statue ramsesIIL'Égypte antique est l'une des plus anciennes civilisations de l'antiquité. Le pays des pharaons doit sa prospérité et son exceptionnelle longévité au Nil, qui apportait des inondations annuelles régulières, assurant des récoltes toujours plus abondantes. Principal axe de communication nord-sud, le fleuve était bordé par un immense désert qui protégeait la région des invasions et offrait pierres de construction et métaux précieux. Sans le Nil, l’Égypte ne serait donc qu’un désert, et la civilisation égyptienne n’aurait probablement pas pu naître. Comme le soulignera l’écrivain grec Hérodote dès le Ve siècle avant J.-C., « l’Égypte est un don du Nil ».

 

L’Egypte antique, don du Nil

De la première cataracte, marquant la frontière sud de l'Égypte antique, à la méditerranée, la vallée du Nil s’étire sur 800 kilomètres. Le Nil prend sa source à l’extrémité sud de l’Égypte, dans les hautes terres de l’est africain. Les pluies torrentielles qui s’abattent sur cette région au début de l’été gonflent les eaux du fleuve jusqu’à les faire déborder en Égypte, à la fin de la saison estivale. En se retirant, les crues laissent une terre humide et couverte de limon. Nul besoin pour les égyptiens d’ériger des défenses contre les inondations ou d’édifier des réseaux d’irrigation. Après avoir semé en automne, dans un sol fertile et gorgés d’eau, il leur suffisait de laisser mûrir les cultures sous le chaud soleil hivernal pour moissonner les champs au printemps, juste avant l’inondation suivante. La famine touchait la population que lorsque par malheur les crues du Nil faisaient défaut.

crues fertiles nil

Dans la vallée du Nil, l’agriculture fit son apparition aux environs du VIeme millénaire avant J-C. À cette époque, l’Afrique du nord était plus humide qu’aujourd’hui : le Sahara, vaste étendue de prairies parsemées de grands lacs était cultivable. Aux environs de 4000 avant J-C le climat devint plus sec et la région se désertifia. Certains cultivateurs adoptèrent alors une vie de bergers nomades, d’autres migrèrent dans la vallée du Nil, bientôt densément peuplée.

Aux origines de la civilisation égyptienne

Avant même que ne commence l’histoire de l’Égypte, les habitants de la vallée du Nil distinguent deux régions : la Haute-Égypte, au sud, le long du fleuve, et la Basse-Égypte, au nord, autour de son delta. Les deux régions ont leur dieu protecteur (la déesse vautour Nekhbet au sud et la déesse cobra Ouadjet au nord) et leurs symboles (le lotus et la couronne blanche au sud, le papyrus et la couronne rouge au nord).

Peu avant 3000 avant j-c, un royaume émergea dans le sud de la région en haute Égypte. Le système d’écriture pictographique des hiéroglyphes était alors en usage. Historiquement le premier roi égyptien était Narmer, à qui on attribua la victoire sur la basse Égypte et l’unification du pays. Il établit sa capitale royale à Memphis en un point stratégique au centre du nouvel état. Sous le règne des souverains qui lui succédèrent, l' Egypte se dota d'un puissant système gouvernemental. Le pouvoir du roi reposait sur sa nature divine : il était considéré comme le fils de Râ, le dieu-soleil, ce qui lui donnait l’immortalité.

hieroglyphes egyptiensÀ partir des textes qui nous sont parvenus, les historiens ont pu établir la liste détaillée des dynasties royales qui ont contrôlé l’Égypte antique, et les dates approximatives de leurs règnes, sur une période allant presque sans interruption de 2920 à 30 av. J.-C. Ils ont ainsi découpé l’histoire de l’Egypte en époques distinctes. Les premières dynasties (2920-2649 av J.-C.) furent suivis par l’ancien empire (2649-2134 av. J.C.), durant lequel le pouvoir monarchique étendit son influence vers le sud jusqu’en Nubie. Puis s’installa une période de troubles qui vit s’affronter des dynasties rivales (première période intermédiaire 2134-2040 av. J.-C.), avant que le pays soit à nouveau unifié sous le Moyen Empire (2040-1640 av. J.-C.).

