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CLEMENCEAU Georges NadarGrande figure de la IIIe république, Georges Clemenceau (1841 - 1929) a connu une carrière politique d’une longévité exceptionnelle. Maniant avec talent la rhétorique et non dénué d’humour, il défendait avec fougue sa vison de la société, combinaison de justice sociale et d’ordre républicain. A la tête du gouvernement dans la dernière phase de la Première Guerre Mondiale, il conduit avec intransigeance une politique visant à « gagner la guerre pour gagner la paix »...

Du radical, dreyfusard, laïc...

Georges Clemenceau commence une carrière de médecin, mais se tourne rapidement vers la politique, influencé par les idées républicaines et progressistes de son père. Après avoir pris part à la chute du Second Empire, il se fait élire à trente ans député de la Seine à l’Assemblée nationale (8 février 1871). Réélu en 1876, 1877 et 1885, il est devient une figure marquante de la gauche républicaine et anticléricale, noyau du futur parti radical. Il soutient quelque temps le général Boulanger, qui passe alors pour très républicain. Il est cependant réélu député en 1889 contre le candidat boulangiste Baillière.

DuellDérouléde ClemenceauBerlinerIllustrierteOpposant farouche à la politique colonialiste de Jules Ferry, Clemenceau se pose en pourfendeur de la misère : « C'est l'État qui doit intervenir directement pour résoudre le problème de la misère, sous peine de voir la guerre sociale éclater au premier jour ». C’est lui qui assure l’élection de Sadi Carnot contre Jules Ferry à la présidence de la République en 1887. Le 29 janvier 1891, dans un discours célèbre, il fait l’apologie de la révolution, n’hésitant pas à en découdre physiquement avec le député nationaliste Deroulède qui l’a accusé de servir l’«Internationale des riches» (22 décembre 1892). Il s’engage avec virulence et passion dans l’affaire Dreyfus, dénonçant son caractère antisémite. Il sera l’auteur du titre du célèbre article de Zola « J’accuse,,, »,

Il est élu en 1902 sénateur du Var, département qu’il représente à l’Assemblée jusqu’en 1920. Il entre pour la première fois au gou­vernement en mars 1906, comme ministre de l’Intérieur (il s'autoproclame "premier flic de France"), puis comme président du Conseil. Confronté à de violentes grèves et une situation quasi insurrectionnelle, il devient un ardent défenseur de l’ordre républicain, quitte à envoyer la troupe et acquière une réputation de « briseurs de grèves » qui l’éloigne d’une partie de la gauche.

… au « Père la victoire »

Mis en minorité en juillet 1909, Clemenceau entame une « traversée du désert », se consacrant au journalisme et aux voyages. Bien qu’il n’est jamais été « revanchard », il s’inquiète de la menace que fait peser sur la paix la politique extérieure agressive que mène l’Allemagne : « nous voulons la paix (…) Mais (…) si on nous impose la guerre, on nous trouvera ». Au début de 1914, il fonde L’Homme libre qui devient, après la déclaration de guerre, L’Homme enchaîné. Cette feuille lui vaut une grande popularité auprès des combattants.

La GrandeGuerreClemenceauParSEMLe 16 novembre 1917, animé par sa force morale et sa volonté d’aboutir à une victoire militaire sur l’Allemagne, il redevient président du Conseil. D’une volonté indomptable, il n’hésite pas à traduire en haute cour les députés « défaitistes » Caillaux et Malvy. Agé de 76 ans et appuyé sur sa canne, il visite infatiga­blement les tranchées, encourageant les poilus. Pendant l’ultime et terrible offensive allemande qui atteint Château- Thierry, le 2 juin 1918, il défend et couvre devant la Chambre Foch, le général en chef qu’il a désigné le 27 mars 1918. Bientôt, le 18 juillet, la grande offensive va acculer l’Allemagne à l’armistice, le 11 novembre 1918. Il fait signer aux Allemands, dans la galerie des Glaces, le traité de Ver­sailles, qui impose au vaincu de lourdes réparations. Bénéficiant d’une immense popularité, ll est surnommé « le Tigre » et le « Père la Victoire ».

Clemenceau démissionne en janvier 1920 et consacre les dernières années de sa vie à des nombreux voyages et à la rédaction d’ouvrages. Aujourd’hui encore, de nombreux hommes politiques se réclament de lui.

Dans la mesure où un simple mortel peut incarner un grand pays, Georges Clemenceau a été la France (Churchill).

Bibliographie

Clemenceau, biographie de Michel Winock. Perrin, 2017

Le Monde Selon Clémenceau : Formules Assassines, Trait d'Humour Discours et Prophéties, de JeanGarrigues. Texto, 2017

Clemenceau : Portrait d'un homme libre, biographie de Jean-noel Jeanneney. Editions Menges, 2014.