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oeil_bresilPlus grand pays d’Amérique du Sud, le Brésil est au delà des clichés un pays riche d’une histoire fortement influencée par la colonisation portugaise.  Disposant d’importantes ressources naturelles, le Brésil a connu une forte croissance économique au siècle précédent comme un accroissement des inégalités sociales.  L’organisation des jeux olympiques en 2016 devait consacer l’émergence de ce pays sur la scène mondiale, ternie depuis par une grave crise politique et environnementale.

 

 

Le Brésil, colonie portugaise

carte_bresilLe navigateur espagnol Pinzón fut le premier explorateur européen à atteindre le Brésil. Après sa traversée transatlantique, il toucha terre près du site de l’actuelle Recife, le 26 janvier 1500. Cependant, en vertu des décisions du traité de Tordesillas (1494), qui modifiait la ligne de partage instaurée en 1493 par le pape Alexandre VI pour délimiter les empires portugais et espagnol, le nouveau territoire fut attribué au Portugal. En avril 1500, le navigateur portugais Pedro Álvares Cabral atteignit lui aussi les côtes brésiliennes. Il proclama officiellement la région possession du Portugal. Le territoire fut nommé Terra da Vera Cruz (en portugais, «Terre de la Vraie Croix»). En 1501, le navigateur italien Amerigo Vespucci mena une expédition sur ce nouveau territoire à l’instigation du gouvernement portugais. Au cours de ses explorations, Vespucci reconnut et baptisa nombre de caps et de baies, dont celle de Rio de Janeiro. Il revint au Portugal avec du brésillet (bois de Pernambouc qui fournit une teinture rouge). La Terra da Vera Cruz prit, à partir de cette date, le nom de Brésil.

En 1530, le roi du Portugal, Jean III le Pieux, entreprit un programme de colonisation systématique du Brésil. Recourant à l’esclavage, les portugais assirent leur richesse sur la culture de la canne à sucre et l’extraction d’or et de diamants. La France, intéressée par ce nouveau territoire, tenta de s’en emparer. Les fréquentes incursions françaises et la menace qu’elles constituaient pour cette possession de la Couronne portugaise incitèrent finalement le roi Jean à placer le Brésil sous l’autorité d’un gouverneur général. Le premier, Thomé de Souza, arrivé au Brésil en 1549, mit sur pied un gouvernement central dont la capitale fut fixée dans la nouvelle cité de Salvador de Bahia. Il réforma complètement l’administration et la justice. Pour protéger le pays de la menace française, il établit un système de défense côtière. L’importation de nombreux esclaves africains permit de pallier la pénurie de main-d’œuvre locale. C’est durant cette période, en 1554 exactement, que fut fondée au sud du pays la ville de São Paulo.

Un objet de convoitise

L’année suivante, en 1555, les Français, sous la conduite de Nicolas Durand de Villegagnon tentèrent de s’installer en établissant une colonie sur les rives de la baie de Rio de Janeiro. En 1560, les Portugais détruisirent cette colonie et créèrent, en 1567, la cité de Rio de Janeiro. Les français chassés, le Brésil devra résister encore à de fréquentes agressions anglaises et hollandaises jusqu’au milieu du XVIIe siècle.

En 1580, Philippe II, roi d’Espagne, hérite de la couronne du Portugal. Cette période d’union des deux royaumes, jusqu’en 1640, est marquée par de fréquentes agressions anglaises et hollandaises contre le Brésil. Ainsi, en 1624, une flotte hollandaise s’empare de Bahia. Mais l’année suivante, la ville est reprise par une armée composée d’Espagnols, de Portugais et d’Indiens. Les Hollandais reprennent leurs attaques en 1630. À cette occasion, une expédition subventionnée par la Compagnie hollandaise des Indes occidentales prend Pernambuco, l’actuelle Recife, et Olinda. Les territoires compris entre l’île de Maranhão et la zone en aval du São Francisco tombent ainsi aux mains des Hollandais. Sous la compétente autorité de Jean-Maurice de Nassau-Siegen, la partie du Brésil occupée par les Hollandais prospère durant plusieurs années. Mais en 1644, Nassau-Siegen démissionne pour protester contre l’exploitation menée par la Compagnie hollandaise des Indes occidentales. Peu après son départ, les colons portugais, soutenus par le Portugal, redevenu indépendant de l’Espagne en 1640, se rebellent contre le pouvoir hollandais. En 1654, au bout de dix années de luttes, les Pays-Bas capitulent et, en 1661, ils renoncent officiellement à leurs revendications territoriales sur le Brésil.

L’expansion portugaise au Brésil se poursuit néanmoins vers l’intérieur des terres, conduite en autres par des missionnaires jésuites, qui progressent en Amazonie et y établissent des missions. Sous le règne du roi Joseph Ier du Portugal, le Brésil connut de nombreuses réformes à l’instigation du marquis de Pombal, secrétaire aux Affaires étrangères et à la Guerre puis Premier ministre. Les esclaves indiens furent affranchis, l’immigration encouragée et les impôts réduits. Pombal atténua le poids du monopole royal sur le commerce international de la vice-royauté, centralisa l’appareil gouvernemental brésilien dont le siège fut transféré de Bahia à Rio de Janeiro en 1763. Trois ans auparavant, en 1760, à l’exemple de ce qu’il avait déjà fait en 1759 au Portugal, Pombal expulsa les jésuites du Brésil. La raison officielle fut le mécontentement populaire suscité par l’influence jésuite chez les Indiens et leur poids grandissant dans l’économie.

