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rommel portraitErwin Rommel était un général allemand, célèbre pour ses victoires remportées dans le désert au cours de la Seconde Guerre mondiale. Engagé dans l'armée dès 1910, il avait été rapidement repéré par ses instructeurs pour ses qualités personnelles et son aptitude au commandement. Récompensé de nombreuses fois pour sa bravoure lors de la Première Guerre mondiale, il se rapproche d'Hitler et des nazis dès 1933. En 1942, il reçoit le commandement de l'Afrikakorps. Une légende va naitre, celle du mythe du « Renard du désert ».

 

Erwin Rommel, soldat allemand

A la différence de tant de grands noms de la Heer (Armée de terre allemande) il n’est ni d’origine aristocratique, ni prussienne. Né en 1891 en Souabe, il gardera toujours l’accent de sa région. Il est issu d’un milieu de classe moyenne relativement cultivée puisque son père est professeur de mathématiques dans le secondaire. Enfant rêveur et attiré par les grands espaces, il se passionne très tôt pour le ski et l’aviation. A 18 ans il intègre un régiment d’infanterie du Wurtemberg, poussé par son père qui désespérait jusque-là de lui  trouver une carrière convenable.

rommel. 14 18Rommel se révèle vite un excellent soldat. Il compense sa relative faiblesse physique (il est en effet petit et de constitution fragile) par une forte volonté, doublée d’une rare énergie. Zélé et courageux, le sous lieutenant Rommel peut espérer atteindre un jour le grade de Major. Personne ne pourrait entrevoir la formidable ascension qui le mènera au maréchalat.

C’est avec un enthousiasme non dissimulé que Rommel participe à la Grande Guerre. Dés les premières semaines du conflit il se distingue par un esprit d’initiative et une audace peu commune. Après s’être fait remarquer en France, il intègre fin 1915 le bataillon de montagne royal du Wurtemberg. Cette unité d’élite va bientôt s’illustrer dans les Carpates face aux troupes roumaines. A l’automne 1917 ce bataillon est affecté comme d’autres unités allemandes à l’Alpenkorps, corps expéditionnaire allemand envoyé en renfort des troupes autrichiennes face aux Italiens. C’est là dans le secteur de Caporetto, que Rommel le futur sauveur de la Lybie Italienne va commencer à écrire sa légende.

Déjà dévoré par l’ambition, l’officier Souabe est prêt à tout pour décrocher les plus prestigieuses décorations. Il y parvient, après de nombreux coups de main téméraires, le 18 décembre 1917 en se voyant décerner la médaille ‘Pour le Mérite’ , la plus célèbre décoration allemande. Une décoration amplement méritée, puisqu’il a un mois plus tôt fait prisonnier 8000 soldats italiens en ne perdant que 14 hommes. Lorsque les canons se turent en novembre 1918, Rommel était capitaine, un capitaine certes couvert de gloire mais totalement atterré par l’effondrement de son pays.

Comme beaucoup d’officiers allemands, Rommel n’a pas voulu ou n’a pas pu, comprendre les raisons de la défaite allemande. Il adhère totalement à l’idée du « coup de poignard dans le dos » et ne porte donc guère dans son cœur la République de Weimar. Se réfugiant dans le mythe commode d’une armée apolitique il n’en attend pas moins le jour où un sauveur viendra restaurer la grandeur du pays.

En 1933, le major Rommel ronge son frein depuis quelques années. Instructeur militaire dans une école d’infanterie de Saxe, il tente d’inculquer à ses élèves les valeurs et les tactiques qu’il a pu développer durant la Grande Guerre. Néanmoins sa carrière stagne…l’arrivée au pouvoir des nazis va alors lui donner un formidable coup d’accélérateur.

La rencontre avec Hitler

Chef dynamique d’un bataillon de chasseurs (infanterie alpine) en octobre 1933, Rommel rencontre Hitler le 30 septembre 1934, à l’occasion d’une cérémonie militaire. Le « coup de foudre » est réciproque et immédiat. Le jeune officier est déjà tout acquis au programme national socialiste et il est subjugué  par le charisme du dictateur. Quant à ce dernier, tout comme Goebbels lui aussi présent à cette occasion, il perçoit en ce fier et jeune officier couvert de médailles l’incarnation du nouveau héros germanique que veut promouvoir le IIIème Reich.

