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culture_du_blL'oikos désigne la maisonnée, c'est-à-dire une famille, la maison qu'elle habite et les moyens de production qui la font vivre, les esclaves y compris. Pour les grecs, c'est la cellule de base de la société. Pour ces derniers, il faut vivre dans un idéal d'autonomie, c'est l'autarcie, l'auto-suffisance. L'importation fût effectivement considérée comme négative. L'économie se désignait par le mot oikonomia, on y retrouve sa racine oikos, en fait il s'agit de la gestion de l'oikos (le verbe nemein signifie gérer). Le sens différent est cependant différent de celui de l'« économie » actuelle.

 

Le rôle de la terre dans la cité

L'enktésis gès kai oikias était le droit de posséder une terre et une maison, il s'agissait d'un privilège. Le seul métier qui était un honneur c'était celui de paysan, de cultiver la terre. D'une part car la terre rendait économiquement indépendant, d'autre part car les grecs pensaient qu'être paysan faisait de soi un meilleur combattant grâce à une meilleure force physique. La défense de la patrie s'assimilait à la défense de la terre). Cette mentalité était plus poussée à Sparte. Le citoyen idéal était donc un hoplite et un exploitant agricole (un combattant et un fermier). Seul une minorité des citoyens vivait d'une autre activité économique. Le métèque, étranger domicilié à Athènes, exercait plutôt les fonctions de commerçant, artisan, financier. Certains métèques travaillaient la terre à condition qu'ils en soient locataires. Les esclaves, dans une cité, étaient occupés essentiellement au domaine agricole car il exploitaient les grandes propriétés.

On pouvait recenser trois niveaux de rapport avec la terre :

- une mince couche de grands propriétaires, souvent des aristocrates, situés surtout en Macédoine et en Thessalie qui exploitaient en dizaines d'hectares. Ces propriétaires étaient souvent absentéistes et faisaient travailler leurs terres par de nombreux esclaves dirigés par un régisseur.

- une couche plus large de propriétaires d'exploitations de 5 ou 6 hectares travaillaient eux-même leurs terres, il s'agissait des laboureurs.

- de nombreux micro-propriétaires ou simples ouvriers agricoles salariés économiquement très fragiles. Ceux qui n'ont pas de terre survivent en vendant leur travail. Cette couche inférieure de la société rurale érait très large mais les citoyens qui se trouvaient à ce niveau là avaient une vie rude et devaient faire face au problème de leur propre survie.

culture_du_blConnu grâce à la méthode archéologique du Surveys (prospections de surface), on montre qu'à l'époque archaïque, la population rurale tend à s'accroître, de même que l'exploitation des campagnes. Cet accroissement culmine dans la période 350 – 300 avant notre ère (fin de l'époque classique). Le milieu est à la limite de la surexploitation et l'environnement commence donc à se détériorer et on note l'assèchement des zones de marais (Béotie – Eubée). On commence à établir des terrasses de culture (Délos, dans les cyclades).

La résidence des populations rurales se fait de deux façons :

- dans des villages, les kômai, au centre des dèmes en Attique regroupent les petits et moyens propriétaires. Ils sont au centre d'unités administratives : les dèmes. Ce dème a sa propre vie politique, à son échelle. A la tête de chaque dème, on a un magistrat élu : le Démarque. Les villageois se réunissent en assemblée régulièrement.

- d'habitats dispersés sous forme de ferme : les aulai. Ces fermes sont généralement au centre des grandes propriétés. Beaucoup de ces fermes sont des fermes à tours, qui servent à assurer un minimum de sécurité. Elles servent également à mettre les réserves de céréales. On y trouve également des petits sanctuaires.

Les forteresse frontalières servent à garder les confins de la cité.

Les productions agricoles

Pèsent de fortes contraintes naturelles, dans ce milieu méditerranéen. La contrainte la plus forte est l'existence d'une saison sèche en été. La deuxième contrainte est de trouver une utilité économique aux montagnes. Ils ont développé la première agriculture méditerranéenne fondée sur la trilogie méditerranéenne. Ce système repose sur trois cultures fondamentales : les céréales, la vigne, et l'olivier.

