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guderian-en-ardennes-en-mai-1940Le 10 mai 1940 marque la fin de la Drôle de guerre et le début de la Bataille de France (ou Campagne de France). L'Allemagne nazie passe à l'offensive en envahissant simultanément les Pays-bas, le Luxembourg, la Belgique et la France. En moins d’un mois, l’armée allemande va enfoncer le front, perçant à Sedan pour terminer aux portes de Dunkerque, là où les restes de l’armée alliée encerclée vont tenter de sauver ce qui peut l’être. Pour la France, il est déja trop tard et le maréchal Pétain annonce le 17 juin la cessation des hostilités.

Les Ardennes infranchissables ?

Dès le petit matin du 10, les chars de Rommel passent le sud de la frontière belge, direction Dinant sur la Meuse. Le général Guderian, lui, vise la Manche en passant par Sedan ; il fait partie du groupe de panzers Kleist, chargé du gros de l’offensive sur la Meuse. Les Allemands, peu confiants (le plan Manstein est critiqué), n’ont pour seule ambition à ce moment que d’établir des têtes de ponts sur la rivière. Du côté allié, selon les plans de Gamelin, on répond à l’offensive ennemie en avançant en Belgique ; Sedan est la charnière entre les deux groupes principaux de l’armée alliée, française en particulier. 

La « phalange géante » allemande (selon l’expression de Blumentritt, de l’état-major) ressemble à un gigantesque embouteillage quand elle passe la frontière ce 10 mai, mais elle est prête le soir même à rencontrer le 2è division de cavalerie française ; c’est la 10è division de panzers de Guderian qui s’en charge, avec succès : les Français doivent vite se replier sous les coups conjugués de Guderian et Rommel sur tout le front. Le 12, Guderian prend Bouillon et passe la frontière française, au nord de Sedan : les Ardennes sont franchies !

Guderian et Rommel passent la Meuse

L’après-midi même, les panzers de Guderian encerclent Sedan et, la nuit tombée, le front de la Meuse est contrôlé, de Dinant à la forteresse sedanaise. Les forces françaises ont toutes été repoussées sur la rive gauche de la rivière, sans pouvoir y faire grand-chose malgré la réussite de plusieurs attaques aériennes contre la Luftwaffe. Mais cette dernière n’a pas encore tout donné…En effet, l’état-major allemand décide, contre ses premières intentions, de ne pas attendre avant de reprendre l’offensive, et il a besoin du soutien de la Luftwaffe à cause d’un manque d’artillerie.

campagne de france 1940Guderian éprouve des difficultés à traverser la Meuse après la prise de Sedan, se heurtant à une ligne de fortifications françaises sur la rive gauche ; heureusement pour le général allemand, ce réseau défensif n’est pas terminé et mal disposé…C’est en fait plus la largeur de la Meuse qui le handicape, que l’opposition composée de troupes de réservistes peu entraînés. Le 13 mai, Guderian lance l’attaque, soutenu par les Stuka dont l’effet est autant « physique » (avec leurs bombes de 500 kilos) que psychologique ; les Messerschmitt confirment la maîtrise aérienne allemande, en protégeant leurs bombardiers contre une chasse française trop juste. Le bombardement aérien est bientôt rejoint par celui de l’artillerie, et les forces françaises sont assommées au moment où les troupes de Guderian commencent le franchissement de la Meuse…Le 13 au soir, les Allemands ont consolidé leurs positions et repoussé les Français de leurs deux lignes de défense.
 

Au nord, la 7è division panzer de Rommel a passé la Meuse en aval de Dinant, avec un peu plus de résistance, en particulier de l’artillerie française. Il faut attendre le 14 mai au soir pour que Rommel puisse consolider sa position, pas à l’abri d’une contre-attaque française qui ne viendra jamais.

