chevalier bayardPierre Terrail, seigneur de Bayard, surnommé « le chevalier sans peur et sans reproche », se rend célèbre par sa bravoure et son courage durant les guerres d’Italie. Il se distingue si brillamment à Marignan en 1515 que François Ier veut être armé chevalier de ses mains après la bataille. En 1522, malgré des prodiges de valeur, il ne peut empêcher en Lombardie la défaite de La Bicoque. Ayant reçu mission d’assurer la retraite de l’armée française après la défaite de Romagnano, il réussit à lui faire passer la Sesia, mais il est mortellement blessé d’un coup d’arquebuse, le 30 avril 1524.

 

Bayard, chevalier sans peur et sans reproche

Pierre Terrail, seigneur de Bayard, est né au château de Bayard, près de Grenoble, vers 1475. Il est issu d'une famille de chevaliers dont les ancêtres se sont notamment illustrés à Poitiers ou Azincourt. D'abord page à Chambéry auprès du duc de Savoie, il entame une carrière militaire au service du roi Charles VIII et l'accompagne en Italie. Lors de la bataille de Formoue (1495), il se distingue à la tête d'une petite troupe de chevaliers en sauvant in extremis le roi de France. Cet acte de bravoure lui vaut d'être armé chevalier. Dès lors, sa carrière militaire n'est plus qu'une suite d'exploits légendaires.

Sous Louis XII, il prend part à la conquête du Milanais et s’illustre une fois de plus au pont du Garigliano, en 1503. Sa défense héroïque, seul contre 200 Espagnols, pour assurer la retraite française, lui vaut une renommée universelle. Ce haut fait d'armes, aussi célèbre que ses victoires à Gênes (1507), à Agnadel (1509) ou à Brescia (1512), lui vaut d’être surnommé « le chevalier sans peur et sans reproches ». En 1513 il est en Artois envahi par les Anglais et il est fait prisonnier à Guinegatte (journée des Éperons). Le roi Henri VIII qui lui propose d'entrer à son service. Refus de Bayard : par respect, il est remis en liberté. Peu de temps après, il est nommé lieutenant général du Dauphiné.

Aux cotés de François Ier en Italie

marignanIl participe ensuite à l’expédition militaire du roi François Ier, qui franchit les Alpes à l'été 1515 et affronte les Suisses à la bataille de Marignan, les 13 et 14 septembre suivants. Bayard contribue de manière décisive à cette bataille victorieuse. Au soir du combat, triomphant, François Ier rend hommage à la chevalerie française en étant lui-même fait chevalier par Bayard, qu'il estime être celui qui semble incarner à lui seul les valeurs chevaleresques, étant un modèle de vertu, de courage et d'honneur militaire. Bayard poursuit ses hauts faits militaires en contraignant l’empereur Charles Quint à lever le siège de Mézières, en 1521.

Au printemps 1524, au siège de Rebec, près de Milan, contre l'armée espagnole, une pierre d'arquebuse lui brise la colonne vertébrale. On le transporte sous un arbre, la face vers l'ennemi, à sa demande. Le connétable de Bourbon, passé dans le camp espagnol après la confiscation d'une partie de ses biens par François Ier, vient le voir et lui dit qu’il éprouve de la pitié pour lui. Bayard lui fait cette réponse pleine d'un ultime panache : «Monsieur, il n'y a point de pitié en moi car je meurs en homme de bien. Mais j'ai pitié de vous, de vous voir servir contre votre prince, et votre patrie, et votre serment. »

Mortellement blessé, le chevalier Bayard rend son dernier soupir sur les bords de la Sesia, le 30 avril 1524, à 49 ans. Archétype du chevalier chrétien fidèle à son pays, il entre alors dans la légende…

Bibliographie

Le Chevalier Bayard, de Jean-Michel Dasque. Ellipses, 2018.

Histoire de Pierre Terrail, Dit Le Chevalier Bayard, Sans Peur Et Sans Reproche... de Guyard De Berville. Nabu, 2014.