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verlainePaul Verlaine (1844-1896) reste au panthéon des poètes français du XIXe, comme l’un des plus remarquables tant par son œuvre empreinte de musicalité, que par son destin marqué du sceau de la passion et de la tragédie. Son existence sera durablement marquée par sa rencontre avec Rimbaud, avec qui il entrentiendra une relation sulfureuse et alcolisée. Son oeuvre exprimera le dualisme d'une existence faite de la recherche d'un bonheur tranquille et d'une fuite dans les plaisirs morbides.

 

 

Verlaine avant Rimbaud

Né à Metz le 30 mars 1844, Verlaine est le fils unique de bourgeois aisés. Ses parents et notamment son père officier, l’élèvent dans la tradition catholique. Le jeune Paul se découvre tôt ses attirances homosexuelles, un temps reléguées eu second plan par son amour pour Élisa Moncomble, sa cousine de huit-ans son ainée, que les parents de Paul élèvent.

Paul Verlaine jeuneAprès son baccalauréat, Verlaine devient un modeste employé à la Ville de Paris, une existence dont il comble le vide, par son activité artistique. Ecrivant des poèmes depuis le lycée, dés 1865 il fréquente des poètes tels que Théodore de Banville et François Coppée, et est un fervent admirateur de Charles Baudelaire. Il contribue en 1866 au premier Parnasse Contemporain, un ouvrage collectifs de poésies.

Bien que son œuvre témoigne de l’influence de la poésie parnassienne, Verlaine y fait déjà preuve d’une recherche formelle et musicale toute personnelle, alliant à des vers au nombre de syllabes impair une versification moins riche, plus libre, que celle pratiquée alors. Il fait encore preuve d’originalité en mêlant habilement la description d’un monde extérieur pittoresque et léger (comme dans les Fêtes Galantes) et celle d’un ressenti individuel bien plus mélancolique, faisant écho aux thèmes baudelairiens.

Verlaine et Rimbaud, les poètes maudits

En 1869, Verlaine tombe amoureux de Mathilde Mauté, jeune bourgeoise de seize ans à qui il dédie plusieurs poèmes : Les fêtes galantes, pleines d'un charme mélancolique et trahissant son besoin de pureté. 1870 voit le couple marié. Leur bonheur sera cependant de courte durée. Verlaine paie tout d’abord son engagement communard et perd son emploi à la mairie. Peu après, il reçoit une lettre d’un jeune inconnu qui admire sa poésie et lui présente la sienne, c’est Arthur Rimbaud.

verlaine_rimbaudImpressionné par l’œuvre du jeune homme, Verlaine l’accueille chez lui. Leur amitié se transforme bientôt en passion charnelle. Le ménage à trois qui en résulte, est marqué par l’alcoolisme des deux amants, ainsi que par une violence souvent mal contenue.

Au cours de l’été 1872, Verlaine abandonne sa femme et s’enfuie avec Rimbaud. Leur périple les mène en Angleterre et en Belgique, où ses expériences diverses lui inspirent parmi ses plus belles œuvres (Romances sans paroles notamment) .L’aventure est de courte durée. Lors d’une énième scène, Verlaine tire un coup de revolver sur Rimbaud, qu’il blesse légèrement. Le jeune homme porte plainte. Verlaine est condamné à deux ans de prison.

Le déclin d’un converti

Privé de sa liberté, soumis à des travaux répétitifs, Verlaine découvre dans son enfermement des certitudes rassurantes. Ainsi il se convertit à un catholicisme empreint de mystique, qui lui inspire son fameux recueilSagesse (1880). En 1884 il publie Jadis et Naguère qui inclut le célèbre Art poétique.

Sorti de prison, Verlaine mène une vie simple de professeur en Angleterre puis en France. Il se lie notamment avec un de ses élèves, Lucien Létinois, qui mourra précocement, fournissant ainsi la matière à de nouvelles œuvres empreintes d’une grande tristesse.

Les dernières années de sa vie, qui le voient malade et démuni, bien que reconnu pour son talent (n’est-il pas alors le « Prince des poètes » ?) ne sont guère propices à son œuvre, dont la qualité s’étiole peu à peu. Il meurt à 51 ans le 8 janvier 1896, usé par une vie partagée entre les excès de la passion et une quête inassouvie de sagesse.

Bibliographie

- Oeuvres poétiques complètes de Paul Verlaine de Paul Verlaine. Laffont, 1992.

- Verlaine ou les bas-fonds du sublime de Christophe Dauphin. 2006.