Les deux céréales essentielles sont l'orge et le blé. L'orge est la première céréale cultivée. Cette prédominance de l'orge s'explique par le fait que l'orge est bien adaptée au climat méditerranéen : l'orge a besoin de peu de précipitations au printemps pour arriver à maturité. L'orge une céréale que l'on plante par sécurité, c'est une céréale de subsistance qui comporte cependant un défaut : il est difficile d'en faire du pain, et la conséquence est que l'orge est consommée plutôt sous forme de bouillie : la maza..

Le blé est de plus en plus cultivé quand on va au nord de la Grèce. Ce blé, par rapport à l'orge, est avantageux, car il permet de fabriquer du pain (artos) est c'est un aliment de lutte. Cet aliment va caractériser l'alimentation des citadins, des couches urbaines. Ce blé a un défaut : il est plus sensible à la sécheresse de printemps et semer du blé est un risque économique, c'est en conséquence une céréale spéculative.

Ces céréales sont cultivées par rotation biennale des cultures, c'est-à-dire que cela repose sur un site de deux années.

La première année est l'année de jachère. Cette année est celle où la terre n'est pas ensemencée. La jachère est régulièrement labourée. Ce labour se fait au moyen de l'araire, instrument en bois, léger et adapté au sol méditerranéen. La deuxième année, on procède aux semailles en automne et à la récolte au printemps. Pour ces moissons du printemps, on commence par l'orge en avril, et on continue par le blé en mai/juin.

Dans cette culture des céréales grecques, on obtient un rendement faible, car on utilise assez peu d'engrais. Cette faiblesse des rendements a pour conséquence la crainte de la crise frumentaire. Les céréales sont sous la protection d'une divinité particulière : la déesse Déméter.

Au début de l'époque archaïque, l'olivier est uniquement un arbre de berger, de jardin. Pendant l'époque archaïque, cette oléiculture se développe et on a désormais une oléiculture de masse dans certaines régions du monde grec, comme dans la région de l'Attique ou du Nord-ouest du Péloponnèse. C'est un arbre qui ne craint pas la sécheresse. Cette culture nécessite un grand investissement au départ, qui provient du fait que les oliviers mettent longtemps à arriver à l'âge adulte. Une fois à maturité, l'arbre ne demandait cependant pas de travail. Le seul moment où l'oléiculture demande de la main d'œuvre, c'est pendant la récolte qui a lieu d'octobre à décembre.

La production d'huile nécessite des pressoirs coûteux et on a pu observer des progrès technologiques avec la fabrication de pressoirs de plus en plus complexes. L'huile d'olive avait des usages multiples. Elle servait pour l'alimentation essentiellement, mais aussi pour l'éclairage, pour l'hygiène. La déesse protectrice de l'olivier était Athéna.

exemple_de_cratreLa viticulture demandait beaucoup de travail : la vigne doit être taillée. Cette viticulture demandait aussi une main d'œuvre abondante au moment de vendanger. Face à cette demande en main d'œuvre, elle avait aussi des avantages puisque cette culture qui pouvait contenir des revenus complémentaires intéressants pour les paysans. Des régions viticoles s'étaient tournées vers la production de grands vins destinés au commerce extérieur. Un des plus chers était le vin de l'île de Thasos, en Grèce du Nord. La vigne et le vin sont associés à Dionysos. Il y avait une consommation élitiste du vin dans le cadre du banquet (le symposion) qui était une réunion d'hommes suivant un repas, en soirée, autour du Cratère. C'était une pratique de sociabilité des élites. Les grecs considéraient que boire du vin pur était de la barbarie : il était mélangé à l'eau.

Le secteur artisanal

L'artisanat s’exerçait dans l'oikos. On trouvait aussi les artisans au village (forgerons), beaucoup d'ateliers artisanaux sont cependant situés en ville, d'abord dans les quartiers spécialisés où ils sont regroupés par métiers (ex : quartier du Céramique à Athènes), autour de l'agora ou sur l'agora, dans les maisons privées (au rez-de-chaussé).

Du point de vue des statuts sociaux, les artisans sont souvent des non-citoyens :

- des métèques

- des chôris oikountes : des esclaves qui vivent indépendamment de leur maître, auxquels on a appris un métier. C'est un investissement car ils connaissent un métier et son placés dans une boutique dont le revenu revient pour l'essentiel à leur maître. Ces esclaves ressemblaient beaucoup à des hommes libres.

La cité avait un regard assez méprisant sur ceux qui travaillaient dans ce secteur de l'économie.

