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Sur ce tableau de deux mètres sur deux mètres soixante dix, intitulé « Atala au tombeau » ou « Les Funérailles d’Atala », trois personnages sont présents à l’entrée d’une grotte, au coucher du soleil : Chactas, l’amoureux accablé, qui tient serrés les genoux d’Atala la jeune fille qui ne s’est pas donné à lui. Aidé par le père Aubry, ils l’enterrent.

Atala, la jeune indienne convertie au christianisme, est tombée éperdument amoureuse de Chactas. Après avoir fui à travers la forêt, ils rencontrent l’ermite Aubry qui veut les unir. Mais Atala avait promis à sa mère de rester vierge, et malgré son amour pour Chactas, elle met fin à ses jours en s’empoisonnant.

Le peintre Girodet

Anne Louis Girodet de Roussy-Trioson, bien qu’élève de David, s’éloigne de la peinture d’Histoire pour une vision plus sentimentale et adopte la peinture du romantisme. Pour cette œuvre, il s’inspire du roman de Chateaubriand paru en 1801 « Atala ou les amours de deux sauvages dans le désert », se déroulant en Amérique au siècle de Louis XIV. L’histoire d’origine en est différente : l’indien et l’ermite creuse de leurs mains un tombeau pour une pauvre fille. Le roman célèbre la religion catholique, l’innocence des peuples primitifs, l’exotisme : tout se retrouve dans ce tableau. Girodet innove donc avec ce style de peinture, en opposition au style de David.

L’exposition de ce tableau au Salon de 1808 remporte un grand succès, pratiquement l’un des seuls succès de la carrière de Girodet. Acheté par un journaliste opposant à l’Empire, le tableau est apprécié par Chateaubriand et admiré par Baudelaire. Le roman de Châteaubriant fait des émules, dix huit peintures sur Atala seront réalisées en France.

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Atala au tombeau, par Girodet, Musée du Louvre

Le symbolisme

Atala, le personnage principal, semble dormir. Son corps parait léger et non rigide. Sa peau est d’une blancheur éclatante. Revêtue d’un simple drap, portant une croix dans la main, son visage est pourtant irréel pour un cadavre. Elle représente la pureté, la beauté idéale, une sorte de sensualité : tous les ingrédients du romantisme.

Chactas est désespéré, mais courageux et beau comme l’étaient les guerriers de l’époque gréco-romaine. Dans une grotte, au coucher du soleil, symbole de la fin de la vie de la jeune fille, le père Aubry, revêtu d’une robe de bure tient le haut du corps d’Atala. Aidé par Chactas, tous les deux les pieds dans la fosse, ils sont prêts à ensevelir la jeune fille. Sur la paroi de la pierre est gravé « j’ai passé comme la fleur, j’ai séché comme l’herbe des champs ».

Cet amour impossible, romantique, qui allait dominer le 19è siècle, représente le sacrifice passionné, la lutte entre les valeurs spirituelles de la foi et les valeurs sensuelles de l’amour…parce qu’Atala a fait profession de foi et de virginité, mais parce qu’elle aime…elle doit mourir !

Tout dans cette œuvre n’est qu’intériorisation des sentiments, il n’y a pas d’effet de spectacle, mais une très grande douleur muette. Les couleurs, la clarté sur le corps d’Atala rendent ce tableau curieusement très vivant, malgré la mort !

 

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