L'Ancien Empire

Vers 2649 av. J.-C. commence la période appelée Ancien Empire. C’est au cours de cette période que la monarchie et la civilisation égyptiennes allaient prendre leurs caractères définitifs. L’Ancien Empire vit s’affirmer des valeurs qui ne cessèrent jamais d’être des références pour les siècles, voire les millénaires suivants.

Tout le système de l’Egypte pharaonique reposait sur la conception de la royauté divine. Incarnation d’Horus et fils d’Osiris, le roi est l’interprète et l’agent de la force vitale qui anime le monde. Maître absolu des hommes et des choses, il dirige seul l’administration et toute l’activité économique. La terre égyptienne lui appartient toute. Les paysans, considérés comme des dépendants, astreints aux corvées, travaillent en équipes familiales sous la surveillance de fonctionnaires royaux. Centralisée, bureaucratique, la monarchie de l’Ancien Empire n’en est pas pour autant arbitraire. Dès les origines, l’idée du pouvoir n’est pas séparée de la notion de justice.

A l’origine, le roi seul accède à l’immortalité. À sa mort, il est assimilé au dieu Osiris et continue de protéger sa maison et ses sujets sur terre. C’est pourquoi la construction de tombeaux capables de défier les siècles et de préserver l’immortalité du roi constitue l’œuvre essentielle des règnes égyptiens. Dès le règne de Snéfrou (vers 2625/2601), les égyptiens mènent des expéditions militaires contre les Nubiens, les Libyens ou les nomades du Sinaï dans le but de s’assurer les matières premières nécessaires à leurs grands travaux, comme le bois du Liban.

Les bâtisseurs de pyramides 

sphinx pyramide gizehL’Ancien Empire est marqué par l’apparition d’une architecture colossale. Le roi Djoser a pour ministre Imhotep, qui édifie, pour la première fois à Saqqarah, un tombeau royal élevé vers le ciel par sept rangées de pierres formant autant de paliers. Ce tombeau monumental a pour fonction de préserver l’immortalité du roi qui, après sa vie terrestre, continue de protéger son peuple. Les noms de Khéops, Khéphren et Mykérinos nous sont ainsi parvenus par les grandes pyramides de Gizeh. La forme des pyramides évoque les rayons obliques du soleil, permettant au roi défunt d’accéder au paradis. L’édification de ces gigantesques structures de pierre demandait une main-d’œuvre considérable mobilisée pendant plusieurs dizaines d’années.

Lorsque le pharaon décédait, son corps était momifié. Apparu au IIIe millénaire avant J.-C., le procédé de momification des morts dans l'Egypte ancienne limite la putréfaction du corps en le desséchant. Le bandelettage donne presque au cadavre une apparence de vie. Ainsi préservé, le corps devait fournir à l'âme un abri éternel. La dépouille du pharaon était portée jusqu’à la chambre funéraire située au centre de la pyramide. Textes et formules magiques ornaient les murs de la salle remplie de somptueux objets destinés à accompagner le défunt dans l’au-delà. Après les funérailles, le passage menant à la chambre était scellé de blocs de pierre.

Contrairement aux idées reçues, les pyramides ne furent pas construites par des esclaves mais par des artisans qualifiés, aidés par les paysans désœuvrés durant la saison des crues. Nul ne sait exactement de quelle manière les milliers de lourds blocs de pierre furent hissés les uns sur les autres. La construction d’une pyramide nécessitant des moyens considérables, cette pratique cessa à la fin du moyen empire. Les souverains suivants préférèrent témoigner de leur richesse et de leur pouvoir en faisant bâtir des temples décorés de sculptures et de bas-reliefs monumentaux.

Le Moyen-Empire

La VIIe dynastie marque le début d’une première période intermédiaire, qui va durer de 2152 environ à 2065 av. J.-C. Soumis aux raids étrangers, le territoire se morcelle et la famine apparaît tandis que se multiplient des mouvements de révolte, coïncidant avec la diffusion du culte d’Osiris qui semble témoigner d’une aspiration populaire à l’immortalité. Après une longue période de guerres civiles, Montouhotep II réussit à réunifier l’Egypte à partir de Thèbes, vers 2050/2040 avant notre ère. Le Moyen Empire (2050/1786) fut marqué par la restauration de l’autorité centrale et par la mise en place d’une administration plus souple que celle de l’Ancien Empire.