L'ergastèrion était l'unité de base dans le domaine de la production artisanale. Sa fonction était triple : un atelier (lieu de production), mais aussi un lieu de commercialisation (une boutique), et enfin cette unité avait une troisième fonction qui était le lieu d'habitation de l'artisan avec ses ouvriers. Un atelier n'occupait qu'un petit nombre de personnes. L'ergastèrion moyen faisait travailler quatre à cinq personnes, le patron compris. Des ateliers plus importants sont tout de même développés, notamment à Athènes, un atelier appartenant à un métèque : Képhalos de Syracuse. Dans cet atelier, on y fabriquait des boucliers avec une main d'œuvre de 120 esclaves, ce qui était important pour l'époque.

Depuis 1890, on trouve principalement deux grandes écoles d'interprétation de l'économie dans l'Antiquité : les modernistes et les primitivistes. Les modernistes (Michael Rostovtzeff) ont une grande idée de développement fondée sur l’artisanat et sur le commerce à longue distance, également sur la naissance des premières banques de l'histoire. Ils expliquent donc le développement de l’artisanat et des finances par une organisation complexe. Cette école des modernistes a aujourd'hui été remplacée par celle des primitivistes...

Les primitivistes (Moses Finley) mettent en avant une incompréhension de la spécificité des phénomènes économiques chez les grecs, une agriculture de la subsistance, une marginalisation des marchands, un blocage des techniques en raison de l'emploi des esclaves.

Les grecs n'avaient pas de mot pour parler d'économie, ils n'ont donc pas pu fonder une politique économique. L'idéal de la cité grecque était l'idéal de l'autarcie : les cités n'ont jamais développé leur commerce extérieur. Non seulement il ne fût pas développé, mais les marchands ont toujours été regardés avec méfiance. Enfin, toujours selon cette théorie, il y aurait eu un blocage des techniques : pas d'invention de machines vu la présence d'esclaves.

Aujourd'hui, la théorie des primitivistes a été révisée. L'exemple du pressoir a révélé des innovations techniques.

Le grand commerce

navire_commerce_grecLes biens échangés étaient des biens de luxe (huile d'Athènes, vin de Thasos, laines de Milet), chaque cité avait une spécialité qu'elle exportait. Également des matériaux stratégiques (bois de Macédoine, pour concevoir des navires de guerre), ce bois était exporté à Athènes. Le commerce des esclaves était quant à lui développé en Asie Mineure, au Pont Euxin, et en Syrie, principalement. Il se développe à l'époque classique, les grecs importaient des esclaves qui provenaient de régions périphériques. Enfin, des céréales, et plutôt du blé, intégraient ce commerce, l'approvisionnement s'effectuait au Pont Euxin, en Sicile et en Égypte.

Les transports terrestres étaient lents et coûteux, et la multiplicité des frontières entre les cités encourageaient le commerce maritime. Les navires de commerce (navires ronds) étaient propulsés à la voile, et ils avaient une coque pour mettre la cargaison. Ces navires naviguaient en fonction d'un calendrier saisonnier. Les grecs distinguaient deux grandes saisons dans l'année : pendant l'hiver, les marins craignaient les tempêtes, durant l'hiver il n'y avait donc jamais de grands trajets, c'était la saison dite de la « mer fermée ». A partir du mois de mai cette navigation s'intensifiait, cela durait jusqu'au mois de septembre, période de la « mer ouverte ». Cette période était celle où les échanges commerciaux étaient les plus intenses.

L'emporion était un port de cité. Le plus célèbre fût le port d'Athènes : le Pirée. Il fût fondé par un stratège athénien, Thémistocle en 493/492 et devint un port de commerce, il était au départ un port de guerre. Il disposait de trois bassins, mais le port de commerce était sur le grand bassin (Kantharos). Une séparation géographique entre le port et la ville fût assez normale dans les cités grecques. Dans certaines cités coloniales, le port était directement dans la ville (asty), par exemple Milet (Asie Mineure) ou encore Marseille.

Parmi les acteurs du grand commerce (le monde de l'emporion), on pouvait trouver le nauclère qui était le propriétaire et capitaine d'un navire de commerce et qui le louait à des marchands. Le nauclère était l'équivalent d'un armateur, il était cependant à bord de son navire. A l'époque classique, les nauclères étaient propriétaires d'un seul navire de commerce. Leur statut social était peu considéré dans la cité car ils n'étaient pas spécialement riches dans l'Antiquité. L'emporos était le propriétaire de la marchandise, le marchand. Il louait le navire à un nauclère, il voyageait avec sa marchandise, l’accompagnait.

