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maroc_protectoratC'est le 2 mars 1956 que le Maroc alors protectorat de la France depuis 1912 redevient pleinement souverain et indépendant. Les rapports du sultanat Alaouite avec la France, ont toujours été d'une grande complexité. Contrairement à l'Algérie, le Maroc n'a pas eu vocation à devenir une colonie de peuplement, et sa gestion par Paris reste largement influencée par son premier "résident général" Hubert Lyautey, devenu maréchal de France en 1921.

 

Le protectorat français au Maroc

Dès le XIXe siècle, le royaume chérifien du Maroc suscite la convoitise des puissances européennes, en particulier de l'Allemagne, de l'Espagne et de la France. C'est cette dernière qui s'impose finalement et qui établit en mars 1912 un protectorat sur le Maroc, y exerçant le pouvoir civil et militaire, tout en maintenant le sultan sur son trône. Nommé résident général du Maroc en 1912, le général Lyautey a participé activement à la colonisation française du Maroc. Grâce au soutien des chefs traditionnels, il est parvenu à mettre en place une politique pacifiste de mise en valeur du patrimoine et des infrastructures de la colonie.

lyautey marocLe protectorat doit faire face à une violente insurrection menée de 1921 à 1926 par Abd el-Krim. C'est le maréchal Pétain qui est chargé de la réduire, à la tête d'une armée de 100.000 hommes. Il faudra une dizaine d'année pour pacifier le Rif et l'Atlas. La France cherche alors à renforcer son contrôle sur le Maroc, suscitant l'émergence des premiers mouvements nationalistes marocains, encouragés par la défaite française de 1940. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, le sultan Mohammed Ben Youssef revendique l’indépendance du Maroc. Contrairement à la Tunisie, où l'influence du Bey sur les mouvements nationalistes est relativement faible, les monarques marocains et notamment le futur Mohamed V, sont très impliqués dans le combat pour l'émancipation du pays. Le jeu politique marocain est encore compliqué par l'influence des tribus, qui se révolteront à plusieurs reprises contre les présences espagnoles et françaises.

Vers l'indépendance du Maroc

À l'issue de la Seconde Guerre mondiale, la poussée nationaliste se fit plus pressante. Le sultan Mohammed Ben Youssef profita de la célébration du vingt-cinquième anniversaire de son accession au trône pour revendiquer l'indépendance du Maroc. Il manifesta sa volonté de résistance en refusant de signer un certain nombre de dahirs (textes de loi) alors que le poids de l'administration, placée sous l'autorité du général Juin, se faisait de plus en plus sentir. Les autorités françaises, en accord avec Hadj Thami el Glaoui, beau-frère du sultan et pacha de Marrakech, considéré comme l'un des plus puissants «féodaux» de l'époque, organisèrent, à l'issue d'un complot fomenté à Marrakech, un semblant de rébellion qui conduisit à la destitution du sultan en août 1953.

Celui-ci, exilé, fut remplacé à ce poste par une personnalité sans relief et âgée, Ibn Arafa. L'activisme nationaliste des «autorités» en place se doublait alors de celui de nouvelles formations, au premier rang desquelles l'Istiqlal. Cependant, la France, qui était engagée dans la guerre d'Algérie, devait également faire face à la révolte nationaliste en Tunisie et sortait à peine de la guerre en Indochine. Elle décida alors de s'orienter vers une solution politique : le sultan, dont l'exil n'avait fait que conforter la légitimité et grandir le prestige international, fut rappelé au Maroc. Revenu dans son pays, il fut reçu et acclamé par une foule de plus d'un million et demi de personnes. Le gouvernement d'Edgar Faure négocia les modalités de la déclaration de La-Celle-Saint-Cloud (novembre 1955), qui déboucha sur la fin du protectorat français le 2 mars 1956.

Pour aller plus loin

Le protectorat français au Maroc: Un nouveau regard, de Mohammed Germouni. l'Harmattan, 2015.

Lyautey et l'institution du protectorat français au Maroc, 1912-1925, de Daniel Rivet. Editions L'Harmattan, 1988.