scribe accroupiLa volonté de renforcer l’unité nationale s’exprime, durant cette période, par le compromis religieux passé avec les clergés thébain et héliopolitain, par lequel Amon est associé à Rê. La puissance du clergé d’Amon allait se renforcer tout au long du IIe millénaire. Les rois de la XIIe dynastie, Amenemhat Ier (1991/1962) et Sésostris III (1877/1843), éliminent progressivement les puissances provinciales. Intercesseur entre Amon-Rê et les hommes, le pharaon renforce son pouvoir en abaissant celui de la féodalité provinciale et en assurant, de son vivant, la succession au trône. Dans le même temps, l’immortalité se démocratise. Tous peuvent désormais y accéder, dans les limites imposées par un rituel très strict. Cette époque vit l’apogée de l’influence des scribes, qui constituaient alors, entre le peuple et les dignitaires, une véritable “classe moyenne”.

Le Moyen Empire ne fut pas plus « impérialiste » que celui qui l’avait précédé, mais ses rois voulurent assurer la sécurité du pays en fortifiant les avant-postes de l’Egypte : au nord-est, où Amenemhat Ier fit construire face aux Bédouins le « mur du Prince » (vers 1976) ; au sud, où la haute vallée du Nil fut annexée jusqu’à Semma, au-delà de la deuxième cataracte, aux frontières de la Nubie, et protégée par la construction, sous la XIIe dynastie, de quatorze forteresses qui s'échelonnent d’Éléphantine à Semna. Au cœur de l’Égypte, Amenemhat III (1842/1797) ordonna de grands travaux d’assèchement et d’irrigation pour la mise en valeur du Fayoum, où il se fit construire un immense complexe funéraire, le “labyrinthe” des grecs.

Invasions et renaissance

L’Égypte, qui avait vécu dans la paix et la prospérité pendant environ trois siècles rentre dans une période instable, dite deuxième période intermédiaire (1640-1532 av. J.-C.). L’unité égyptienne est ébranlée par l’afflux des populations sémites d’Asie chassées par les invasions indo-européennes. Ainsi les Hyksos, établis dans le nord-est du Delta, profitent de l’affaiblissement du pouvoir des pharaons des XIIIe et XIVe dynasties pour conquérir toute la Basse-Égypte. Ils maîtrisent l’art de la guerre, ont apporté en Égypte chevaux et chars. Une deuxième période intermédiaire s’ouvre lorsqu’Avaris, centre de la puissance des Hyksos, devient la capitale d’une XVe dynastie étrangère. Les rois hyksos adoptent les coutumes égyptiennes, adorent les dieux égyptiens Seth et Rê, et prennent le cartouche et le protocole des pharaons d’Égypte.

char egyptienLe sud, cependant, a résisté aux conquérants. Les princes de Thèbes, qui contrôlent le territoire situé entre Éléphantine et Abydos, entreprennent de libérer le territoire. Kamosis parvient à vaincre les Hyksos, mais c’est son frère, le pharaon Amosis Ier, qui finalement les chasse et réunifie le pays. Il est le véritable fondateur de la XVIIIe dynastie et du Nouvel Empire (vers 1552/1070). Ahmosis fut le fondateur de la XVIIIe dynastie et du Nouvel Empire (vers 1552/1070). C’est à cette époque qu’apparut le terme de pharaon. Ce titre qui signifie « grand palais », symbolisait leur position au centre du gouvernement.

L’occupation étrangère qu’ils venaient de subir avait fait comprendre aux égyptiens qu’était définitivement révolu le temps de l'Isolement dont leur pays avait profité jusqu’à l’arrivée des Hyksos. En fortifiant son armée, l’Egypte s’engagea pour quatre siècles dans une série de guerres interminables dont l’enjeu était le contrôle des côtes syro-palestiniennes, des routes caravanières menant vers la Mésopotamie et du commerce maritime en Méditerranée orientale. À la différence de l’Ancien et du Moyen Empire, le Nouvel Empire fut résolument impérialiste ; il disputa la maîtrise de l’Orient aux deux autres grandes puissances de cette période, le Mitanni et les Hittites, mais ses efforts n’aboutirent jamais à un résultat définitif.

