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brunehaut3Dynastie matrice de la royauté française, les Mérovingiens ont pourtant été longtemps victimes d’une « légende noire », entretenue dès le VIe siècle par Grégoire de Tours, puis par leurs successeurs, les Carolingiens, sous la plume d’Eginhard. Ils sont ainsi devenus les « rois fainéants » des images pour écoliers jusqu’au XIXe siècle (et au-delà…).  A part Clovis, et pour d’autres raisons Dagobert, la période mérovingienne était comme un trou noir dans l’histoire de France. Tentons donc de (re)découvrir ces rois, et reines, à la frontière entre la fin d’une Antiquité « barbare » et un Moyen Âge où allait se construire la France. Construction à laquelle les Mérovingiens eux-mêmes furent loin d’être étrangers…

 

Les mérovingiens : une origine mythique

La dynastie des mérovingiens s'enracine dans une tribu de Francs saliens, issue d’une branche du peuple franc installé entre Rhin et Escaut. Elle doit son nom au légendaire Mérovée, fils ou neveu de Clodion le Chevelu, qui aurait régné de 448 à 457 sur une tribu de Francs Saliens, et aurait été l’allié du général romain Aetius contre les Huns lors de la bataille des champs Catalauniques. Sa puissance se reduit, à l'origine, aux seuls royaumes de Cambrai et de Tournai, entre France et belgique actuelles. Après quatre souverains plus ou moins légendaires et qui ne furent que des chefs de tribu, Clovis Ier, roi de 481 à 511 et fils de Childéric Ier, en devient par ses nombreuses conquêtes le véritable fondateur.

En 498 (?), Clovis et ses guerriers furent baptisés par l'évèque de Reims Rémy, obtenant ainsi le soutien du clergé catholique et du pape de Rome. Chef suprême des tribus germaniques installées en Gaule, Clovis s'emploie à fusionner les coutumes franques et les législations gallo-romaines, donnant naissance à la loi salique des rois francs.

Le royaume franc « un et divisible »

A sa mort en 511, Clovis lègue à ses fils un immense royaume, avec pour capitale Paris et pour religion le catholicisme. Commence alors ce qui peut paraître un paradoxe, surtout si l’on compare à ce que vont faire les dynasties qui font succéder aux Mérovingiens : divisé entre les fils de Clovis, le royaume franc n’en demeure pas moins uni. Claude Gauvard parle ainsi d’un royaume « à la fois un et divisible ». C’est cet apparent paradoxe qui permet aux Mérovingiens de continuer à étendre leur territoire, à devenir une puissance continentale, et à résister aux guerres civiles. Un temps seulement…

Le partage de 511 entre Thierry, Clodomir, Clotaire et Childebert s’inspire du système romain des civitates, confirmant ainsi la continuité entre le royaume franc et la tradition impériale. Si ce dernier est divisé territorialement et possède quatre capitales (Reims, Paris, Orléans et Soissons), l’unité politique est bien réelle, et en grande partie parce qu’elle est basée sur les liens du sang.

Il ne faut toutefois pas idéaliser la situation, et rapidement des querelles de succession apparaissent, avec la mort des premiers fils de Clovis. D’abord Clodomir (524), dont l’un des fils, Cloud, doit fuir et devenir clerc avant de mourir et de donner son nom à une ville bien connue. Le reste du royaume de Clodomir est partagé entre les trois frères survivants. A la mort de l’aîné, Thierry, cela se complique un peu car son fils, Théodebert, jouit de son prestige, supérieur à celui de ses oncles. Il en profite pour affirmer des ambitions qui dépassent les frontières de la Gaule puisqu’il frappe monnaie d’or à son effigie, provoquant la colère de l’empereur Justinien. Théodebert meurt en 548, sans être parvenu à ses fins, malgré des conquêtes en Alémanie et en Bavière.

