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 sainte sophie basiliqueAvec sa capitale Constantinople, l’Empire byzantin était le descendant direct de l’Empire romain d’Orient. Au Ve siècle, son territoire englobait tous les territoires situés à l’est de la méditerranée, de la Grèce à l’Égypte. Se rétrécissant peu à peu sous le coup des invasions arabes et slaves, il dura mille ans, jusqu’à la prise de Constantinople par les Turcs en 1453.

 

L’empire romain survit en orient

En 324, Constantin le Grand (306-337) choisit Byzance, un port grec situé sur la rive gauche du Bosphore, le mince détroit sépa­rant la Turquie de l’Europe, pour en faire la nouvelle capitale de l’Orient. Il rebaptisa la ville Constantinople. Les échanges entre la mer Noire et la mer Méditerranée étant excellents, le commerce connut une grande expansion et la ville se développa rapide­ment. Elle était entourée par la mer; et soli­dement défendue vers l'intérieur par un mur fortifié qui fut construit au v siècle.

empereur justinienL’empire d’Orient, plus riche et plus peu­plé que celui d’Occident, disposait davantage de ressources pour résister aux invasions germaniques. Justinien (527- 565) réussit même à reconquérir des territoires perdus, en Afrique du Nord, en Italie et dans le sud de l’Espagne. A la fin du VI siècle, les attaques des Slaves et des Avars vivant au nord du Danube, affaiblirent l’empire. En Orient, les Perses sassanides occupèrent la Syrie, la Palestine et l’Égypte, avant d’être battus en 627 par l’empereur Héraclius (610-641). Il sauva l’Empire et introduisit des réformes dont le pays avait besoin.

Un empire gréco-romain

carte empire byzantin justinienOn considère que le règne d’ Héraclius marque le début de l’Empire byzantin. Comme la plupart des personnes vivant en Orient parlaient grec, Héradius remplaça le latin, langue officielle du gouvernement, par le grec. Les empereurs byzantins continuèrent pourtant à se dire romains. La réforme la plus importante de Héraclius consista à introduire un système de districts militaires, appelés thèmes. Les soldats s’établissaient sur des terres qu’ils cultivaient en paysans libres et dont ils tiraient leur subsistance, payant des impôts à l’État. En temps de guerre, les soldats de chaque thème formaient une seule unité militaire. Ce système améliora la défense de l’Empire, en lui fournissant une réserve fiable de soldats rapidement mobilisables.

En 633, avant même d’avoir eu le temps de se redresser après la guerre avec la Perse, l’Empire byzantin fut assailli par de nou­veaux ennemis, les Arabes musulmans. Ils occupèrent la Syrie et, après la victoire du fleuve Yarmouk (636), poursuivirent leur chemin pour conquérir la Palestine, l’Égypte et une grande partie de l’Afrique du Nord. Vers l’an 679, les Bulgares traversèrent le Danube pour fonder en territoire byzantin un État indépendant qui allait donner son nom à l’actuelle Bulgarie.

Grâce aux réformes d' Héraclius, l’empire put survivre et reconstituer sa force militaire malgré ces pertes territoriales. En 1014, Basile II (976-1025), dit “le tueur de Bulgares”, battit les Bulgares à Balathista, repous­sant à nouveau les frontières jusqu’au fleuve du Danube. Byzance était alors la plus grande puissance du Moyen-Orient et d’Europe.

Dans le courant du XIe siècle, les Turcs seldjoukides d’Asie centrale conquirent une grande partie de l'Empire arabe. En 1071, ils écrasèrent les Byzantins lors de la bataille de Manzikert. L’occupation de l’Anatolie par les Seldjoukides porta un coup terrible aux Byzantins. Byzance avait cessé d’exister en tant que grande puissance. Au lende­main de ce désastre, l’empereur Alexis Ier Comnène (1081-1118) fit appel à l’Occident pour l’aider à récupérer ses terri­toires perdus. Le pape Urbain II répondit en exhortant les fidèles chrétiens d’Occident à partir en croisade pour délivrer la Terre sainte de la domination musulmane.