Ces marchands étaient peu considérés dans la société, ils menaient une vie aventureuse et prenaient des risques. Ils étaient donc eux aussi peu considérés car ce sont le plus souvent des étrangers. Le bailleur de fonds traitait de l'argent à intérêt aux emporoi. Ces bailleurs de fond restaient chez eux, il n'y avait pas de risque physique pour eux. Ils demandaient des taux d'intérêts extrêmement élevés. Les bailleurs de fonds et les emporoi concluaient un contrat de prêt maritime, ce qui était risqué : en cas de naufrage, de tempête, l'emporos n'avait aucune obligation de remboursements. Socialement, ces bailleurs de fonds n'étaient pas méprisés.

Enfin, n'oublions pas le kapèlos qui était le détaillant qui achetait des marchandises en gros à l'emporion et les revendait au détail sur l'agora aux consommateurs. Ils étaient accusés d'être des spéculateurs et furent les victimes d'émeutes populaires.

representation_kapelosPour les cités ouvertes vers l'extérieur (comme Athènes), l'autarcie était l'équilibre des importations par l'exportation, mais sans chercher une balance commerciale positive. Il fallait aussi assurer l'approvisionnement des citoyens et limiter l'impact des disettes (intervention des sitophylaques : nouvelle magistrature). Il fallait également accroître les rentrées fiscales issues du commerce maritime, notamment celle de la pentékostè (taxe de 2% qui rapportait le plus au budget de la cité), et favoriser l'installation des marchands.

La monnaie

La monnaie a été inventée vers 600 avant J.-C. et se diffuse dans le monde grec au VIe et Ve siècles avant notre ère. Cette diffusion fût un fait majeur dans l'histoire de l'économie de l'occident. Ce fût une nouveauté révolutionnaire.

En Grèce antique, l'économie n'était qu'une fonction parmi d'autre. C'était tout d'abord le symbole de l'indépendance de la cité. La monnaie était aussi un outil judiciaire : dans le droit grec, elle permettait l'amende. C'était aussi un instrument de politique intérieure et extérieure. A l'intérieur elle permettait de verser une indemnité aux citoyens pour leur participation à la vie politique. Également instrument de la politique extérieure car elle servait à payer des mercenaires ainsi que des alliés, et était usée afin de faire payer un tribut aux cités dominées.

tetradrachme_chouetteLe type monétaire était l'ensemble de motifs iconographiques et des légendes d'une monnaie. Chaque cité avait son type monétaire qui la caractérisait. Pour Athènes il s'agissait, d'un côté de la tête d'Athéna et de l'autre côté de la chouette. La drachme est divisée en six oboles et 1 drachme valait une journée de travail qualifié. Le statère représentait 2 drachmes, le tétradrachme 4 drachmes. Au-delà de ces subdivisions, il existait des unités de compte (ne correspondant à aucune pièce) : la Mine (100 drachmes) et le Talent (6000 drachmes). Ces pièces de monnaie étaient fabriquées en métaux précieux. Le plus courant était l'argent trouvé dans les mines du Laurion et les Cyclades (Siphnos). Le deuxième métal précieux utilisé était une alliance d'or et d'argent, on l'appelait l'électrum. Cet alliage se trouvait dans l'Asie mineure dont les cités furent les premières à l'avoir utilisé, c'est le cas de Cyzique et de Phocée.

Enfin le troisième métal monétaire était l'or. On avait peu recours à l'or pour frapper des pièces de monnaie, ceci s'expliquait par le fait qu'il y avait peu de mines d'or dans le monde grec. Les seules mines d'or se trouvaient dans deux régions : la Thrace et la Macédoine. Ces deux régions étaient contrôlées par le Royaume de Macédoine. Ces métaux monétaires avaient une valeur intrinsèque, ce qui avait pour conséquence que le cours de l'or et de l'argent influait directement sur la valeur de l'argent. On ne pouvait pas frapper des pièces de monnaie avec de l'or ou de l'argent pur. Pour fabriquer des pièces durables, il fallait y ajouter un peu de cuivre. Le pourcentage de métal précieux dans une pièce de monnaie s'appelle l'aloi.

