativement restreint de ses projectiles, qui le rendait moins puissant que le 12 livres Napoléon à courte portée. Ce fut, malgré tout, la principale pièce d’artillerie de campagne de l’Union durant la guerre de Sécession. 

parrott-pascal-pinchedeDes canons du système Parrott furent également employés en grand nombre. Non limité aux pièces de siège, il reposait sur l’utilisation du fer fretté. Cette technique nécessitait l’utilisation de deux pièces distinctes : l’une, en fonte, constituait le tube proprement dit. La seconde, en fer forgé et appelée « frette », venait ensuite ceinturer la chambre de tir et la culasse. On obtenait alors un canon combinant les qualités balistiques des pièces en fonte et la solidité du fer forgé. En campagne, les Parrotts furent utilisés en deux calibres, 10 et 20 livres. Le premier présentait des performances similaires au canon de 3 pouces ; le second était plus puissant, mais presque deux fois plus lourd. 

Côté sudiste, les aciéries Tredegar de Richmond tentèrent de copier les Parrotts, sans grand succès. L’artillerie fut toujours le parent pauvre de l’armée confédérée, et les obus, en particulier, furent fréquemment de mauvaise qualité. Une particularité de l’artillerie sudiste fut l’importation de canons Whitworth de 12 livres, à chargement par la culasse – une des toutes premières pièces d’artillerie de ce type à être produite industriellement. Sur le plan balistique, elle surclassait tout ce que l’Union avait à lui opposer, mais le blocus nordiste ne permit jamais aux Sudistes d’en disposer en nombre suffisant. Le plus souvent, c’est le 12 livres Napoléon qui allait former l’ossature de l’artillerie de campagne confédérée. 

Premières mitrailleuses 

La guerre de Sécession préfigura la Première guerre mondiale dans bien des domaines, et ce fut particulièrement vrai dans celui de l’armement. Même si elles connurent dans les faits un usage très limité, elle vit ainsi débuter les premières mitrailleuses. Divers moyens techniques furent utilisés pour leur conception. L'armée française, qui étudiait la question en Europe, avait opté pour un canon constitué de plusieurs tubes, chacun tirant une cartouche, l’un après l’autre. Ainsi, le « canon à balles » de Reffye, qui allait être introduit en France en 1866, pouvait tirer jusqu’à 125 cartouches en une minute. 

gatlingmCependant, l’ingénieur américain Richard Gatling opta pour une autre solution. Sa mitrailleuse, produite à partir de 1862, était rotative. Les six canons de l’arme, tournant autour de l’axe central, étaient alimentés par un chargeur vertical placé au-dessus de la culasse. C’était là le principal avantage de la Gatling sur les autres mitrailleuses de l’époque : alors que celles-ci devaient être rechargées une fois que tous leurs tubes étaient vides, passant ainsi plusieurs secondes sans tirer, la Gatling pouvait être alimentée presque sans discontinuer. Elle put ainsi atteindre des cadences de tir supérieures à 200 coups par minute. 

La mitrailleuse Mill fonctionnait sur le même principe, et fut surnommée « le moulin à café ». C’était à la fois une référence à son mode de fonctionnement, puisqu’elle était, comme la Gatling, actionnée par manivelle, et un jeu de mots sur le nom de son créateur – moulin à café se disant coffee mill en anglais. Ces deux modèles furent utilisés de façon limitée par les forces nordistes. Elles ne furent achetées qu’au compte-gouttes par l’armée fédérale, qui craignait la consommation de munitions importante de telles armes : une seule batterie de six Gatlings pouvait tirer autant de cartouches en une minute qu’un régiment d’infanterie au complet. 

D’autre part, ces premières mitrailleuses étaient considérées comme des armes d’artillerie, et non d’infanterie. Relativement encombrantes, elles étaient montées sur des affûts de canon standard. Les généraux, à quelques rares exceptions près, n’entrevoyaient guère leur potentiel réel. De surcroît, ces pièces très visibles constituaient une cible facile pour l’artillerie et les tireurs embusqués ennemis, contre lesquels elles ne pouvaient rien. De ce fait, les mitrailleuses furent surtout cantonnées à la guerre de siège.