La situation se décante finalement avec l’extinction de la branche aînée et la disparition de Childebert. Cela permet à Clotaire Ier de régner seul jusqu’en 561. Un nouveau partage intervient à sa mort, une fois encore entre ses fils, qui ne sont plus que trois en 567 (mort de Charibert Ier). C’est alors que le royaume franc est découpé selon trois régions qui connaîtront la postérité : l’Austrasie (région rhénane, Champagne et Aquitaine), la Burgondie (ancien royaume burgonde et royaume d’Orléans), et la Neustrie (région de Tournai, « Normandie » et région de Paris). Ce moment décisif coïncide rapidement avec une véritable guerre civile, qui éclate en 570. Auparavant, le royaume franc a su s’affirmer au niveau international.

Le royaume franc, puissance « internationale » ? 

Les fils de Clovis ne comptent pas s’arrêter aux victoires de leur père et, malgré leurs divisions au sein du royaume, sont unis en tant que regnum francorum pour la politique extérieure. Clovis s’était illustré principalement avec la conquête de l’Aquitaine, allié aux Burgondes. Ce sont pourtant eux qui sont les premières victimes de ses successeurs. Les Francs profitent des difficultés internes au royaume burgonde, principalement des querelles religieuses entre catholiques et ariens, pour attaquer une première fois en 523, mais ils sont repoussés. Il en va de même un an plus tard, et les Francs perdent Clodomir ! Plus prudents, ils attendent dix ans pour retenter l’aventure, emmenés par Childebert Ier, Clotaire Ier et Théodebert Ier. Ils en sortent victorieux, et le royaume burgonde est avalé par le royaume franc, tout en étant partagé entre les vainqueurs.

royaumes-francs-511-531.mapLes victoires franques attirent l’attention de l’empereur à Constantinople. L’enjeu principal est la domination de l’Italie sur laquelle règnent toujours les Ostrogoths. Ces derniers, qui ont bien compris que les Francs étaient un danger et des alliés potentiels des Byzantins, leur proposent la Provence pour obtenir leur neutralité face à l’empereur. Les Francs ne se font pas prier et entrent en Provence en 537, pour ainsi accéder à la Méditerranée ! Avec cette acquisition, les Francs ont presque reconstitué l’unité de la Gaule romaine ; ne reste que la Septimanie, qu’ils ne parviennent pas à arracher aux Wisigoths.

Plus au Nord, Thierry Ier et Clotaire Ier s’allient aux Saxons et battent le roi de Thuringe, annexant la partie occidentale de son royaume la même année que la conquête de la Provence. Deux ans plus tard, Théodebert Ier conquiert l’Alémanie et la Bavière, et un temps l’Italie du Nord. Il faut en fait attendre l’arrivée des Lombards dans les années 560 pour que stoppe l’avancée franque. La guerre civile n’y est également pas étrangère.

La guerre civile frappe le royaume franc

 

La mort de Charibert Ier, fils de Clotaire Ier, en 567 amène un nouveau partage. Mais cette fois, cela provoque une véritable guerre civile entre les trois frères du roi : Sigebert, Chilpéric et Gontran. Guerre due également à une stratégie risquée d’alliances matrimoniales avec les voisins –et rivaux- Wisigoths.

Les femmes tiennent un rôle central dans les luttes politiques en cette fin de VIe siècle. La rivalité est exacerbée entre Brunehaut, femme du roi d’Austrasie Sigebert Ier, et Frédégonde, épouse de Chilpéric Ier, roi de Neustrie. La première est une princesse wisigothique, fille du roi Athanagild, et elle accuse la seconde d’avoir fait tuer sa sœur, Galswinthe, précédente femme de Chilpéric Ier ! La situation est aggravée par le fait que le roi des Wisigoths meurt sans héritier, ce qui attise les convoitises, en particulier celles de Chilpéric justement…

brunehaut3Se déclenche alors la faide, caractéristique des peuples germaniques, et la spirale infernale. Les intrigues des deux reines amènent aux assassinats de Sigebert Ier (575), puis de Chilpéric Ier (584)! Gontran tente lui de se tenir un peu à l’écart du conflit, qui devient armé dès le début des années 570. A la mort de son époux, Brunehaut tient la réalité du pouvoir en Austrasie, et met en avant son fils Childebert II. Celui-ci s’oppose rapidement au fils de Frédégonde, Clotaire II, et la guerre reprend de plus belle, malgré les tentatives de paix initiées par Gontran (pacte d’Andelot, 587).

