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plaines abrahamLa guerre de Sept Ans (1756-1763) est un conflit qui a opposé la Prusse, la Grande-Bretagne et le Hanovre, à une coalition rassemblant l’Autriche, la Saxe, la France, la Russie, la Suède et l’Espagne. La France, qui s’était battue «pour le roi de Prusse» durant la Guerre de la Succession d'Autriche, achevée en 1748, reprend les armes contre l'Angleterre, grande puissance maritime. Cette première " guerre mondiale" qui se déroule en Europe et sur toutes les mers du globe, depuis les Antilles jusqu'aux Indes, débute par les succès de Montcalm au Canada avant de tourner au fiasco. A l’issue de ce conflit, la France de Louis XV perdra la quasi-totalité de son premier empire colonial.

La Guerre de Sept Ans, premier conflit à l'échelle mondiale

La paix instauré à l'issue de la Guerre de Succession d'Autriche avait laissé tous les belligérants sur leur faim. L'Autriche rêve de revanche sur la Prusse et de lui reprendre la Silésie. La France, qui n'avait tiré aucun bénéfice de ce conflit, est toujours sous la pression de l'Angleterre dans ses colonies. Face à cette menace, Choiseul, un des rares en France à avoir une vision mondiale des enjeux diplomatiques pousse la France à un renversement des alliances, et à un rapprochement avec l'Autriche. A Londres, le pendant anglais de Choiseul, William Pitt, soutient une politique d'expansion coloniale agressive et défend une position intransigeante vis à vis de la France.

Bataille de ZorndorfLes rivalités coloniales entre la France et l'Angleterre sont tel­les que, en 1755, les Anglais arraisonnent plusieurs centaines de bateaux de commerce français et s'allient en 1756 à la Prusse de Frédéric II, alors que Louis XV signe la même année avec Marie-Thérèse d'Autriche le traité de Versailles. C'est le début de la Guerre de Sept Ans qui va se dérouler sur deux fronts : en Allemagne et outre-mer. 

En Europe, la Prusse l'emporte

En Europe, Frédéric le Grand prit l’offensive dès août 1756, envahit la Saxe (octobre 1756) et la Bohême (printemps 1757), mais fut battu par Daun à Kolin (18 juin 1757) et dut évacuer la Bohême, tandis que les Russes envahissaient la Prusse-Orientale. Cependant, le roi de Prusse remporta trois grandes victoires : sur les Français à Rossbach (5 novembre 1757), sur les Autrichiens à Leuthen (5 décembre 1757) et sur les Russes à Zomdorf (25 août 1758).

Accablé par la supériorité numérique de ses adversaires, Frédéric fut cependant battu par les Austro-Russes à Kunersdorf (12 août 1759) et, malgré sa victoire de Torgau (3 novembre 1760), il se trouvait dans une situation presque désespérée lorsqu’il fut sauvé par la mort de la tsarine Elisabeth, début1762: le nouveau tsar, Pierre III, d’origine allemande et grand admirateur de Frédéric II, se hâta de signer la paix avec la Prusse (5 mai 1762), et la Suède imita son exemple. Par sa victoire de Burkersdorf (21 juillet), Frédéric réussit à reconquérir presque entièrement la Silésie.

Vers la victoire anglaise outremer

Sur mer et dans les colonies, la guerre avait commencé fâcheusement pour les Anglais (occupation de Port-Mahon, aux Baléares, par le duc de Richelieu, 1756). Mais à partir de 1757, l’Angleterre, sous la conduite du premier Pitt, connut un puissant sursaut national. La France s'enlise alors dans un conflit qui se déroule fort mal. Les trou­pes françaises essuient défaite sur défaite : après avoir repris Minorque envahie par les Français, la flotte anglaise coupe la France de ses colonies. Au Canada, Montcalm, après avoir connu quelques succès, perd la vallée de Saint-Laurent, puis Québec, et se fait tuer à la bataille d'Abraham (1759) ; Montréal capitule (1760). Les Britanniques sont maîtres de tout le Canada français. 

chute de .quebec

Aux Indes, Dupleix, gouverneur de Chandernagor, a consolidé auparavant les positions françaises auprès des princes locaux en échangeant une protection militaire entre des privilèges commerciaux accordés à la Compagnie des lies. Il combat d'abord efficacement les Anglais, la flotte de La Bourdonnais réussissant à s'emparer de Madras en 1746 ; mais Dupleix est rappelé en 1754, et les troupes françaises commandées par Thomas Lally, baron de Tollendal, en difficulté, sont contraintes de capituler à Pondichéry (1762).

Cependant, le duc de Choiseul, chef de la politique étrangère française, réussit à faire entrer l’Espagne dans la coalition en concluant le pacte de Famille des Bourbons, et l’Angleterre, inquiète, préféra ne pas pousser plus loin ses avantages.

Fin de la Guerre de Sept ans : le traité de Paris

Il faut se résigner à la négociation. Par le traité de Paris (février 1763), la France laisse à l'Angleterre ses colonies en Amérique du nord ( Canada, une partie de la Louisiane) et des Antilles, ses possessions au Sénégal, et dédommage l'Espagne en lui cédant le reste de la Louisiane. La France garde la Martinique, la Guadeloupe et Saint-Domingue, mais ne conserve aux Indes que cinq comptoirs sans défense (Pondichéry, Chandernagor, Karikal, Mahé et Yanaon). Les Anglais ont désormais les mains libres.

Curieusement, la perte du premier empire colonial qui assurait notamment la prospérité des ports atlantiques (Bordeaux, La Rochelle, Nantes) laisse indifférente la grande majorité des élites françaises du XVIIIe siècle. Voltaire, bien mal inspiré, évoquera ainsi avec mépris les « quelques arpents de neige » (en parlant du Canada perdu). C'est pourtant l'issue de cette guerre qui va permettre à la thalassocratie britannique d'asseoir solidement et pour longtemps sa domination économique et politique sur le monde.

Le 15 février fut signé en Saxe le traité de Hubertsburg. Cet accord confirmait la mainmise de la Prusse sur la Silésie et la confirmait dans son rôle de grande puissance en Europe.

Bibliographie

La Guerre de Sept Ans : Histoire navale, politique et diplomatique, de Jonathan R. Dull, Jean-Yves Guioma. Les Perséides, 2009.

La guerre de Sept Ans en Nouvelle-France, de Laurent Veyssière et Bertrand Fonck. Pups, 2011.

La Guerre de Sept Ans (1756-1763), le premier conflit mondial. Mensuel Guerres & Histoire, octobre 2014