Vers l'indépendance

Les guerres napoléoniennes infléchirent profondément le cours de l’histoire brésilienne. En 1807, Napoléon envahit la péninsule ibérique, contraignant la monarchie portugaise à s’installer au Brésil. Des réformes furent mises en œuvre, dont la suppression des restrictions commerciales, l’instauration de mesures en faveur de l’agriculture et de l’industrie, et la création d’établissements d’enseignement supérieur. Néanmoins, la corruption et l’incompétence affectaient le gouvernement royal, qui perdit rapidement du crédit auprès d’une population gagnée par les idées de la Révolution Française.

commerce esclaves bresilEn 1822, le régent du Portugal Dom Pedro rompt avec la métropole en convoquant une assemblée constituante et en proclamant l’indépendance du Brésil, dont il devient empereur sous le nom de Pierre Ier. le Brésil est alors soumis à l’autorité d’un régime marqué par de fréquents soulèvements et révoltes en province. Vers la fin de cette décennie se développe un mouvement populaire en faveur du jeune Pierre II, destiné à le mettre effectivement à la tête du gouvernement. Pierre Il se révéla un des monarques les plus compétents de son époque. Sous son règne, qui dura près d’un demi-siècle, les croissances économique et démographique du pays furent exceptionnelles. La production nationale fut multipliée par dix et le pays commença à se doter d’un réseau ferroviaire. Pierre II doit cependant affronter l’hostilité d’une partie du clergé envers sa politique ainsi que l’infidélité cachée de nombreux officiers et la montée du sentiment républicain dans l’opinion publique.

Le Brésil, entre croissance et coups d’état

Le Brésil devient un état fédéral avec la révolution de 1888, provoquée par l’hostilité des grands propriétaires à la décision de l’empereur Pierre II d’abolir l’esclavage. Longtemps contrôlé par cette l’oligarchie de « Corronels », dont la culture du café assure la puissance, le pays est affecté par la crise économique des années 30, qui favorise l’élection de Getulio Vargas. Vargas entreprit dans un premier temps de nombreuses réformes, notamment le droit de vote des femmes, la sécurité sociale pour les travailleurs et l’élection du président par le Congrès, avant de céder à la tentation autoritaire, instaurant un régime fortement inspiré du fascisme, l’Estado Novo. Les partis politiques furent interdits, la presse et la correspondance furent soumises à une étroite censure. Pendant la seconde guerre mondiale, le Brésil se range néanmoins du coté des alliés. Sa contribution au conflit fut avant tout économique : un vaste programme d’expansion industrielle permit d’augmenter la production de caoutchouc et des autres matériels de guerre vitaux.

Brasilia1Après la seconde guerre mondiale, le Brésil connaît une longue période d’instabilité politique, rythmée par les coups d’état militaires. La politique moderniste du président De Oliveria (1956-1960) permet la mise en valeur de l’intérieur du pays autour d’une nouvelle capitale, Brasilia. Les projets de réforme agraire de son successeur, le président Goulart, suscitent l’opposition de l’armée, qui prend le pouvoir, instaurant l’état d’exception en 1964. L’incapacité des régimes militaires successifs à enrayer la dégradation de l’économie provoque le retour au régime civil, avec l’élection du président José Sarney en 1985, dont la lutte contre l’inflation est toutefois un échec. La destitution en 1992 pour corruption de son successeur, Fernando Collor de Mello, propriétaire de la principale chaine de télévision brésilienne, remplacé par Itamar Franco puis par Fernando Henrique Cardoso (1994), et le vote en faveur du système républicain au référendum de 1993 prouvent la maturité politique d’un pays encore confronté au poids de sa dette extérieure et à la permanence des inégalités sociales.

C’est dans contexte qu’à été porté au pouvoir en 2002 le premier président socialiste du Brésil, Lula da Silva, figure emblématique de la gauche syndicale brésilienne. Sa victoire suscite en effet de grands espoirs de changement au sein de la population. Contraint de mener une politique de stabilité économique afin de satisfaire les milieux financiers, tout en s’efforçant de répondre aux attentes sociales de la population, Lula propose un « pacte social » visant à réunir tous les acteurs de la société et à aboutir à un consensus sur les réformes à mener, notamment la réforme fiscale et la réforme agraire. Dilma Rousseff, qui a succedé à Lulla, est confrontée à une explosion de la criminalité et des soupsçons de corruption.  Sa destitution en 2016 au terme d'une procédure controversée ouvre la voie à l'élection en 2018 de Jair Bolsonaro, un populiste classé à l'extrême-droite et nostalgique de la dictature militaire...

Bibliographie

- Histoire du Brésil, 1500-2000 de Bartolomé Bennassar. Fayard, 2000.

- Brésil : Histoire, société, culture de Lamia Oualalou. La Découverte, 2009.