La situation se complique un peu plus avec la mort de Gontran en 592, et l’entrée en lice des fils de son neveu, Childebert II, qui lui avait succédé, mais était décédé quatre ans plus tard. Théodebert II et Thierry II continuent donc la guerre contre Clotaire II, rapidement en difficulté.

Toutefois, la reine Brunehaut est de plus en plus contestée en Austrasie, et elle doit se réfugier en Burgondie auprès de Thierry II. Mais là aussi elle s’attire les foudres de l’aristocratie locale. De plus, les fils de Childebert II entrent à leur tour en rivalité, au plus grand plaisir de Clotaire II, qui n’en demandait pas tant. Thierry II enferme son frère Théodebert II dans un monastère, puis meurt en 613. Brunehaut tente alors de reprendre la main et de placer un de ses arrières-petits-fils, mais elle est livrée par les aristocrates à son rival, qui la fait exécuter après un long supplice.

La fin de l’Antiquité, le début du Moyen Âge ?

Une partie des historiens actuels, parmi lesquels Geneviève Bührer-Thierry et Charles Mériaux, marquent la fin de l’Antiquité par la mort de Brunehaut, princesse wisigothique « encore très romaine ». L’avènement de Clotaire II, et surtout de son fils Dagobert, « [scelle] l’unité du royaume franc » (selon la chronique de Frédégaire), et marque probablement son apogée, avant l’émergence des Pippinides…

La fin de la faide ayant opposé les reines Brunehaut et Frédégonde, puis leurs fils, a permis à Clotaire II de monter seul sur le trône. Le roi, et plus encore son fils Dagobert, contribuent au début du VIIe siècle à l’apogée de la dynastie mérovingienne. Cependant, les ennuis commencent très vite, dès les successeurs de Dagobert, et provoquent la montée en puissance de ce qui n’est pas encore à proprement parler une dynastie, les Pippinides. Ces derniers, grâce à leur rôle stratégique dans le pouvoir mérovingien finissent par le supplanter avec un certain Charles Martel.

Clotaire II et les regna

clotaireII saint germainCensé être roi depuis 584, Clotaire II finit par gouverner seul à la mort de ses rivaux et de la reine Brunehaut au début des années 610. Toutefois, le royaume franc est toujours divisé en trois regna, Austrasie, Neustrie et Burgondie, et les aristocrates s’agitent. Il faut alors à Clotaire II légitimer son pouvoir et « sceller la paix ».

En 614, s’inspirant de Clovis, il réunit donc à Paris des assemblées avec les aristocrates, mais aussi les évêques, et règle quasiment en même temps les problèmes religieux et politiques du royaume, avec l’édit de Paris, promulgué en octobre de cette année. Clotaire II s’assure ainsi tant le soutien des grands que du clergé, tout en consolidant son propre pouvoir. S’il règne personnellement sur la Neustrie, il n’en demeure pas moins le souverain prééminent du regnum francorum, et n’hésite pas à punir les grands des autres regna ayant des velléités d’indépendance, comme Godin, qui tente de le forcer à le nommer maire du palais de Burgondie en 627.

Les tensions demeurent tout de même, et le roi est sans cesse obligé de négocier avec les regna, en particulier l’Austrasie. Les aristocrates de cette dernière obtiennent du roi qu’il envoie chez eux son jeune fils Dagobert, ce qui leur permet de profiter de la jeunesse de ce dernier pour exercer un réel pouvoir sur ce regnum, qui se trouve être stratégique dans la lutte contre les Avars et les Wendes. Parmi ces grands, un certain Pépin Ier, dit de Landen. 

Le règne de Dagobert Ier

Deux ans avant sa mort, Clotaire II réunit une nouvelle fois les assemblées et dans les actes promulgués commence à apparaître, déjà, l’idée d’une royauté sacrée. Il meurt en 629, et son fils Dagobert lui succède, quittant ainsi l’Austrasie pour la Neustrie.  La légitimité de Dagobert n’est semble-t-il pas contestée par les grands, que ce soit ceux d’Austrasie, d’où il vient, ou des deux autres regna. Il a pourtant un frère, Caribert, mais il l’envoie en Aquitaine, où il meurt dès 632. Dagobert commence son règne par un voyage en Burgondie, pour rassurer l’aristocratie sur ses intentions. Puis il s’installe à Paris. Saint Eloi, orfèvre de son père Clotaire II et évèque de Saint Ouen, devient son principal conseiller. 