Byzance dans le tumulte des croisades

croisades byzanceL’intervention d’Urbain était surprenante. Pendant des siècles, les Églises catholique et orthodoxe s’étaient éloignées lune de l’au­tre. La méfiance s’était muée en une franche hostilité alors que les deux Églises rivali­saient d’influence en Europe de l’Est : des missionnaires de Constantinople avaient converti les Slaves des Balkans, les Bulgares et les Russes à la foi orthodoxe, tandis que la Hongrie et la Pologne étaient devenues catholiques. En 1054, le désaccord devint permanent après que le pape et le patriarche s’excommunièrent mutuellement. Les empereurs byzantins considéraient qu’ils étaient les souverains légitimes des terri­toires de l’ancien Empire romain d’Occident. L’Italie du Sud et la Sicile demeurèrent dans la sphère d’influence byzantine, mais c’est l’endroit que des aventuriers nor­mands choisirent pour établir un royaume indépendant, à la fin du XIe siècle.

L’appel d’Urbain à la première croisade provoqua la ferveur spirituelle des membres de l’Église d’Occident. Des milliers de chevaliers entreprirent le long voyage vers la Terre sainte, et en 1099 Jérus­alem fut prise. Puis les rapports entre Byzance et l’Occident se détériorèrent, car après quelques conquêtes en Anatolie, les Byzantins refusèrent de suivre l’armée des croisés en Palestine. En Occident, nombre de croisés furent alors persuadés que leurs alliés grecs n’avaient rien de chrétien. Refusant de restituer aux Byzantins les terri­toires qu’ils avaient pris aux Seldjoukides, en Syrie et en Palestine, ils y établirent leurs propres Etats indépendants. Les ports ita­liens de Gênes et de \Venise dépossédèrent les Byzantins du contrôle du commerce en mer Méditerranée.

D’autres croisades furent entreprissent pour défendre la Terre sainte contre les attaques musulmanes. Après la défaite de Hattin en 1187, les croisés perdirent beaucoup de territoires, y compris la ville de Jérusalem. En 1204, la quatrième croisade, en manque de fonds pour une campagne en Orient, s’arrêtèrent à Constantinople. Les croisés mirent la ville à sac et fondèrent un Empire latin en Grèce et dans les Balkans. Les byzantins ne purent reconquérir leur capitale et une partie d eleur empire avant 1261. Trente ans plus tard, les Turcs détruisirent le dernier des États croisés en Palestine.

Affaibli par les guerres, l’Empire byzantin ne se releva jamais. Les Turcs prirent le contrô­le de l’Anatolie au XIVe siècle, et réduisirent l’empire à une zone autour de Constanti­nople. En 1453, ils prirent la ville, marquant la fin de l’Empire romain en Orient.

L’héritage byzantyin

notre dame de vladimir 12e s. Malgré son effondrement, l’Empire byzantin laissait un bel héritage. Alors que l’Europe occidentale était tombée dans un déclin intellectuel, il avait continué à observer les traditions culturelles de la fin de l’époque romaine. L’art, la musique, la littérature et l’architecture étaient en plein essor Les mosaïques qui décoraient ses églises étaient remarquables pour leurs couleurs éclatantes.l’histoire raconte que Vladimir de Kiev décida d’embrasser la foi orthodoxe après que son ambassadeur lui eut déclaré qu’aucune autre religion ne pourrait susciter une basilique aussi belle que celle de Sainte-Sophie.

L’influence de la culture byzantine se répandit plus largement grâce aux missionnaires grecs qui convertirent les Slaves. L’alphabet cyrillique, mis au point par deux frères, saint Cyrille et saint Méthode, est à la base de l’alphabet russe et d’autres alphabets slaves. Après la chute de Constantinople, le grand-prince russe Ivan III (1462-1505) adopta en guise d’emblème l’aigle à deux têtes byzantin en 1472... 

Bibliographie

- Les Byzantins, d'andré Ducellier. Ponts Histoire, 1988.

- Histoire de Byzance, de John Julius Norwich. Tempus, 2002.

- Byzance - L'Empire romain d'Orient, de Jean-Claude Cheynet. Colin, 2015.