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volume encyclopedie diderotAu XVIIIe siècle, de nombreux écrivains et penseurs français commencent à se qualifier de «philosophes». Voltaire, Montesquieu ou encore Diderot se fixent alors comme objectif de combattre les ténèbres de l'ignorance par la diffusion du savoir. Confiants en la capacité de l'Homme à se déterminer par la raison, les philosophes des Lumières font preuve d'un optimisme envers l'Histoire et croient dans le progrès de l'humanité.

 

Le siècle des philosophes

Parmi ces philosophes figure Denis Diderot, l'un des penseurs les plus hardis de son époque. Né le 5 octobre 1713 à Langres, il embrasse la carrière littéraire en 1743 en traduisant divers ouvrages de langue anglaise avant de publier, trois ans plus tard, son premier livre, intitulé Pensées philo­sophiques. Suivront Les Bijoux indiscrets (1748) et Lettre sur les aveugles à l'usage de ceux qui voient (1749) qui lui vaut d'être enfermé dans le donjon de Vincennes pendant trois mois. Pour autant, il est sans cesse à la recherche de nouveaux projets rémunérateurs.

Jean Le Rond dAlembertEn 1745, le libraire Le Breton décide de traduire un dictionnaire illustré des sciences et des arts écrit par l'Anglais Ephraïm Chambers intitulé la Cyclopedia et publié en 1728. Lorsqu'il soumet son idée à Diderot, celui-ci propose non pas une traduc­tion, mais une œuvre originale, qui constituerait un «tableau général des efforts de l'esprit humain dans tous les genres et dans tous les siècles ». Pour se lancer dans cette aventure, il s'associe à l'un de ses amis, le mathématicien et philosophe Jean Le Rond d'Alembert, fils illégitime de la célèbre femme de lettres, Madame de Tencin.

Les débuts de L'Encyclopédie

Horloge Diderot EncyclopedieEn octobre 1750, Diderot expose son projet dans un Prospectus et parvient à convaincre 2 000 souscripteurs. Ce succès lui permet de réaliser, avec d'Alembert jusqu'en 1759, une œuvre gigan­tesque, qui va mettre à contribution les plus grands esprits de l'époque. Parmi ceux-ci, il faut citer Voltaire, Montesquieu, Rousseau, Buffon, Helvétius, Condillac, d'Holbach, Daubenton, Marmontel, Quesnay, de Jaucourt, Grimm et Turgot. Le premier volume du Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers, également appelé l'En­cyclopédie, paraît le 1er juillet 1751. Dans le « Discours préliminaire des éditeurs», d'Alembert explique aux lecteurs la manière dont les articles sont structu­rés et leur philosophie. Il écrit aussi que l'ouvrage « a deux objets : comme Encyclopédie, il doit exposer autant qu'il est possible, l'ordre & l'enchaînement des connaissances humaines ; comme Dictionnaire raisonné des Sciences, des Arts & des Métiers, il doit contenir sur chaque Science & sur chaque Art, soit libéral, soit mécanique, les principes généraux qui en sont la base, & les détails les plus essentiels, qui en font le corps & la substance».

Des années de travaux acharnés

diderot lecture encyclopedieLe succès de l'Encyclopédie est immédiat et le tirage augmente sensiblement au fil des ans. Cependant publication de chaque volume ne se fait pas sans mal. Non seulement Diderot et D'Alembert doivent commander les articles aux auteurs, les relire et les corriger, ce qui prend un temps fou, mais ils doivent également faire face aux attaques des anti-philosophes, au premier rang desquels figurent le parti dévot et les Jésuites. Dès 1752, ces derniers obtiennent l'interdiction de vendre, d'acheter ou de détenir les deux premiers volumes parus, suite à un scandale provoqué par la thèse présentée en Sorbonne de l'un des auteurs, l'abbé de Prades. Fort heureusement, la protection de Madame de Pompadour et celle du directeur de la Librairie, Malesherbes, permettent aux éditeurs de reprendre la publication dès l'année suivante.

En 1759, c'est le coup de grâce. Le conseil d'Etat interdit à nouveau la vente de l'Encyclopédie et ordonne le remboursement des souscripteurs. Melesherbes intervient mais ne peut empêcher l'interdiction de publier. D'Alembert abandonne et Diderot continue seul le travail de préparation des dix derniers volumes, qui sont publiés clandestinement. Enfin, en juillet 1765 paraît le dernier des dix-sept volumes de textes (le dernier volume de planches sera publié quant à lui en 1772). Au final, ce sont 150 colla­borateurs qui ont rédigé 71818 articles. Véritable succès de librairie, cette première édition de l' Encyclopédie rapportera, d'après les estimations, environ 2,5 millions de livres.

Pour aller plus loin

Diderot et L'Encyclopédie, de Jacques Proust. Albin Michel, octobre 1995.

La France des Lumières 1715-1789, de Pierre-Yves Beaurepaire. Belin,  octobre 2014.