Demeure le « problème » austrasien. Le regnum est puissant, ses grands difficiles donc à contrôler, occupant des postes stratégiques, comme maire du palais. Dagobert parvient tout de même à installer son fils Sigebert sur le trône austrasien en 632. Deux plus tard, il destine à son fils nouveau-né, Clovis, les royaumes de Burgondie et de Neustrie, assurant ainsi sa succession. A sa mort en 639, le royaume franc est donc à nouveau partagé. 

La politique étrangère du roi Dagobert 

Le règne de Dagobert est contemporain de l’émergence de l’islam, et plus particulièrement des premières conquêtes musulmanes. Comme ses prédécesseurs, le roi franc est sollicité par l’empereur byzantin. Mais les expériences passées ont servi de leçon et, s’il existe des échanges d’ambassades (comme en 629), le temps n’est plus à l’alliance. Cependant, on sait par Frédégaire que les Francs étaient probablement au courant des ennuis du basileus Héraclius avec les Arabes entre 637 et 641. 

La politique étrangère des Mérovingiens dans les premières décennies du VIIe siècle est bien éloignée des préoccupations byzantines au Proche-Orient. Il s’agit pour Dagobert de consolider les frontières du regnum francorum, principalement en Aquitaine (avec la Gascogne) et en Bretagne. Il s’y attèle autour de 635, mais s’il soumet les Basques, il doit se contenter d’un accord diplomatique en Bretagne, sans pour autant mettre la main sur la région. 

Dagobert_recoit_le_royaume_FrancA l’Est, la Thuringe, l’Alémanie, puis la Bavière sont soumises à tribut et leurs gouvernants nommés par les Francs. Dagobert profite ici de la menace des Wendes, des Slaves installés en Pannonie ; il ne parvient d’ailleurs pas à soumettre ces derniers. Enfin, le roi franc commence à s’intéresser à la Frise sans toutefois pouvoir y prendre réellement pied. 

L’influence des maires du palais 

A la mort de Dagobert en 639, ce sont ses fils Sigebert III et Clovis II qui se partagent le royaume. Le premier devient comme prévu  roi d'Austrasie, le second roi de Neustrie, ainsi que le soutien de la Burgondie, de plus en plus autonome. Les problèmes commencent rapidement. 

D’abord en Neustrie, où Clovis II est bien trop jeune pour régner. L’exercice du pouvoir se partage entre sa mère Nanthilde, qui n’était pas reine mais une servante épousée en 629 par Dagobert parce que Gomatrude ne lui avait pas donné de mâle, et les maires du palais, Aega d’abord, puis Erchinoald. Ce dernier parvient à marier le jeune roi à Bathilde, une esclave anglo-saxonne, en 648. Celle-ci profite de la mort de son mari en 657, puis de celle du maire du palais un an plus tard, pour exercer le pouvoir et tenter de réunifier le regnum francorum. En effet, les rivalités sont croissantes avec l’Austrasie. 

Dans le regnum de l’Est, l’influence des maires du palais a commencé durant le règne de Dagobert, avec Pépin Ier. Le nouveau roi, Sigebert III, tente d’écarter les Pippinides en favorisant une autre famille. Cela n’empêche pas Grimoald, fils de Pépin, d’accéder lui aussi à ce poste stratégique, qualifié par l’évêque Didier de Cahors de « recteur de toute la cour ou plutôt du royaume tout entier ». Le rôle des Pippinides à ce moment est déjà tellement important que les historiens ont cru un moment que la mort de Sigebert III en 656 avait pu provoquer un premier « coup d’Etat » pippinide. Ce n’est finalement qu’un problème de succession complexe, et de rivalité entre le maire du palais et la reine, mais cela montre bien l’influence déterminante des hommes à ce poste, et en particulier des Pippinides. Il faut finalement l’intervention des Neustriens et de Bathilde pour écarter Grimoald et son protégé Childebert, qu’il avait fait roi au détriment de Dagobert II, fils de Sigebert, exilé en Irlande ! C’est pourtant Childéric II, fils de Bathilde, qui est roi d’Austrasie en 662. 