Le Nouvel Empire : l’âge d’or de l’Égypte antique

thoumosisIII

Tant à l’extérieur qu’à l’intérieur, tant par les conquêtes que par le luxe de la vie de cour et l’épanouissement des lettres et des arts (nécropole de la vallée des Rois), la XVIIIe dynastie (vers 1570-1319) marqua l’apogée de l’Égypte ancienne. Dès le règne d’Aménophis Ier (1546-1524), les troupes du pharaon submergèrent la Syrie et atteignirent l’Euphrate; mais ces premiers résultats furent rapidement annulés par des révoltes locales et par une crise dynastique en Égypte (usurpation de la reine Hatshepsout, 1503-1482). Toute l’œuvre de conquête en Asie dut être recommencée par Thoutmosis III (1482/1450). Au cours de son règne personnel, ce pharaon, le plus glorieux de l’histoire égyptienne, ne mena pas moins de dix-huit campagnes asiatiques. Vainqueur, à Megiddo, d’une puissante coalition syro-palestinienne inspirée par le Mitanni (1482), il s’empara ensuite de Kadesh sur l’Oronte (1474) et acheva la conquête de la Syrie en atteignant de nouveau l’Euphrate (1472).

Au sud, la Nubie, déjà annexée au Moyen Empire, fut réoccupée par Ahmosis dès le début de la XVIIIe dynastie. Thoutmosis II et Thoutmosis III lancèrent leurs expéditions jusqu’au cœur du pays de Kouch et portèrent la frontière méridionale de l’Égypte à la 4e cataracte (avant 1477). L’organisation du Nouvel Empire se caractérisait par une grande diversité régionale. L’Égypte antique proprement dite était soumise à un système centralisé et socialisé; la classe moyenne des scribes et des paysans aisés avait disparu avec l’invasion des Hyksos; désormais, le pouvoir central s’appuyait sur un corps de fonctionnaires beaucoup moins nombreux qu’autrefois, mais héréditaires.

Dans les pays conquis, l’autorité impériale n’avait rien de tyrannique. Si la Nubie, placée sous l’autorité d’un vice-roi, fut rapidement et profondément égyptianisée, en Asie au contraire les pharaons se contentèrent d’un régime souple de protectorats et d’alliances qui laissait en place les princes locaux, respectait les coutumes, les langues, les religions indigènes. La suzeraineté égyptienne s’affirmait sous forme d’obligations financières (versement annuel d’un tribut en nature : esclaves, minerai, chevaux, chars de guerre, bétail, bois, huile, etc.), économiques (traités commerciaux assurant à l’Égypte le rang de nation favorisée) et militaires (chaque peuple soumis devait fournir un contingent qui servait sur place, sous le commandement d’officiers égyptiens).

De la parenthèse amarnienne au règne des Ramesides

pharaon akhenaton 1Le règne d’Aménophis III (vers 1417/1379) vit l’épanouissement de la «paix égyptienne» dans une prospérité, un luxe, une douceur de vivre sans précédent. Cependant, depuis le début du Nouvel Empire, le clergé de Thèbes n’avait cessé d’étendre son influence et ses domaines fonciers; le grand prêtre d’Amon était devenu en quelque sorte le deuxième personnage de l’État. C’est pour réagir contre cette ingérence, peut-être aussi pour fonder durablement l’impérialisme pharaonique sur une religion plus largement ouverte aux hommes de tous pays qu’Aménophis IV (1379-1362) décida d’abandonner le culte d’Amon, dieu de sa dynastie, pour instaurer la religion épurée d’Aton, le disque solaire. Prenant lui-même le nom d’Akhenaton (« Splendeur d’Aton »), le roi et son épouse Néfertiti quittent Thèbes et fondent une nouvelle capitale, Akhetaton.

