pepin le brefFils de Charles Martel et père de Charlemagne, Pépin le Bref a été Maire du palais puis Roi des francs de 751 à 768. Il est le fondateur de la dynastie des Carolingiens, qu’il légitime par un rite inconnu jusque-là en se faisant oindre d’huile sainte lors de son couronnement par les évêques. Durant son règne, il mène une politique habile, faite d'alliance avec la papauté et de conquêtes territoriales. Surnommé « le Bref » (le petit) à cause de sa courte taille, il était cependant réputé pour sa force extraordinaire.

 

Pépin le bref, le premier des carolingiens

Lorsque en 715 Charles Martel avait pris le titre de maire du palais, il avait concentré entre ses mains les pouvoirs réels. Au milieu de l'anarchie mérovingienne, il s’était montré l’homme fort, capable de résister aux dangers extérieurs et intérieurs, il avait écrasé les musulmans, maté les Frisons, repousser les Saxons et, grâce à son immense fortune terrienne, il s’était constitué une clientèle de vassaux fidèles, auxquels il avait distribué, pour se les attacher, une portion des biens de l’Église.

berthe au grand piedÀ sa mort, en 741, ses deux fils, Carloman et Pépin - surnommé « le Bref » à cause de sa petite taille - lui succédèrent. Les deux frères exercent le pouvoir conjointement pendant six ans, après avoir emprisonné leur demi-frère Griffon, que Charles Martel avait eu d’une concubine. Dès leur avènement, les deux frères durent faire face à un soulèvement de toutes les régions périphériques de leurs royaumes, ils mirent quatre ans à mater les tentatives d’indépendance des grands et, tout en gardant la réalité du pouvoir, installèrent sur le trône le dernier représentant de la dynastie mérovingienne, Childéric III.

En 744, Pépin épouse Berthade de Laon, dite « Berthe au grand pied », la fille du comte de Laon. De 744 à 745, son frère et lui-même accomplissent d'importantes réformes ecclésiastiques, l'Église ayant été bouleversée par la sécularisation de Charles Martel. Ils résolvent la question des biens confisqués par Charles Martel par un système à l'origine de la vassalité. Conscients de l’importance que représente l’évangélisation de la Germanie, ils accordent leur appui à saint Boniface et le chargent de réformer le clergé franc (742-744).

Une nouvelle dynastie à consolider

En 747, Carloman renonça au pouvoir pour devenir moine dans l’abbaye Italienne du mont Cassin, et Pépin le Bref resta seul à détenir l’autorité. Il était temps pour lui de réaliser son rêve, devenir roi et fonder une dynastie légitime. En 750. profitant des difficultés de la papauté, menacée par les Lombards, il fit demander au pape Zacharie qui devait régner et la réponse du souverain pontife fut claire : « Il vaut mieux appeler roi celui qui possède le pouvoir plutôt que celui qui ne l’a point, afin que l’ordre ne soit pas bouleversé. » Fort de l’appui de Zacharie, Pépin convoqua à Soissons l’Assemblée des Francs et fut élu roi par eux en 751, alors que le dernier Mérovingien était enfermé dans un couvent. Pour créer une nouvelle légitimité dynastique, Pépin, inaugurant un rite inconnu jusque-là, se fit oindre d’huile sainte par les évêques.

couronnement pepin bonifaceIl allait recevoir une consécration encore plus importante. Le pape Étienne II, passant en Gaule pendant l’hiver 754, demanda à Pépin le Bref son aide contre les Lombards, lors d’une entrevue au palais de Ponthion. Pépin lui promit son appui, mais réclama en échange d’être sacré une nouvelle fois par lui, ainsi que sa femme Berthe et ses deux fils, Charles et Carloman. Ce geste scellait l’alliance entre la papauté et le roi et ôtait l’élection du roi à l'assemblée des grandes familles. La royauté de droit divin était née.

Pépin, allié de la papauté

En remerciements des bons services du pape, Pépin le Bref partit en Italie en 754-755 et 756 pour défendre celui-ci contre les Lombards. Le roi franc, après avoir vaincu ces derniers, remit vingt-deux villes non pas à leur propriétaire légitime, l’empereur de Byzance, mais à Étienne II, et ces cités formèrent avec Rome les États pontificaux. Cette cession, appelée la « Donation de Pépin », fait naître en Occident de nouvelles structures politiques et religieuses.

Puis, abandonnant l’Italie, Pépin se consacra à la consolidation de son royaume et à la reconquête des provinces en révolte. Il put occuper la Septimanie (759) et s’employa à réduire la résistance aquitaine. Alors que la conquête de cette région venait de s’achever, Pépin mourut en 768, laissant à ses fils, l’aîné Carloman et le cadet Charles (futur Charlemagne) le soin de poursuivre son œuvre.

Bibiographie

Pépin le bref (751-768), de Ivan Gobry. Pygmalion, 2012.

Les Carolingiens: Une famille qui fit l'Europe, de Pierre Riché. Pluriel, 2012.