Des rivalités entre regna qui profitent aux Pippinides 

ApresDagobert_WEBLes difficultés des Pippinides ne sont que passagères. La rivalité entre la Neustrie et l’Austrasie, mais aussi les tensions entre grands à l’intérieur des regna, permettent à terme leur retour au premier plan. 

En Neustrie, le nouveau maire du palais, Ebroïn, écarte la reine Bathilde en 665 et tient dans sa main le roi Clotaire III. Les tensions explosent alors avec les grands, amplifiées en 673 quand Ebroïn impose le fils de Clovis II et de Bathilde, Thierry III, comme successeur à Clotaire III, au détriment du roi d’Austrasie Childéric II, favori des aristocrates. La situation ne fait que se compliquer les années suivantes, et la Neustrie tombe dans la guerre civile. Ebroïn en est l’une des victimes, assassiné en 682. Toutefois, si les rois successifs sont faibles et contestés, le principe même de la dynastie mérovingienne n’est pas remis en cause pour le moment. 

Les problèmes de la Neustrie finissent par gagner l’Austrasie, où Dagobert II est assassiné quelques années après son retour d’exil. L’instabilité et la vacance au poste de maire du palais après la mort de Wulfoad, rival d’Ebroïn, amènent le retour des Pippinides, famille toujours puissante mais surveillée par les autres aristocrates. C’est l’un deux, le duc Pépin II de Herstal, qui devient maire du palais d’Austrasie au début des années 680. En 687, il bat ses rivaux de Neustrie, alliés aux Burgondes, à la bataille de Tertry, s’emparant par la même occasion du trésor de Thierry III ! 

Les « rois fainéants » et la fin des Mérovingiens 

L’arrivée au pouvoir du maire du palais Pépin de Herstal signe le début de la fin des Mérovingiens. Pourtant, le maire du palais laisse en place le roi, se contentant de le dépouiller de l’essence même de son pouvoir. Ce dernier est aux mains de ceux qui prennent alors le titre de « princes », les maires du palais de Neustrie et d’Austrasie, issus uniquement de la famille pippinide. 

Celle-ci s’affirme encore plus avec les successeurs de Pépin II, malgré des tentatives de rébellion des autres grands à la mort de celui-ci en 714. C’est son fils Charles qui s’impose, contre les Neustriens de Rainfroi dans les années 720, mais aussi contre les ennemis extérieurs, Arabo-berbères à Poitiers en 732, ou Frisons deux ans plus tard. 

Toutefois, Charles Martel ne se fait pas roi, et ce même à la mort du dernier Mérovingien, Thierry IV, en 737, alors qu’il écarte le successeur Childéric III. Les derniers descendants de Clovis, à partir de l’avènement de Pépin II, ont été désignés par l’historiographie carolingienne (héritière des Pippinides) comme « les rois fainéants ». Ils sont placés sur le trône par les maires du palais, sont ballottés selon les vents et les rivalités (comme Chilpéric II durant la lutte Rainfroi/Charles), et n’exercent plus de véritable pouvoir. 

Il faut cependant attendre 751, et l’avènement du fils de Charles, Pépin le Bref, pour que les rois mérovingiens laisse de fait la place à une nouvelle dynastie, celle des Carolingiens.

 

Bibliographie 

-         G. Bührer-Thierry, C. Mériaux, La France avant la France (481-888), Belin, 2010. 

-         S. Lebecq, Les origines franques, Ve-IXe siècle, Seuil, 1990. 

-         Les Mérovingiens, de Jean Heuclin. Ellipses, 2014.

-         R. Le Jan, Famille et pouvoir dans le monde franc, VIIe-Xe siècle, Publications de la Sorbonne, 1995. 

-         R. Le Jan, Les Mérovingiens, PUF, 2006.