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masque de fer 2Le Masque de fer était un prisonnier français mort à la Bastille en 1703, et dont l'identité fait l'objet de nombreuses spéculations. Portant un masque de velours aux articulations de métal, il fut d'abord enfermé sur ordre de Louis XIV en 1679 à Pignerol, dans le Piémont, puis au château d'If, dans l'île Sainte-Marguerite. En 1698, le Masque de fer fut amené à la Bastille, où il mourut en 1703. Il est enterré au cimetière Saint-Paul, à Paris, sous le nom de Marchiali. On sait peu de chose de cet inconnu. La véritable identité du Masque de fer a fait l'objet, dès l'origine, de nombreuses hypothèses, dont bon nombre ont été abandonnées.

 

L'homme au masque de fer, un mystérieux prisonnier

Ce personnage mystérieux était emprisonné dans la forteresse de Pignerol dans le Piémont dès 1680 où il resta toujours sous la garde de M. de Saint-Mars. Il séjourna ensuite à la forteresse de l’île Sainte-Marguerite (Lérins) de 1687 à 1698, puis la Bastille, où il arriva le 18 septembre 1698 et il y mourut le 19 novembre 1703. Jusqu’à la fin de ses jours, on le contraignit à porter un masque de velours muni d’articulations de fer. Pour le reste, il était fort bien traité. A sa mort, il fut enterré sous le nom de Marchiali dans le cimetière Saint-Paul et on brûla immédiatement tous les objets dont il s’était servi. On fit gratter et blanchir les murailles de la chambre qu’il avait occupée, on enleva les carreaux pour voir s’il n’y avait pas caché quelque message. Les pages des registres de la Bastille le concernant furent arrachées.

masque de fer 1Dés le XVIIIe siècle, le public commença à se passionner sur l’identité de l’Homme au masque de fer. Parmi les hypothèses avancées et aujourd’hui abandonnées, citons : l’ex-surintendant des Finances Fouquet, mort officiellement au début de 1680; Louis de Bourbon, comte de Vermandois, fils naturel de Louis XIV et de Madame de La Vallière, né en 1667 et légitimé en 1669, et qui disparut de la cour et du monde en 1683; un demi-frère aîné de Louis XIV, né de relations adultères d’Anne d’Autriche (hypothèse formulée pour la première fois par Voltaire et reprise par Alexandre Dumas père dans son roman Le Vicomte de Bragelonne); un fils né d’un mariage secret d’Anne d’Autriche avec le cardinal de Mazarin; le duc de Beaufort, mort officiellement au siège de Candie en 1669; un neveu de Jacques II d’Angleterre, le duc de Monmouth. qui aurait été ainsi soustrait au supplice après sa révolte; le R. P. Jacques de La Cloche, fils naturel de Charles II d’Angleterre, qui avait été au courant du traité secret de Douvres conclu entre son père et Louis XIV; Molière, victime d’une vengeance des dévots à la suite de son Tartuffe...

Une hypothèse plus récente a identifié l’Homme au masque de fer à Marc de Jarrige de La Morelhie, gendre du médecin qui fit l’autopsie de Louts XIII et qui se serait rendu compte que le roi était incapable d’être père.

Un diplomate ? Un valet de Fouquet ?

Plus sérieuses sont les hypothèses concernant Mattioli et Dauger. Selon la première, Ercole Mattioli, secrétaire de Ferdinand Charles, duc de Mantoue, avait été chargé, en 1678, de la négociation d’un traité par lequel le duc, pressé par des besoins d’argent, abandonnait à Louis XIV la forteresse de Casai contre une indemnité de 100 000 écus; mais aussitôt le traité secret conclu, il joua Louis XIV en révélant l’arrangement à des cours étrangères. Louis XIV le fit arrêter par Catinat et conduire en 1679 à la forteresse de Pignerol. Cependant, cette hypothèse Mattioli n’explique pas le secret rigoureux dont fut entouré le prisonnier jusqu’à sa mort; d’autre part, il semble bien que Mattioli, emmené par Saint-Mars de Pignerol à Exiles puis à I’île Sainte-Marguerite, mourut dans cette dernière forteresse en avril 1694, alors que l’Homme au masque de fer ne décéda qu’en 1703.

citadelle de pignerol 1650L’autre théorie identifie le mystérieux prisonnier à Euslache Dauger, valet de son état, qui fut arrêté à Dunkerque en juillet 1669 -on ne sait pour quel motif- et détenu depuis lors à Pignerol. Peut-être Dauger avait-il été informé du traité secret de Douvres conclu en 1669 entre Louis XIV et Charles II d’Angleterre. A Pignerol, le gouverneur Saint-Mars plaça Dauger comme valet auprès du surintendant Fouquet. Dès la mort de ce dernier, en mars 1680, Louvois donna à Saint-Mars des ordres formels pour que Dauger fût tenu désormais dans un secret absolu. Il se peut que, dans ses fonctions de valet, Dauger ait été informé de certains secrets détenus par Fouquet, secrets politiques, mais peut-être secrets plus graves encore, concernant la naissance de Louis XIV; à moins encore que Dauger n’ait participé à un empoisonnement de l’ancien surintendant, à l’instigation de Colbert ou du clan LeTellier.

Aucune de ces hypothèses n'ayant pu être vérifiées à ce jour, le mystère reste entier.

Pour aller plus loin

Le Masque de fer, de Jean-Christian Petitfils. Perrin, 2011.

Le secret du masque de fer, de Marcel Pagnol. De Fallois, 2016.