Cette révolution se heurta à la résistance acharnée du particularisme égyptien, incarné par le clergé thébain. ToutAnkhAmon (1361-1352), gendre et successeur d’Aménophis IV, dut rapidement se réconcilier avec les prêtres d’Amon, regagner Thèbes et restaurer les traditions. La crise laissait la monarchie égyptienne affaiblie à l’extérieur (dès 1375 environ, les Hittites avaient supplanté les Égyptiens en Syrie) et discréditée à l’intérieur. Quelques années confuses suivirent la mort du jeune ToutAnkhAmon, mais le général Horemheb s’empara du pouvoir (1348-1320) et poursuivit la réorganisation de l’État sur la base du traditionalisme le plus strict, avec l’appui du clergé thébain, qui était plus puissant que jamais. Avec la XIXe dynastie (1319/1200), l’Égypte essaya de rétablir son empire asiatique.

ramsesII abou simbelSéthi Ier (vers 1318-1304) reconquit le sud de la Palestine. Son fils, Ramsès II (1304-1238), essaya de reprendre la Syrie aux Hittites, qui furent vaincus à Kadesh (vers 1300); mais les campagnes suivantes restèrent indécises, et, vers 1284, Égyptiens et Hittites finirent par signer un traité qui partageait entre eux la Syrie, et qui fut confirmé par le mariage de Ramsès II avec une fille du roi hittite Hattousil III. Le Nouvel Empire renonçait ainsi définitivement à la domination solitaire de l’Orient, mais il s’assurait quarante années de paix au cours desquelles la civilisation égyptienne classique jeta son dernier éclat (construction du temple funéraire d’Abou-Simbel, de la salle hypostyle de Karnak).

Déclin des pharaons et fin de l'Egypte antique

Le danger hittite écarté, l’intégrité du territoire doit être défendue contre de nouveaux envahisseurs : les Peuples de la mer, venus des côtes de l’Asie Mineure et de Grèce, dont ils ont été chassés par de nouvelles invasions indo-européennes et par l’arrivée des Doriens en mer Égée. Fils et successeur de Ramsès II, Mineptah (ou Mérenptah) les repousse. C’est à cette époque que les Juifs, persécutés par le pharaon, quittent le pays et gagnent la Terre promise, conduits par Moïse. Après la mort de Ramsès III, le deuxième souverain de la XXe dynastie, commence le déclin du Nouvel Empire. L’État, ruiné et assailli par les Assyriens et les Libyens, tombe sous la domination du clergé d’Amon, dont le grand prêtre Hérihor, qui prend le pouvoir en Haute-Égypte.

carte egypte antique 1Malgré quelques sursauts sous les règnes des pharaons Chéchonq Ier (945-924 av. J.C.) et Psammétique Ier (664-610 av J.-C.), l’Egypte n’a plus les moyens de résister aux incessantes invasions. Ruinés, les derniers pharaons ne disposaient même plus des moyens nécessaires à la construction de leur tombeau. L’Egypte est alors dominée tour à tour par les Nubiens, les Assyriens et les Perses, avant de se soumettre aux troupes d’Alexandre le Grand en 332 av. J.C. Une dynastie d'origine grecque s'installe sur le trône des pharaons : les Ptolémées.

Jusqu'au IIe siècle av. J.-C., l'Égypte ptolémaïque est un riche et puissant empire, dont la capitale, Alexandrie, constitue un exceptionnel centre commercial et intellectuel. Puis les querelles intestines, les fréquentes révoltes populaires et les guerres contre l'empire des Séleucides affaiblissent l’empire des Lagides. La puissance de la dynastie lagide déclina sous une succession de rois faibles aux IIe et Ier siècles av. J.-C., lorsque Rome commença à intervenir de plus en plus dans les affaires du pays.

Le dernier et probablement le plus célèbre des souverains ptolémaïques fut Cléopâtre, qui régna indépendamment d’abord, avec l’appui de Jules César puis de Marc Antoine ensuite. Avec sa mort et celle de son fils, Ptolémée XIV dit Césarion en 30 av. J.-C., la dynastie s’éteignit et l’Égypte fut annexée à l’Empire romain par Auguste. La plus ancienne civilisation antique laisse alors derrière elle un fabuleux héritage culturel et artistique, qui fera l’admiration des générations futures.

Bibliographie

- Histoire de l'Egypte ancienne de Nicolas Grimal. Fayard, 1988.

- Au royaume d'Egypte : le temps des rois dieux de Claire Lalouette. Flammarion 1997.

- L' Egypte : histoires de Hérodote. Les belles lettres, 2002.

Dictionnaire historique de l'Egypte antique, de Philippe Chatel. Berg, 2001.