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Armistice rethondes trainDepuis bientôt quatre ans, la première Guerre Mondiale s’est enlisée dans l’horrible guerre des tranchées. La défaite russe et l’entrée en guerre des Etats-Unis laissent entrevoir début 1918 un dénouement du conflit à l’issue encore incertaine. C’est dans un wagon stationné dans la clairière de Rethondes le 11 novembre 1918 qu’il sera connu.

 

Mars 1918 : le cours de la guerre s’emballe

Alors que le front à l’ouest était resté relativement figé pendant quatre ans, la guerre à l’est marque un tournant en mars 1918 quand la Russie bolchevik signe la paix avec les empires centraux (Allemagne, Autriche-Hongrie, ottomans) à Brest-Litvosk, au prix de colossales pertes territoriales.

Dès lors les généraux allemands reprennent l’offensive à l’ouest en relaçant la guerre de mouvement. Une percée dans la région de Saint-Quentin fin mars début avril 1918 enfonce l’armée anglaise. Les généraux allemands espèrent ainsi prendre un avantage décisif avant que l’engagement des américains, entrés en guerre l’année précédente, ne soit effectif sur le front. L’avance allemande est néanmoins stoppée par les franco-britanniques à Amiens.

Les armées alliés, placées sous le commandement en chef du général Foch repoussent une offensive allemande en Flandres en avril et dans l’Aisne en juin. Une ultime offensive – dite de la paix- est repoussée en juillet en Champagne. C’est alors au tour des alliés de prendre l’initiative dans la Marne et à Amiens avec l’appoint des américains et un engagement important des chars d’assaut. Le succès allié à un effet psychologique durable. Le sort des armes laisse enfin entrevoir une issue au conflit.

Vers la fin du cauchemar ?

offensives allies 1918A la mi-août 1918, les chefs militaires allemands semblent ne plus croire à une possibilité de victoire mais refusent d’endosser la responsabilité de l’ouverture de pourparlers de paix avec l’ennemi. Soumise à la pression de ses multiples nationalités et au bord de l’explosion, l’Autriche-Hongrie, lance un appel à la paix qui sera rejeté par les alliés. Dans les Balkans et en Orient, l’empire ottoman s’effondre. Fin septembre 1918, les alliés lancent une offensive générale qui contraint les allemands à se replier sur la Meuse.

A la mi-octobre une tentative de négociation de paix avec les américains, plus conciliants (les fameux 14 points de Wilson) échoue sur le préalable de l’abdication du kaiser allemand Guillaume II. De lors coté, les français font connaître les conditions militaires qu’ils souhaitent voir imposer à l’Allemagne dans les conditions d’un armistice, pour rendre impossible une reprise des combats en cas d’échec des négociations de paix.

Alors que l’état-major allemand fait traîner les pourparlers d’armistice, l’armée austro-hongroise en pleine débandade dépose les armes le 3 novembre après une victoire italienne en Vénétie. En Allemagne, désormais isolée, la mutinerie de la marine et une situation insurrectionnelle dans de nombreuses villes contraignent le pouvoir civil à engager les négociations en vue d’un armistice.

Un 11 novembre dans une clairière de Rethondes

armistice rethondesLe 8 novembre le généralissime Foch présente à une délégation allemande les conditions d’armistice. L’armée allemande doit se retirer derrière le Rhin, livrer ses armes lourdes, sa flotte de guerre et ses trains, et libérer les prisonniers alliés. L’abdication et la fuite de Guillaume II précipite les négociations.

Sur la base des 14 points du président Wilson, dont l’objectif est de pérenniser la paix, les plénipotentiaires allemands signent à l’aurore l’armistice avec les alliés, dans le wagon du maréchal Foch stationné dans une clairière à Rethondes dans l’Oise. Le cessez-le-feu doit entrer en vigueur à 11 heures et Foch a obtenu le maintien de la plupart des clauses exigées par les français : récupération de l’Alsace-Lorraine, démobilisation de l’armée et de la marine allemande, et occupation de la Rhénanie.

La nouvelle de cette fin des hostilités est accueillie avec un immense soulagement, surtout un France ou les pertes humaines et les dégâts matériels ont été considérables, le quart Est du pays étant réduit en ruines. Partout en Europe on dénombre près de 10 millions de morts – dont 1,5 million pour la France – sans compter les nombreux blessés et disparus. Dans de nombreuses régions du monde, notamment en Europe de l’Est et dans les Balkans, les hostilités se poursuivront de nombreuses années après l’armistice du 11 novembre et le traité de paix de Versailles qui suivit. “Il sera plus difficile de gagner la paix que de gagner la guerre”, dira un Georges Clemenceau lucide malgré la victoire...

Pour aller plus loin

- La fin du cauchemar : 11 novembre 1918, de Rémy cazals. Editions Privat, septembre 2018.

11 novembre 1918, de Marc Ferro. Perrin, octobre 2008.

- Le 11 novembre 1918, de Patrick de Gmeline. Presses de la cité, 2014.