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La Ville de Lyon à lépoque romaineLyon, future capitale des Gaules a probablement été fondée par un légat romain de César, Lucius Munatius Plancus, gouverneur de la Gaule chevelue, le 9 octobre 43 avant JC sur la colline de Fourvière. La ville s'appelle alors Lugdunum ce qui signifie Colline de la Lumière (la colline étant orientée à l'Est, du côté du soleil levant). La cité est positionnée au carrefour des grandes voies romaines de l'Occident, à la croisée du Rhône et de la Saône. C'est à Lyon que fut fondée au IIe siècle la première Église chrétienne de la Gaule, et la ville deviendra un foyer de persécutions contre les chrétiens.

 

La Capitale des Gaules

La création d'une colonie romaine s'accompagne d'une déduction, qui consiste à installer dans la nouvelle ville un contingent de citoyens romains (en général des vétérans de la légion). On retrouve, à ce titre, de nombreux objets militaires dans les strates- remontant à la fondation de Lugdunum. Très vite, notamment en raison de sa position géographique, la ville se développe sur la presqu'île et les pentes de la Croix Rousse. L'agrandissement de la cité permet aux autorités d'ériger un forum, un théâtre, le temple de Cybèle, l'Odéon, des ateliers monétaires, une caserne, des termes ou encore quatre aqueducs qui approvisionnent la cité en eau pure.

Le Théâtre Gallo-Romain de Fourvière  - ville de LyonLugdunum devient rapidement et surtout grâce à la volonté impériale, la capitale des Trois Gaules avec des fonctions politiques, militaires, économiques et religieuses mais elle est également une ville d'art dont les artistes sont réputés dans tout l'Empire Romain. L'importance de la ville est également due au général romain Agrippa qui choisit Lyon comme le point central du réseau routier qu'il organise en Gaule, ce qui lui permet de devenir le chef-lieu de la province. Mais l'apogée de la cité se trouve sous le règne d'Auguste qui choisit d'organiser le culte impérial à Lugdunum (notamment par la création d'un autel sur les pentes de la Croix Rousse en 12 avant J-C) ce qui confère au légat de la ville un pouvoir supérieur à celui des autres provinces et fait de Lyon la Capitale des Gaules.

Lugdunum, berceau du Christianisme

A Lugdunum, la religion est présente dans tous les moments de la vie publique et privée. Les inscriptions et les sépultures retrouvées montrent la coexistence de trois groupes : les divinités gauloises, qui conservent parfois leurs noms celtes mais qui sont souvent assimilées à une divinité romaine proche ; les déesses et les dieux gréco-romains, dont le nom est assorti de qualificatifs ; enfin, les divinités étrangères importées à Rome d'Egypte, d'Asie Mineure ou d'Iran. Mais la ville devient progressivement le berceau du christianisme en Gaule. En effet, depuis le IIe siècle, un autre pouvoir est en train de naître et s'installe progressivement dans la cité, celui de l'Eglise chrétienne. Des lieux de culte vont apparaître ainsi que les sépultures des premiers chrétiens et martyrs.

Sainte Blandine Peinture anonyme de la fin du xixe siècleEn 177, l'exécution de 48 martyrs lyonnais, dont Sainte Blandine et Pothin, le premier évêque des Gaules, nous permet de voir que cette religion est déjà largement répandue et controversée. L'évêque Irénée qui succède à l'évêque Pothin est également l'un des théologiens les plus connus des premiers temps chrétiens. Le développement du christianisme s'affirme après l'Edit de Milan en 313, sous l'empereur Constantin. Il permet l'apparition d'édifices de cultes dès le IVe et le Ve siècle, notamment le groupe cathédral et le baptistère au bord de la Saône, et plusieurs basiliques funéraires construites autour de tombeaux de personnages vénérés sur la colline de Fourvière (comme Saint Just). L'adoption du christianisme ne modifie cependant pas le cadre matériel et le mode de vie à la romaine qui va se maintenir à Lugdunum au moins jusqu'au VIIe siècle.

La fin de la puissance lyonnaise

La cité va avoir une forte influence politique et religieuse pendant environ trois siècles. Grand centre de commerce et d'affaires, elle est un passage obligé pour les marchands mais est également un grand centre d'artisanat dont les productions sont réputées dans tout l'empire. La ville ne survit toutefois pas à la décadence romaine et va traverser une longue période de bouleversements. Lugdunum est, en effet, à plusieurs reprises en proie aux flammes pour n'avoir pas choisi le bon camp dans la lutte des pouvoirs entre les généraux romains. A la fin du IIIe siècle, le déclin de la puissance romaine expose Lugdunum aux violences des invasions Barbares, notamment celles des Burgondes en 470-474, qui chassent les habitants de la ville haute. L'activité de la ville se déplace alors au pied de la colline, autour du groupe épiscopal, nouveau centre du pouvoir.

Place AmpèreAujourd'hui encore, les restes de la période romaine sont visibles, notamment sur la colline de Fourvière. Vous pouvez ainsi visiter l'amphithéâtre des trois gaules et les restes du forum romain et découvrir au Musée Gallo-Romain de Fourvière les restes de cette civilisation antique. Les cathédrales Saint Georges et Saint Jean, le Vieux Lyon et la presqu'île offrent quant à eux des témoignages remarquables du Moyen Age et de la Renaissance.

Pour aller plus loin...

- Quand Lyon s'appellait Lugdunum, d'André Pelletier. Editions Lyonnaises d'Art et d'Histoire, 2016.

- La Gaule romaine, de Fustel de Coulanges. De Fallois, 1994.

- Jean-Claude Decourt et Gérard Lucas, Lyon dans les textes grecs et latins - La Géographie et l'histoire de Lugdunum de la fondation de la colonie, 43 avant J.-C.à l''occupation burgonde, 460 après J.-C , Maison de l'Orient et de la Méditerranée, Lyon, 1998

- Musée Gallo-Romain de Fourvière