La première bataille de blindés 

Le point décisif de cette offensive, destinée à ouvrir les plaines françaises aux panzers, se situe toujours dans la zone de Guderian. Le général Grandsard ordonne une attaque sur la tête de pont de l’Allemand dès le 14 au matin, mais elle doit être retardée et, quand elle a finalement lieu, Guderian a les moyens d’y faire face ! La même journée, les Alliés tentent de stopper l’avancée ennemie par un intense bombardement aérien sur le pont de bateaux ; mais mal organisés, ces raids ne suffisent pas et Guderian peut entamer son mouvement tournant pour détruire la IXè armée alliée. D’autres occasions de contre-attaques se présentent pour les Français, mais comme à chaque fois elles ne sont pas saisies…

Le 15 mai, les panzers peuvent déferler sur les plaines françaises ; les chars de Rommel écrasent la 1ère division cuirassée du général Bruneau, pour la première grande bataille de blindés, et ce malgré la destruction (selon les Français) d’une centaine de chars allemands (il n’en reste que dix-sept côté français). Guderian, de son côté, avance encore plus facilement en écartant la 3è division sans réelle difficulté. Ce n’est qu’au centre de ce front que les Allemands connaissent de réelles difficultés, mais le corps français est trop endommagé par l’aviation allemande, et doit finalement se replier, bientôt en déroute lui aussi…

La timide contre-attaque française

bundesarchiv_bild_101i-127-0369-21_im_westen_zerstrter_franzsischer_panzer_char_b1Après cinq jours d’offensive et plus de 70 km de percée, l’armée allemande reçoit ordre de stopper sa progression, au désarroi de Guderian, qui parvient tout de même à obtenir l’accord d’avancer vingt-quatre heures de plus. Les troupes allemandes sont épuisées, mais comprennent que la victoire est proche. Du côté français, c’est le début de la débâcle et Rommel témoigne de la présence de troupes et de civils sur les bords des routes, complètement désorganisés…Guderian en profite pour rouler à toute vitesse jusqu’au 17, mais il reçoit soudain un ordre de Kleist lui enjoignant de stopper ; « Heinz le rapide » est furieux et demande même d’être relevé de son commandement, il faut l’intervention du général List pour le calmer ! En fait, la réussite allemande inquiète à l’état-major d’Hitler, celui-ci craignant même d’être tombé dans un piège français. Après d’intenses discussions, Guderian –qui étant sur le terrain comprend mieux la situation- obtient de pouvoir engager une « reconnaissance en force »…

Les craintes allemandes sont peu justifiées ; ils pensent que les Français ont gardé en réserve leurs blindés, mais il n’en est rien l’essentiel (1ère et 3è divisions cuirassées) ayant été détruit les jours précédents face à Rommel puis Guderian. Seule reste la 2è division cuirassée, complètement désorganisée par la percée de Guderian. L’armée française ne dispose en fait plus que d’une seule unité plus ou moins cuirassée, formée de divers détachements ; elle est commandée depuis le 11 mai par le colonel de Gaulle. Celui-ci, encouragé par le général Georges, contre-attaque le 17 mai dans la région de Laon ; mais il ne dispose à ce moment que de trois bataillons, et Guderian le repousse facilement.

L’état-major français aux abois

Au quartier général français, c’est la panique : après une incompréhension totale de ce qui se passe sur le terrain depuis le début de l’offensive, puis des retards à répétition dans la transmission d’ordres de toute façon inefficaces, Gamelin décide le repli des forces françaises de Belgique le 16 (la Hollande a capitulé) et Reynaud télégraphie à Churchill que « la route de Paris est ouverte » ; il décide toute de même d’appeler Weygand et Pétain pour tenter de redresser la situation. Une conférence se déroule au Quai d’Orsay, en présence de Gamelin, Reynaud, Daladier, Churchill et Sir John Dill où la situation est jugée désespérée par manque de réserves…

Guderian atteint la Manche 

Le 17 mai, les Allemands passent Laon et se trouvent bientôt à moins de 100 km de Paris à vol d’oiseau. Le 18, Guderian prend Saint-Quentin et Péronne pendant que Rommel atteint Cambrai. Le 19, Guderian toujours traverse le célèbre champ de bataille de la Somme, mais il est menacé par une nouvelle contre-attaque de de Gaulle, une nouvelle fois mis en échec par les Stuka. Cela donne tout de même des idées aux forces alliées du Nord qui inquiètent l’état-major allemand, obligeant Rommel à stopper et à consolider sa position entre Cambrai et Arras.

