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lunion_1945_05_08BbisLa différence entre Armistice et Capitulation n'est pas toujours très bien maîtrisée et provoque parfois la confusion chez les collégiens, étudiants et même parfois chez les communicants ou dans les médias. La différence n'est pourtant pas que sémantique, car les conséquences ne sont pas les mêmes pour les pays concernés, comme le montrent les exemples que nous avons choisi pour illustrer cette confusion récurrente.

 

 

 

Les différences entre une capitulation et un armistice

Pour résumer, une capitulation est un acte militaire de reddition, alors qu'un armistice est un acte politique qui met fin aux hostilités entre nations belligérantes. 

La capitulation est ainsi un arrêt sans condition des combats qui reconnait la défaite incontestable d'une ville (dans le cas de la fin d'un siège), d'une province ou même d'une nation toute entière. Elle est la décision d'un chef d'armée (ou des armées) et a pour principale conséquence de livrer à l'ennemi le contrôle intégral du territoire concerné. Cet acte reconnait la responsabilité directe des leaders militaires.

Parmi les exemples historiques de capitulation, nous pouvons citer:

  • La capitulation inconditionnelle des sudistes lors de la guerre de sécession américaine en 1865
  • La capitulation du 7 et 8 mai 1945 signée par l'armée Allemande devant les Alliés
  • La capitulation de l'argentine en 1982 qui marque la fin de la guerre des Malouines

D'un autre côté, un armistice est une convention ratifiée par chacune des parties prenantes et marque la fin d'un conflit même si les belligérants sont encore potentiellement en état de combattre. C'est le fruit d'une négociation politique qui permet au vaincu de conserver l'administration de son territoire, même s'il est occupé.

Parmi les exemples historiques d'armistices, nous pouvons citer:

L'armistice du 11 novembre 1918

En cette fin d'année 1918, il apparaît évident que les forces alliées ont pris le dessus sur l'armée Allemande, qui finira forcément par être complètement vaincue compte tenu des percées opérées (qui marquent la fin de la guerre des tranchées) et de la perspective d'un engagement de plus en plus massif des troupes américaines fraîchement débarquées. Lucide, le gouvernement Allemand prend la décision de cesser les hostilités, évitant la poursuite d'un conflit qui aurait causé inutilement des millions de morts supplémentaires et probablement la destruction d'une bonne partie du territoire Allemand.

Cette décision a toutefois été contestée et exploitée par les courants nationalistes et révolutionnaires, évoquant le fameux "coup de poignard dans le dos" qu'aurait ainsi subie l'armée Allemande réputée "invaincue".

L'armistice du 22 juin 1940

La France vaincue de juin 1940 a quant à elle également fait le choix de l'armistice, les militaires, sous l'impulsion de Pétain et Weygand préférant faire endosser aux politiques la responsabilité de la défaite. Le choix d'une capitulation des armées en métropole était tout à fait possible, le pouvoir politique y étant transféré intégralement aux vainqueurs. Les deux nations auraient ainsi pu officiellement rester en guerre, la lutte se poursuivant alors outre-mer avec notamment une flotte Française intacte et des forces françaises non négligeables en Afrique du Nord et dans quelques autres colonies.

La capitulation des 7 et 8 mai 1945

Alors que l'issue de la seconde guerre mondiale est encore indécise, les Alliés se réunissent à la conférence de Casablanca en janvier 1943. Pour l'ensemble des leaders Alliés, la guerre ne devra cesser qu'à la condition d'une capitulation totale de l'Allemagne Nazie et des autres puissances de l'Axe, et aucun armistice ou paix séparée ne sera envisagé.

Deux années plus tard, l'armée Allemagne, broyée par le reflux soviétique et prise en étau suite au débarquement Allié en Normandie, tente malgré tout de négocier une paix séparée afin de concentrer ses forces sur le front de l'Est. Elle se heurte bien entendu au refus des Alliés, qui imposent une capitulation sans condition. Alors qu'Hitler est mort, qu'il ne reste plus que quelques centaines de milliers de soldats en état de combattre lors de la chute de Berlin, et bien que quelques Nazis fanatiques soient prêts à résister à l'occupation en se repliant sur les zones montagneuses de l'Autriche, la défaite de l'armée est totale et la capitulation une évidence. 

La confusion entre armistice et capitulation, parfois au plus haut sommet de l'état

En 2010, à l'image d'un président de la République qui ne s'intéresse que modérément à l'histoire, les services de l'Elysée ont par deux fois fait une confusion entre capitulation et armistice au sujet de la fin des hostilités en Europe en mai 1945, évoquant dans une note visant à préparer une cérémonie commémorative le "65e anniversaire de l’armistice de 1945". Or les 7 et 8 mai 1945, c'est bien une capitulation, sans conditions, qui a été signée par l'armée allemande. Cette confusion entretenue à plusieurs reprises au sommet de l'Etat laisse pour le moins perplexe... Les mots n’ont pas seulement un sens, ils ont aussi une histoire.

A l'image d'un président de la République qui ne s'intéresse que modérément à l'histoire, les services de l'Elysée viennent par deux fois de faire une confusion entre capitulation et armistice au sujet de la fin des hostilités en Europe en mai 1945, évoquant dans une note visant à préparer une cérémonie commémorative le "65e anniversaire de l’armistice de 1945". Hors les 7 et 8 mai 1945, c'est bien une capitulation, sans conditions, qui a été signée par l'armée allemande. Rappelons qu'une capitulation est un acte militaire de reddition, alors qu'un armistice est un acte politique qui met fin aux hostilités entre nations belligérantes.

La différence n'est pas que sémantique, les conséquences pouvant être très différentes. Ainsi la France vaincue de juin 1940 a fait le choix de l'armistice, les militaires, sous l'impulsion de Pétain et Weygand préférant faire endosser aux politiques la responsabilité de la défaite. Le choix d'une capitulation des armées en métropole était possible, le pouvoir politique y étant transféré intégralement aux vainqueurs, les deux nations restant officiellement en guerre, la lutte se poursuivant outre-mer.

Cette confusion entretenue à plusieurs reprises au sommet de l'Etat laisse pour le moins perplexe... Les mots n’ont pas seulement un sens, ils ont aussi une histoire.