6 mois plus tard, Rommel est lieutenant-colonel et bientôt instructeur principal à l’école de guerre de Postdam.  Extrêmement populaire, jouissant du soutien du régime, le colonel Rommel se fait remarquer comme un officier brillant, charismatique et novateur. Son manuel de tactique « L’Infanterie attaque » (Infanterie greift an) est un vrai succès de librairie (500 000 exemplaires) et un des ouvrages favoris du Führer.

hitler rommel pologne 1939L’ascension de Rommel continue de plus belle par la suite. Colonel en juillet 37, officier de liaison auprès du chef des Jeunesses Hitlériennes, il est choisi pour commander le bataillon de garde personnel d’Hitler durant la crise des Sudètes (septembre 1938)…c’est dire si la confiance que lui porte le dictateur. Dévoré d’ambition, l’officier souabe profite de sa proximité auprès du Führer pour faire avancer sa propre cause. Le 23 août 1939, il est nommé à la tête de quartier général personnel du chef nazi avec le grade de Major-Général.  C’est ensemble que les deux hommes vivront la campagne de Pologne, sans que Rommel n’émette aucune réserve quant au programme politique qui la sous tend.

Rommel et la campagne de France

Le jeune général a pu constater durant les combats l’efficacité des nouvelles divisions blindées (Panzer-Divisionen). Convaincu qu’elles sont l’avenir de l’armée il n’hésite pas à demander à son chef de prendre le commandement de l’une d’entre elles. Le 6 février 1940 c’est chose faite. Rommel, le photogénique spécialiste de l’infanterie légère, prend la tête de la 7éme division blindée. Il entend commander ses chars comme ses fantassins durant la grande guerre, en troupes d’assaut.

Après un entrainement intensif, la 7éme division blindée entre en Belgique le 10 mai 1940. Dès le premier jour de la campagne, Rommel souvent accompagné de photographes, impose un style de commandement d’un rare dynamisme. Toujours aux avants postes du front, que ce soit sur des chars spécialisés ou descendant de son Fieseler Storch (petit avion de reconnaissance qu’il pilote lui-même), il mène sa campagne à un rythme infernal. Le 13 mai après de durs combats contre les troupes françaises  il parvient à franchir la Meuse prés de Dinant. Sans appui aérien et sur un terrain plus difficile, il fait mieux que Guderian le grand spécialiste allemand des blindés…

Le 21 mai Rommel est à Arras et stoppe tant bien que mal une contre attaque de chars britanniques. Dévoré par l’ambition le général a exposé ses troupes à des conditions de combat souvent extrêmes et l’état de sa division s’en ressent. Elle est alors et de loin la Panzer-Division qui a subi le plus de pertes durant la campagne. Rommel, lui-même souvent à la pointe des combats, a bien failli se faire tuer plusieurs fois…mais peu lui importe l’audace paie, encore et toujours.

Durant la suite de la campagne, sa division avancera si vite, surgira si souvent sur les arrières des troupes adverses, qu’on lui donnera le nom de « Division fantôme ». A la signature de l’armistice franco-allemand, elle aura fait environ 100 000 prisonniers (sic.) et mis hors de combat plus de 400 véhicules blindés. Dans le panthéon de la Wehrmacht (forces armées allemandes), Rommel se distingue déjà, admirablement servi par la propagande de Goebbels.

Le renard du désert

rommel afrique du nordEn février 1941, Rommel est un général de 49 ans emblématique d’un nouveau type d’officier mis en avant par le régime national socialiste. Remarqué pour son sens de la tactique, il est promu lieutenant général l’année suivante et reçoit le commandement de l’Afrikakorps en Afrique du Nord. Grand tacticien de l’art militaire dans le désert, ce qui lui vaut le surnom de « renard du désert », reconnu et admiré par les experts militaires internationaux, il mène son armée jusqu’à El Alamein en juin 1942, mais est repoussé par Montgomery et doit abandonner aux forces britanniques l’Égypte, la Cyrénaïque et la Tripolitaine. La bataille d’El-Alamein est un tournant : contraint de se replier à Tunis, Rommel rejoint l’Allemagne en mars 1943 avant la reddition finale de l’Afrikakorps.

Ayant été promu maréchal en 1942, Rommel est affecté en Italie du Nord puis à l’inspection du mur de l’Atlantique. Nommé en janvier 1944 à la tête du groupe d’armées B en France, il acquiert la conviction de la défaite inéluctable de l’armée allemande. Dans ce contexte, il participe à la préparation de la conjuration contre Hitler, devant lui-même assurer l’intérim à la direction de l’État après la chute du Führer. Blessé lors de la bataille qui suit le débarquement de Normandie, il ne participe pas directement à l’attentat du 20 juillet 1944, mais il est accusé de complicité par la Gestapo. Sur ordre d’Hitler, il s’empoisonne plutôt que d’être condamné à mort, et des funérailles nationales lui sont faites. Ses carnets ont été publiés sous le titre La Guerre sans haine (1953).

Bibliographie