L’état-major français semble avoir compris que l’objectif ennemi n’est pas Paris, mais de couper les forces alliées en deux en fonçant sur la Manche. Il est malheureusement trop tard pour organiser une contre-attaque décisive et profiter de l’étirement des forces allemandes, et de toute façon Gamelin est remplacé par Weygand, ajoutant à la perte de temps ! Les Allemands profitent des atermoiements français pour se réorganiser durant toute la journée du 19 mai. Le lendemain, Rommel reprend un temps sa progression mais c’est surtout Guderian qui passe à l’action, de façon décisive : il fonce sur Amiens, en profite pour visiter la cathédrale, puis se jette sur Abbeville ; en début de soirée, l’un de ses bataillons atteint la Manche à Noyelles ! L’armée allemande a effectué une percée de plus de 300 km en dix jours, et détruit l’essentiel des forces françaises, les coupant des Britanniques ; un tel succès est inattendu pour la plupart des généraux allemands. Reste à terminer le travail.

La réussite inespérée de la percée vers la Manche ne signifie pas encore la victoire pour l’armée allemande. Il faut encore se débarrasser des Britanniques et de la Ière armée française disposés au nord du « corridor des panzers ». Une fois cette mission accomplie, la France tombera comme un fruit mûr. 

Les hésitations allemandes

21may 4june1940 fall gelbLes Alliés décident cette fois de ne pas rester inactifs : dès le 21 mai, les Britanniques lancent une contre-offensive pour tenter de percer la fameux « corridor » dans la région d’Arras ; Rommel doit s’employer, mais il parvient à la repousser. Pourtant, du côté allemand, la joie fait place à l’inquiétude : où aller à présent, ne sont-ils pas trop à découvert ? Il leur faut attendre deux jours pour savoir enfin quels sont les ordres, laps de temps que Guderian considérera comme décisif, en faveur des Alliés ! 

Le 22 mai, les Allemands prennent la direction du nord et la 2è division de panzers atteint les faubourgs de Boulogne, où elle se heurte à une forte résistance. Grâce au soutien des Stuka, la ville tombe tout de même le 25. Guderian lance la 10è division de panzers sur Calais, pendant que la 1ère est chargée de prendre Dunkerque. La résistance britannique est acharnée et parvient même à Guines à repousser l’aile gauche allemande qui se dirigeait sur Calais ! La ville est toutefois encerclée le 24 mai ; Guderian lui-même lance plusieurs attaques, qui échouent plusieurs fois, avant que finalement Calais tombe à son tour le 26 en fin d’après-midi. 

L’avancée parallèle sur Dunkerque par Gravelines est plus lente, d’abord à cause de la résistance alliée, puis à cause des ordres de l’état-major allemand qui veut laisser Dunkerque à la Luftwaffe ! Guderian commence à s’inquiéter de cette nouvelle perte de temps quand il voit le nombre de navires alliés se diriger vers la ville ; il comprend vite que si les Allemands n’agissent pas, les Alliés vont pouvoir évacuer le gros de leurs troupes vers la Grande-Bretagne… 

Il semblerait que le ralentissement de l’offensive allemande ait été dû à l’inquiétude d’Hitler. Celui-ci se rend le 24 mai au quartier général de l’armée de von Rundstedt, à Charleville, et il est très nerveux. Il est en partie influencé par Rundstedt, qui ne croit pas vraiment à l’insolente réussite des panzers de Kleist et Guderian. Mais le führer estime aussi encore possible une paix avec la France et une entente avec l’Angleterre, dont il respecte l’Empire. Il ne faut pas non plus oublier la responsabilité de Goering, son influence auprès d’Hitler, et sa volonté de mettre en avant la Luftwaffe, rivale de la Wehrmacht. 

Opération Dynamo 

Les Alliés profitent de ces hésitations allemandes pour se réorganiser. Dès le 20 mai 1940, lors d’une réunion à Douvres, le vice-amiral Ramsay fait état d’un plan d’évacuation possible par la Manche, mais avec des difficultés logistiques qui risquent d’être très importantes à cause du nombre d’hommes à évacuer, et de la topographie des côtes françaises à cet endroit, qui interdit l’emploi de gros navires. Ce plan, bientôt appelé « Opération Dynamo », prévoit donc l’utilisation de trois ports ; le problème est que Boulogne, puis Calais tombent sous les coups allemands…Pire, le 25, Hitler autorise la reprise de l’offensive dans cette zone Tournai-Cassel-Dunkerque ! Le 26, l’état-major britannique autorise lord Gort, qui commande le corps expéditionnaire (CEB), à utiliser les plages et ports à l’est de Gravelines pour évacuer les troupes ; il promet l’appui de la marine évidemment, mais aussi de la RAF. Mais l’offensive allemande, très violente, met à mal le plan allié et le flanc gauche est vite enfoncé après la capitulation belge ; bientôt la tenaille se referme sur les Alliés, malgré des tentatives au sud comme une fois encore celle de de Gaulle vers Abbeville le 28.