WilliamsGun-Florida-reenactorsLes Confédérés en utilisèrent eux aussi, à une échelle encore plus restreinte que les Fédéraux. Outre la Vandenburgh, fonctionnant sur le même principe que les mitrailleuses européennes, la plus employée fut la Williams. En réalité, c’était plutôt un canon à tir rapide, bien qu’il ne tirât que des balles de gros calibre – 40  mm. Officiellement baptisée « canon d’une livre », cette pièce d’artillerie fonctionnait elle aussi avec une manivelle, mais la ressemblance avec les mitrailleuses nordistes s’arrêtait là. La manivelle opérait un unique canon, qu’il fallait recharger par la culasse à chaque coup. Pour cette raison, la cadence de tir plafonnait à une vingtaine de coups par minute. 

Les machines infernales : « torpilles » et grenades 

Les Sudistes firent un usage plus étendu des torpilles terrestres. Ici se pose un léger problème de vocabulaire : à l’époque, le mot « torpille » désignait ce que nous appelons aujourd’hui « mine », qu’elle soit terrestre ou navale. Ce n’est qu’après la généralisation des torpilles automobiles – ce que nous appelons simplement aujourd’hui « torpilles » – que ces divers objets furent désignés sous leurs vocables actuels. Ces torpilles terrestres, donc, dérivaient fortement de la fougasse de l’époque moderne : une charge explosive piégée et enfouie dans le sol. Elle fut souvent improvisée, avec par exemple un obus. Néanmoins, le général sudiste Gabriel Rains créa en 1862, avec son frère George, la première torpille terrestre spécifiquement conçue pour cet usage. Elle fut largement utilisée pour la défense des forts et des retranchements confédérés et valut à Rains une réputation exécrable jusque dans son propre camp – son invention étant considérée comme une arme sournoise et lâche. 

Battle_of_the_CraterLa guerre de Sécession fut aussi l’occasion de remettre au goût du jour une vieille technique de la guerre de siège, le fourneau de mine. Il s’agissait de creuser une galerie de mine (d’où le nom) jusque sous les positions adverses, puis d’y entreposer des explosifs avant de les mettre à feu. Le fourneau de mine fut ainsi employé pendant le siège de Petersburg, en 1864 : un régiment de l’Union en creusa un jusque sous les tranchées confédérées et le fit exploser, créant un énorme cratère. L’assaut qui s’ensuivit fut cependant repoussé, car l’infanterie nordiste descendit dans ce cratère au lieu d’en faire le tour. Les fourneaux de mine allaient, par la suite, être abondamment utilisés durant la Première guerre mondiale.

ketchum_grenadeCe tour d’horizon ne serait pas complet s’il n’évoquait pas la grenade Ketchum. Version moderne de la grenade précédemment utilisée, là encore, lors des sièges aux XVIIème et XVIIIème siècles, la grenade Ketchum fut brevetée en 1861. Stabilisée par un empennage, elle se lançait comme une fléchette. Il était essentiel que la grenade retombât sur le nez, car elle était actionnée par un détonateur à pression – encore fallait-il que le sol à l’arrivée soit suffisamment dur. Elle fut utilisée sans grand succès au siège de Port Hudson en 1863 : les soldats sudistes comprirent assez rapidement qu’il leur suffisait d’étendre des couvertures dans leurs tranchées pour empêcher les grenades d’exploser. Le général Rains conçut également une grenade de son crû, essentiellement une copie, moins coûteuse et encore moins efficace, de la grenade Ketchum.

Bibliographie

Les armes de la guerre de Sécession Tome 1 : Le sud, de Didier Bianchi. Editions Crépin-Leblond, 1998.

Les armes de la guerre de Sécession Tome 1 : Le nord, de Didier Bianchi. Editions Crépin-Leblond, 1998.

- La guerre de Sécession, de John Keegan. Perrin, 2011.