La monnaie avait donc un poids précis : l'étalon euboïco-attique. Par exemple, un tétradrachme (4 drachmes) pesait 17,2g. Les pièces utilisées quotidiennement étaient petites et légères. Ceci avait pour conséquence que la monétarisation des petits commerces fût retardée. A partir de la fin du Ve siècle, on a commencé à utiliser des monnaies de bronze, en effet le bronze est un métal vil (sans valeur intrinsèque). Les grecs ont inventé la monnaie fiduciaire, c'est-à-dire une monnaie dont la valeur n'était déterminée que par la confiance dans l'état émetteur. A partir du IVe siècle, la monnaie de bronze s'est généralisée dans l'intérieur des cités grecques. Le monde grecque n'a pas d'unité monétaire à l'époque classique, chaque cité grecque ayant sa propre monnaie.

Les métiers de la finance & la finance dans la cité

Très vite en Grèce, on voit apparaître le métier de changeur, à la fin du VIe siècle à Byzance. Vers 420, certains changeurs diversifiaient leur activité et devinrent les premiers banquiers de l'histoire. C'est probablement à Athènes que cette invention de la banque eu lieu. Un banquier était un « Trapézite » cumulant trois activités différentes :

Le change : ils continuaient à changer les monnaies étrangères qu'on leur apportait.

Le dépôt de garde ou de paiement : le dépôt de garde était un dépôt où l'on laissait de l'argent chez le banquier pour sa mise en sécurité. Il ne rapportait pas d'intérêt et même au contraire il y avait des frais de garde. On pouvait également faire des dépôts de garde dans des grands sanctuaires, l'exemple du sanctuaire d'Artémis le montre. Le dépôt de paiement était effectué lorsqu'un particulier versait une lourde somme à un autre particulier et dans ce cas de figure, il arrivait que ces particuliers décident de passer par l’intermédiaire d'un banquier qui contrôlait la valeur des pièces et la justesse de la somme.

mines_laurionLe crédit (taux de plus de 10% par an) bancaire n'était accordé que pour de fortes sommes à des gens aisés. Les taux de crédits étaient très élevés, au minimum de 10% par an. En revanche, les gens modestes qui avaient besoin qu'on leur prête un peu d'argent devaient s'adresser à d'autres professionnels des finances : les usuriers. Les banques n'ont jamais créé de réseaux. Les banquiers avaient une place à part dans la société de cette époque, car il s'agissait souvent de gens très riches et donc influents, mais également car ils étaient souvent des métèques et des esclaves. On constate donc que la banque a permis des ascensions sociales rapides, c'est le cas de Pasion.

Concernant la finance dans la cité, dans le cas exceptionnel d'Athènes il y avait les revenus du Laurion et tributs versés par les alliés d'Athènes. Athènes était une cité tout à fait exceptionnelle parmi les cités grecques de l'époque : les mines du Laurion appartenaient officiellement à la cité. Athènes était à la tête d'un Empire, et les alliés lui versaient un tribut qui est était une seconde source de revenus pour la cité. Les athéniens ont pu se contenter d'une fiscalité relativement faible, Athènes n'a pas eu besoin de demander aux citoyens de payer des impôts directs réguliers. Les métèques, en revanche, devaient en verser un : le métoikion. Le métoikion était de 12 drachmes par personne, payé par les métèques, 6 drachmes pour les femmes. Il y avait beaucoup de métèques à Athènes.

En impôts indirects (taxes), existait la pentékostè sur le grand commerce (le « cinquantième », taxe de 2% sur la valeur des importations et exportations athéniennes) qui rapportait beaucoup car le port du Pirée était un port très actif. Les épônia étaient une taxe sur les transactions de l'agora. La liturgie était une charge financière pour un service public imposé par la cité à un riche particulier, ce fût l'exemple de la triérarchie qui consistait au financement de la marine de guerre athénienne et des trières, le liturge s'appelait le triérarque, chaque année un riche particulier était triérarque et prenait officiellement le commandement de cette trière dont il devait payer de sa poche l'entretien. La triérarchie coûtait plusieurs milliers de drachmes. D'autres liturgies servaient à financer les fêtes religieuses.

Ce fût le cas de l'Eisphora, un impôt sur la fortune payé par les membres des trois premières classes soloniennes instituées en 428/7 avant J.-C. 

Bibliographie

- Amouretti et Ruzé : Le monde grec antique. Hachette 2008.

- Christophe Chandezon : L’élevage en Grèce (fin Ve-fin Ier S. a.C.) : l’apport des sources épigraphiques..