british troops retreat dunkerqueHeureusement, les Alliés ont réussi à s’organiser autour de Dunkerque et, parallèlement, une résistance farouche coince Rommel dans la région de Lille (qui tombera le 31). Le 29 mai 1940 au soir, alors que des combats très violents ont lieu de toutes parts, le CEB et la moitié de la Ière armée française ont réussi à se regrouper dans la poche de résistance, dos à la mer dans la zone de Dunkerque. La ville est soumise à un bombardement effroyable par l’artillerie et l’aviation allemandes, et l’évacuation qui a débuté depuis quelques jours est un véritable enfer ! Il devient presque impossible de mouiller des navires dans le port ravagé, et il faut bientôt employer les plages et deux môles inadaptés. La traversée du Pas-de-Calais n’est pas non plus une sinécure, puisqu’il faut déminer, protéger des bombardements, chasser les sous-marins ennemis,…Dans ces conditions dantesques, l’évacuation se prolonge pendant plusieurs jours, avec des pertes terribles et une menace pour la marine britannique, dont les destroyers paient un lourd tribut ; il en va de même pour la RAF, durement éprouvée par la Luftwaffe.
 

Le 31 mai, lord Gort quitte le continent pour rentrer en Angleterre ; le 1er juin, les Allemands lancent leur dernière offensive sur l’ultime tête de pont, et le 3 juin ils l’encerclent totalement. C’est le destroyer Shikari qui le dernier quitte Dunkerque à 3h40. Les Alliés laissent sur place 40000 hommes qui seront faits prisonniers ; mais plus de 300 000 ont été évacués pendant ces quelques jours, au prix de près de 70 000 morts, blessés ou prisonniers ! Sans parler des pertes matérielles, parmi lesquelles plus de 200 navires envoyés par le fond…Les deux camps revendiqueront la victoire, mais la réalité est double : si le sauvetage de tant d’hommes relève du miracle vues les circonstances, ce n’est pas pour autant que la Grande-Bretagne est prête à résister à une invasion. Sa flotte est toujours puissante, mais pas à l’abri de l’aviation ennemie comme l’ont montré les opérations en Norvège. Heureusement, elle peut compter sur sa chasse, à la veille de ce qu’on va appeler la bataille d’Angleterre…

Le bilan pour la France après l’évacuation de Dunkerque est terrible : plus de vingt divisions perdues, un commandement désorganisé et des alliés qui ont dû rentrer en Angleterre, et que beaucoup de Français considèrent à ce moment comme des déserteurs. Nouveau chef des armées françaises, le général Weygand ne se fait alors guère d’illusions…

Pour Weygand : résister 

Le nouveau généralissime compte le 25 mai, soit avant le fin de l’évacuation de Dunkerque, environ soixante divisions face aux 130 allemandes, avec parmi elles une dizaine de blindées (les Français n’en ont plus qu’une). Weygand estime qu’il lui faut jusqu’au 15 juin pour se réorganiser, tout en se doutant bien que les Allemands ne lui en laisseront pas le temps. Il ne compte que sur la défense d’une ligne Somme-Aisne. 

Du côté allemand, certains généraux regrettent que l’élan se soit arrêté plutôt que de continuer vers l’Angleterre ; Keitel lui-même estimera que ce fut une des « plus colossales erreurs de l’histoire ». C’est Hitler qui décide, dès le 29 mai, de se préparer à attaquer au sud. 

tranchee 1940Le 5 juin 1940, c’est la Luftwaffe qui ouvre les hostilités, suivie des panzers qui attaquent depuis Amiens et Péronne. Mais le moral français semble avoir été en partie revigoré par l’arrivée de Weygand, et les Allemands témoignent d’une plus grande résistance que les troupes françaises : c’est bientôt un massacre de panzers dans les plaines de Somme ! Le lendemain, les « hérissons » tiennent encore, sauf à l’ouest où Rommel parvient à passer pour atteindre Abbeville, d’où la dernière division britannique présente sur le continent doit se retirer. Un peu plus tard, c’est à l’est que les défenses françaises finissent par céder, dans la région du Chemin des Dames. 

