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Entre 1954 et 1962, 1.343.000 jeunes Français seront appelés ou rappelés pour participer à des "opérations de maintien de l'ordre". Ce n'est qu'en 1999 que la République osera enfin parler de guerre. La plupart sont encore vivants, mais ils ne sont que quelques dizaines à avoir écrit sur le sujet. Le cinéma ne consacrera que quatre films au conflit, dont les excellents "20 ans dans les Aurès" et "R.A.S". Les combattants sont rarement prolixes sur leur participation à des guerres perdues...

Dans le silence du Djebel

carnets_guerreFrançois Dat a attendu 50 ans avant de publier le Silence du Djebel. Jeune homme naïf et passionné, il s'engage sur un coup de tête pour défendre les idéaux français, chrétiens et scouts qui ont marqué son enfance.

Pendant 26 mois, il perdra une à une ses illusions sur les champs de bataille, où il découvrira la généralisation de la torture - les sections qui partaient en opérations emportaient leur "gegène" pour les interrogatoires de suspects-, des gradés qui achèvent des blessés et le partage du butin de guerre.

Car la guerre d'Algérie fut une guerre de maquisards, avec peu de batailles de grande ampleur, mais une infinité de patrouilles et de raids au cours desquels souffraient surtout les populations civiles. La conséquence des exactions commises étaient alors le ralliement au F.L.N. Les représailles contre les populations européennes suivaient, entraînant les protagonistes dans une classique spirale de la violence.

13.000 appelés payèrent de leur vie la défense de l'Algérie française. 70.000 furent blessés. Rentrés dans leurs foyers, la plupart des survivants s'enfermèrent dans un mutisme révélateur.

Le témoignage d'un appelé du contingent

Le témoignage interpellant de François Dat arrive à point nommé, cinquante ans après la signature des accords d'Evian et l'accession de l'Algérie à l'indépendance. Il est le récit sans concession des réalités du quotidien de jeunes hommes entraînés dans un conflit auquel ils étaient mal préparés. Il est aussi un hymne à l'amitié et à la solidarité entre des appelés, qui découvraient les réalités de la guerre et la stupidité de certains gradés Il est finalement un appel profondément humaniste à la compréhension entre hommes de bonne volonté.

Algérie Carnets de guerre. Dans le silence du Djebel, de François Dat. Editions Jourdan, juin 2012.

 

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