Les Allemands foncent sur Paris 

Malgré le bon comportement des troupes françaises, l’espoir demeure mince car l’état-major ne peut pas s’appuyer sur des réserves conséquentes pour lancer les contre-offensives nécessaires. Surtout, après une réunion des principaux généraux, Weygand cède à l’idée du général Besson qui conseille une manœuvre de retraite, décision difficilement compréhensible de la part du généralissime puisqu’elle va à l’inverse de sa stratégie de départ ! Pendant ce temps, les Allemands ont appris à réagir contre la défense française, et Rommel décide d’éviter les points d’appui pour foncer en terrain libre ; le 7, il n’est plus qu’à 40 km de Rouen ! A Paris, c’est la panique et le « gouvernement militaire » est transformé en « armée de Paris ». 

Les Allemands ont franchi la Somme, puis l’Aisne à Soissons. Les Français se replient sur la Marne. Rommel, lui, continue sa marche en avant en atteignant la Seine. Rien ne semble plus pouvoir arrêter les Allemands ! Pourtant, Weygand semble croire encore à un miracle, en particulier au sud de l’Aisne ; c’est dans cette zone que doit attaquer Guderian pour s’offrir la Champagne. Le général allemand subit la pression de son supérieur List, et il finit par faire passer deux divisions de panzers après une résistance acharnée des Français, où Guderian lui-même est mis en danger dans une bataille de chars ! Mais bientôt les faubourgs nord de Reims sont en vue des divisions allemandes… 

Un peu plus à l’ouest, les Allemands franchissent l’Ourcq, et de l’autre côté de Paris la basse Seine ; le gouvernement quitte alors la capitale pour Tours, le quartier général est envoyé à Briare. Au même moment, on apprend que l’Italie va attaquer…Le 11 juin, Reims tombe et Paris est abandonnée, déclaré « ville ouverte » ; c’est le début de la grande débâcle !paris1940

 La retraite des troupes françaises se mêle à l’exode des civils, dans un chaos de plus en plus grand. A Briare, le général Weygand tente de trouver des solutions pour limiter les dégâts ; au château du Muguet, une grande réunion se tient en la présence du généralissime, de Pétain, de Gaulle, Churchill, Eden et des généraux britanniques Ismay et Spears. Malgré les promesses du Premier ministre britannique de continuer à se battre et l’arrivée de renforts, le tableau de la situation n’est guère reluisant. En effet, alors que les Alliés discutent, les Allemands continuent leur avancée : c’est surtout Guderian qui continue de foncer, en prenant Châlons, puis le 13 les Allemands prennent Evreux ; enfin, le 14 ils entrent dans Paris ! 

« La bataille de France est perdue » 

Pour Weygand, « la bataille de France est perdue », et il faut à présent trouver une solution pour un armistice acceptable, en évitant l’encerclement général des armées françaises. C’est le politique qui prend ensuite le relais : dans la nuit du 16 au 17 juin 1940, le cabinet Reynaud est remplacé par Pétain, et le 17 celui-ci lance son fameux appel pour l’arrêt des combats. Les Allemands ne s’arrêtent pas pour autant, eux, et Hitler ordonne la prise de Brest et de Cherbourg, qui tombent dès le 19 juin. Le même jour, les divisions allemandes passent la Loire à la Charité et à Briare (le QG français s’est replié à Vichy), puis atteint Lyon le 20. Parallèlement, les Italiens moins en réussite, se heurtent à l’armée des Alpes qui résiste malgré la faiblesse de ses effectifs. 

Le 21 juin, une délégation française rencontre Hitler à Rethondes dans le wagon où avait été signé l’armistice de 1918. Les Français signent la convention d’armistice le lendemain, puis dès le 24 une autre, avec l’Italie cette fois.

Bibliographie

Mai-juin 1940 : Défaite française, victoire allemagne, sous l'oeil des historiens étrangers de Maurice Vaïsse. Autrement, 2010.

Ils se sont battus mai-juin 1940 de Christophe Dutrône. Toucan, 2010.

La bataille de France jour après jour : Mai-juin 1940 de Dominique Lormier. Le cherche midi, 2010.